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Conservation : forte mobilisation pour préserver l'ancien champ de tir de Tracadie

La mobilisation est forte pour préserver le terrain de l'ancien champ de tir et en faire un espace vert.

La Grande rivière Tracadie traverse l'ancien camp militaire  Photo : Gracieuseté: Jeff Rousselle
Un texte de René Landry

« Le message de la population est clair : elle ne veut aucun nouveau développement dans l'ancien champ de tir », dit le député libéral de Tracadie-Sheila Keith Chiasson. Il demande au gouvernement de reculer.

Le député Keith Chiasson assure qu'il a pris la mesure du tollé qui est soulevé par l'exploitation éventuelle de nouvelles bleuetières sur l'ancien camp militaire, avec la bénédiction du gouvernement provincial.

Il y a toute une histoire, rappelle-t-il. Au début, les gens ont été expropriés pour en faire un site de bombardements de l'armée canadienne. Ensuite, il y a eu le chapitre sur la décontamination. Puis, les compagnies forestières sont entrées et ont exploité la forêt. Aujourd'hui, on parle de rendre disponibles entre 2000 et 5000 acres pour exploiter des bleuetières.

L'ancien champ de tir de Tracadie est un vaste territoire dans la Péninsule acadienne Photo : Radio-Canada/Alix Villeneuve

Il demande donc au gouvernement de faire marche arrière.

Au lieu de mettre son énergie pour tenter de trouver de nouveaux développements pour l'ancien camp militaire, le gouvernement devrait faire des efforts de conservation et de préservation, suggère-t-il.

L'ancien camp militaire, c'est un bijou pour la région qu'on est en train de perdre.

Keith Chiasson, député libéral de Tracadie-Sheila

Une artiste mène la charge

Des amateurs de chasse et de pêche, qui sont nombreux dans la région de Tracadie, et des artistes se sont donné la main pour dénoncer haut et fort l'exploitation de l'ancien camp militaire.

La chanteuse Amélie Hall, qui se trouve dans la région de Montréal ces temps-ci, est furieuse. Elle raconte qu'elle a écrit la plupart de ses chansons au « camp à Clovis », sur le terrain de l'ancien camp militaire.

La chanteuse Amélie Hall, qui adore pêcher la truite, dit en riant qu'elle a grandi sur l'ancien camp militaire.  Photo : Gracieuseté: Amélie Hall

C'est tout un écosystème, des poissons, des oiseaux, des orignaux qui sont menacés, déplore-t-elle. Avec tous les pesticides, les coupes à blanc, on est en train de mettre le clou dans le cercueil de l'écosystème de la région. On n'a pas appris de nos erreurs.

Là, il faut se lever. C'est non négociable qu'on se batte pour ça.

Amélie Hall, chanteuse originaire de Tracadie

Une pétition populaire

Jeff Rousselle, un grand amateur de chasse et de pêche de Tracadie ne connaissait pas Amélie Hall, mais il l'a contactée dès qu'il a pris connaissance du cri du cœur de la chanteuse qui a retenti sur les réseaux sociaux.

Il venait de lancer une pétition en ligne qui a déjà amassé quelques milliers de signatures.

L'ancien camp militaire est un paradis pour les amateurs de pêche et de chasse  Photo : Gracieuseté: Jeff Rousselle

On est plus que concernés par ce qui se passe, tonne-t-il. Dans notre région, le camp militaire, c'est tout ce qui nous reste comme terrain de jeu. On est plusieurs chasseurs, trappeurs et pêcheurs. Il n'y a plus de bois, il y a eu beaucoup de coupes forestières. Toutes les personnes qui sont allées sur le camp militaire ont vu les gros changements au cours des années.

J'ai un petit gars qui pousse. J'aimerais qu'il lui reste quelque chose à lui aussi.

Jeff Rousselle, initiateur d'une pétition en ligne
Une truite fraîchement capturée dans la Grande rivière Tracadie  Photo : Gracieuseté: Jeff Rousselle

Jeff Rousselle considère que l'ancien camp militaire représente déjà une source de revenus pour la région.

C'est bon pour l'économie avec les permis, les bateaux, les VTT, les motoneiges, explique-t-il. C'est bien beau les bleuets, mais il y a d'autres choses pour faire rouler l'économie.

« La goutte qui fait déborder le vase »

Le politicien Keith Chiasson, la chanteuse Amélie Hall et l'amateur de chasse et de pêche Jeff Rousselle arrivent au même constat : cette nouvelle tentative d'exploitation dans l'ancien camp militaire dépasse les bornes.

C'est la goutte qui fait déborder le vase, image le député Chiasson.

La descente de la rivière sur l'ancien camp militaire est une activité populaire.  Photo : Gracieuseté: Jeff Rousselle

Au bout du fil, Amélie Hall se sent à la fois si loin et si proche des siens avec ce débat qui s'engage. Puis, elle craque un peu.

Je ne pleure pas parce que je suis triste, s'excuse-t-elle. Je pleure parce que je suis en colère.

Elle assure qu'elle rêve de revenir s'installer pour de bon dans son coin de pays.

Moi, j'ai vraiment envie de revenir chez nous, répète-t-elle. Mais, je ne veux pas revenir vers ça, non.

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