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Explosion mortelle à Arvida : la DPJ avait reçu un signalement pour les deux garçons

Les policiers n'ont pas quitté les lieux de l'explosion depuis lundi. Photo : Radio-Canada

L’explosion qui a coûté la vie à un père et ses deux jeunes enfants lundi à Jonquière est de nature criminelle, avance la Sûreté du Québec (SQ).

La thèse du double meurtre suivi d'un suicide est celle retenue par le corps policier comme étant la cause la plus probable pour expliquer le drame survenu sur la rue Dubose dans le secteur d'Arvida qui a coûté la vie aux deux jeunes enfants, Édouard et Félix, âgés de 6 mois et 2 ans.

L'enquête tend à démontrer, avec les éléments que nous avons accumulés, que l'homme de 39 ans a délibérément fait faire une déflagration, ce qui a fait en sorte de tuer ses deux enfants, a précisé le porte-parole de la Sûreté du Québec Hugues Beaulieu. Donc présentement, on est vraiment sur un dossier criminel.

À la lumière de ces nouveaux développements, la coroner Francine Danais se retire temporairement de l’affaire pour laisser la SQ mener son enquête.

Un signalement à la DPJ

Par ailleurs, Radio-Canada a appris que les deux garçons avaient fait l'objet d'un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a décidé d'ouvrir une enquête de son propre chef dans ce dossier.

Sans vouloir donner des détails sur ce dossier, la porte-parole de la CDPDJ, Meissoon Azzaria, indique que le mandat de l'organisation est précisément de vérifier si les droits des enfants sont respectés lorsqu'ils font l'objet d'un signalement à la DPJ et de faire des recommandations pour améliorer la qualité des services.

On ne peut pas se prononcer sur cette enquête-là en particulier puisqu'elle est confidentielle, mais de façon générale la Commission a un pouvoir d'enquête. Elle va pouvoir avoir accès à toute la documentation nécessaire pour faire son enquête au niveau des interventions qu'il y aurait eues dans le dossier d'enfants et pour voir si au cours des interventions, que ce soit de la DPJ ou d'autres autorités, les droits de ces enfants-là ont été respectés ou non, a-t-elle précisé.

La coroner Francine Danais était sur les lieux du drame mardi matin. Photo : Radio-Canada

Des connaissances en explosifs

Le père de famille, Dérick Lalancette, venait de vivre une séparation. Il était un employé de la mine Niobec.

La compagnie a mentionné, mardi, dans un communiqué qu’elle collaborait avec les autorités pour l’enquête. La SQ tente d'obtenir un portrait précis de l'auteur de l'explosion auprès de son employeur et de ses collègues.

Le porte-parole de la SQ confirme que l'homme de 39 ans avait des connaissances en explosifs. D'autres sources indiquent qu'il manipulait des explosifs dans le cadre de son travail.

Les familles prises en charge par le CAVAC

Le Centre d'aide des victimes d'actes criminels (CAVAC) a pris en charge les familles touchées par la mort des deux enfants.

Sans pouvoir commenter directement le dossier par respect pour la confidentialité, la directrice générale du CAVAC au Saguenay, Nathalie Turcotte, rappelle que tous ceux qui sont touchés de près ou de loin par ce type d'événements peuvent obtenir des services d’aide.

Vous savez, lorsqu’on est confronté de près ou de loin à un drame, à une situation à caractère traumatique, l’important c’est de recevoir les services dans le délai le plus rapide possible pour différentes raisons, a-t-elle souligné. Et c’est important de savoir que les besoins d’une personne à une autre ne sont pas nécessairement toujours les mêmes.

Mandat émotif

En entrevue à l’émission C’est jamais pareil mercredi, la coroner Francine Danais rappelait que le travail des professionnels sur les lieux de l’explosion était loin d’être banal.

C’est une situation qui frappe l’imaginaire, une situation qui peut choquer selon les tangentes que l’enquête va prendre, et c’est une situation qui est très émotive parce qu’on parle de trois décès, dont deux enfants. Personne n’est insensible, ajoute-t-elle.

Pour les enquêteurs, pour les experts sur le terrain et pour moi, il faut faire abstraction de nos émotions pour se concentrer sur la tâche et sur l’expertise pour que nos émotions ne brouillent pas notre jugement professionnel.

Francine Danais, coroner
Mardi, les policiers ont arpenté la scène et sorti du matériel de la résidence. Photo : Radio-Canada

Visite des lieux

Me Francine Danais est arrivée à Saguenay mardi soir et a tout de suite visité la maison d’Arvida touchée par l’explosion mortelle.  

La coroner tenait à se rendre en personne sur place pour avoir une meilleure compréhension des événements. Malgré le fait que j’ai d’excellents experts sur les lieux et qui se dévouent à la tâche, de constater par soi-même, il n’y a jamais rien de mieux, avait expliqué Me Danais. Je suis à même de poser des questions aux experts.

Les policiers étaient déjà au travail, mercredi matin, dans l'espoir de terminer leur travail sur les lieux de l'explosion de la rue Dubose. Photo : Radio-Canada/Lynda Paradis

Avec les informations de Claude Bouchard, Louis Martineau, Gilles Munger et Michel Gaudreau

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