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3 Premières Nations de l’île de Vancouver défendent l'intendance de leurs territoires

Les trois nations se sont engagées à développer et à implanter un plan de gestion des ressources d'ici deux ans. Photo : Radio-Canada/Sarah Xenos
Un texte de Sarah Xenos

Alors que des activistes bloquent toujours l'accès à une route forestière près de Fairy Creek, trois Premières Nations de l’île de Vancouver défendent l'intendance de leurs territoires. Elles demandent à la Colombie-Britannique d'y imposer un moratoire sur la coupe de forêts anciennes pour une période de deux ans, le temps pour eux de mettre en place un plan de gestion forestière.

Les chefs héréditaires des nations Huu-ay-aht, Ditidaht et Pacheedaht ont formellement demandé au gouvernement provincial, samedi, de cesser l’exploitation forestière dans les secteurs de Fairy Creek et de Central Walbran.

C’est notre responsabilité de prendre soin de notre territoire pour les futures générations, nous sommes ceux qui prennent les décisions, souligne le conseiller du chef de la Nation Huu-ay-aht, Robert J. Dennis Sr., dans un communiqué.

Nous nous sommes engagés auprès de nos peuples pour gérer les ressources de notre ḥahahuułi (territoire ancestral) de la même manière que nos ancêtres, c’est-à-dire en respectant les principes sacrés du ʔiisaak (plus grand respect), du ʔuuʔałuk (prendre soin) et du Hišuk ma c̕awak (tout est un), explique le chef héréditaire de la Nation Huu-ay-aht, Derek Peters.

Dans un communiqué, le premier ministre John Horgan reconnaît que les trois nations continuent d'exercer leurs intérêts reconnus par la Constitution sur les aires protégées et promet une réponse rapide.

Nous honorons la déclaration Hišuk ma c̕awak et nous sommes heureux d’entrer dans une discussion respectueuse avec ces nations concernant leur requête, écrit le premier ministre.

Les trois nations se sont engagées à développer et à implanter un plan de gestion des ressources basé sur la sagesse des aînés, la participation des citoyens et des partenaires ainsi que sur les meilleurs conseils disponibles en matière de gestion des forêts et de la pêche.

Le processus sera transparent et les chefs des trois nations s’engagent également à offrir des opportunités pour les contributions pourvu que celle-ci soit faite dans le respect du processus mis en place par les trois nations, indique le communiqué.

Toute l’exploitation forestière présentement en cours sera mise sur pause, assure Robert J. Dennis Sr., et cela compte aussi pour la construction de routes forestières dans la région.

Les manifestants ne bougeront pas

En date du 5 juin, la Gendarmerie royale du Canada avait procédé à 172 arrestations de manifestants venues empêcher la coupe de forêts anciennes et la construction d’une route forestière dans le bassin versant de Fairy Creek et dans la région de Caycuse.

Dans une déclaration publiée dans les médias sociaux, le Rainforest Flying Squad, l’un des groupes opposés à la coupe de forêt ancienne, accueille la demande des nations autochtones, mais demeure inquiet à l’idée que cela perpétue le statu quo et que l’exploitation de forêts anciennes se poursuive.

Depuis des mois, des manifestants occupent des campements près de Fairy Creek, sur l'île de Vancouver, malgré une injonction. Photo : Radio-Canada/Kieran Oudshoorn

Nous ne devons pas abandonner alors que toutes les Premières Nations ont les mains liées par des contrats injustes, indique l’aîné Pacheedaht Bill Jones dans ce même communiqué.

Tant que la province ne s’engagera pas dans une transition vers l’exploitation des forêts secondaires tout en offrant une alternative économique aux Premières Nations et du financement pour la conservation, le groupe demeurera sur place.

Pour le conseiller du chef de la nation Huu-ay-aht, Robert J. Dennis Sr., les manifestants ne respectent pas les Premières Nations et se trouvent sur leur territoire sans y être invités.

Le 12 avril, le chef héréditaire de la Nation Pacheedaht, Frank Queeto Jones, également signataire de la déclaration Hišuk ma c̕awak, a demandé aux manifestants de quitter son territoire et de laisser l’industrie faire son travail.

Dans une déclaration, l’entreprise forestière Teal-Jones, dont la division Teal-Cedar détient les droits de coupe dans le secteur de Fairy Creek, reconnaît le territoire ancestral de toutes les Premières Nations où nous opérons et nous nous engageons vers la réconciliation.

Nous respectons la déclaration qui a été publiée et nous avons hâte de nous engager avec les Nations Pacheedaht, Ditidaht et Huu-ay-aht alors qu’ils développent leur plan d'intendance de gestion intégré des forêts, assure l’entreprise.

Avec des informations deThe Early Edition,On The Islandet Chad Pawson

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