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La police de Toronto dit avoir mené sa plus grande saisie internationale de drogue

L’enquête, surnommée « Projet Brisa », a duré six mois et a permis la saisie de plus de 1000 kilogrammes de drogue. Photo : Radio-Canada/Stella Dupuy

L’enquête, surnommée « Projet Brisa », a duré six mois et a permis la saisie de plus de 1000 kilogrammes de drogue et l'arrestation de 20 personnes, dont un mineur, selon le Service de police de Toronto.

Le coût que cette quantité de drogue illicite inflige à la société est impossible à quantifier, a déclaré le chef de la police de Toronto, James Ramer.

Selon ce dernier, une telle quantité de drogue ne reste pas nécessairement dans la région du Grand Toronto. Elle se rend dans nos petites villes et collectivités des régions du Nord et de l'Est de l'Ontario, et dans le reste du Canada.

La police de Toronto dit avoir saisi environ 444 kilogrammes de cocaïne, 157 kilogrammes de méthamphétamine, 427 kilogrammes de cannabis, et des comprimés d’oxycodone, avec une valeur marchande totale de plus de 60,7 millions de dollars.

En date du mois de mai, 35 mandats de perquisition avaient été réalisés à travers le pays. Une vingtaine de suspects font face à un total de 182 accusations.

Le Service de police de Toronto a mené le Projet Brisa avec l’aide d'une dizaine d’autres agences, dont la Police provinciale de l’Ontario, le SPVM, la GRC, l’Agence des services frontaliers du Canada, l’Agence américaine de lutte contre la drogue et le Département de la sécurité intérieure des États-Unis.

La drogue transportée dans des compartiments indétectables

Selon les autorités, la drogue aurait été transportée entre le Mexique, la Californie et le Canada en utilisant des compartiments cachés dans des véhicules, dont cinq semi-remorques.

Les rayons X n'étaient pas capables de pénétrer ces compartiments, a expliqué le chef Ramer, qui a ajouté que ces compartiments cachés pouvaient transporter jusqu’à 100 kg de drogue en un seul voyage.

Au total, 21 véhicules, dont 5 semi-remorques, ont été saisis dans le cadre du Projet Brisa.

Au cours de l'enquête, la police a déclaré avoir identifié une personne connue sous le nom de Trap Maker (fabricant de trappes), qui aurait été responsable de la construction des compartiments cachés.

Un homme de 43 ans, de la Colombie-Britannique, qui a utilisé ce surnom s'est rendu à la police à Toronto la semaine dernière, selon les enquêteurs, et a été accusé de complot en vue de commettre un acte criminel et de participation à une organisation criminelle.

La saisie aura-t-elle un effet sur le marché illicite?

Selon James Ramer, la saisie aura un grand impact sur le marché de la drogue illicite dans la région de Toronto.

Mais, le professeur au Département de criminologie de l’Université d’Ottawa, Eugene Oscapella, croit que l’intervention policière pourrait entraîner également des effets pervers. Selon lui, la saisie d’une aussi grande quantité de drogue pourrait créer une pénurie à Toronto, ce qui entraînerait une augmentation des prix de la drogue en circulation. Ça va augmenter les bénéfices des criminels qui n’ont pas été arrêtés. Et ça va forcer les gens qui ont une dépendance à commettre plus de crimes pour acheter les mêmes drogues à des prix plus élevés, explique-t-il.

Le spécialiste du marché de la drogue affirme que la saisie dissuadera certains criminels mineurs, mais que les grandes organisations criminelles trouveront toujours des moyens de continuer leurs activités. Il faut trouver d’autres moyens. Principalement, traiter les drogues comme une question de santé, un problème social, au lieu de le traiter comme un problème criminel, juge-t-il.

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