Aller au contenu principal

Pensionnat autochtone en C.-B. : des dépouilles à identifier et à rapatrier

215 paires de chaussures d'enfants ont été disposées sur les marches de la Vancouver Art Gallery en souvenir des enfants dont les restes ont été retrouvés enterrés sur le site d'un ancien pensionnat à Kamloops, à Vancouver. Photo : The Canadian Press/DARRYL DYCK
La Presse canadienne

Des plans sont en cours d'élaboration pour identifier et rapatrier les dépouilles de 215 enfants retrouvées sur le site d'un ancien pensionnat autochtone en Colombie-Britannique.

Les responsables de la bande locale souhaitent entreprendre ce processus bouleversant afin de pouvoir raconter les histoires de ces jeunes et apporter une certaine paix d'esprit à leurs familles, indique le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations, Terry Teegee.

Le service des coroners, des experts médico-légaux et le Musée royal de la Colombie-Britannique pourront, selon lui, être mis à contribution.

Terry Teegee dit avoir rencontré des chefs autochtones de partout dans la province pour déterminer la marche à suivre. Joint à Prince George, il a souligné que ces enfants venaient non seulement de la région de Tk'emlúps te Secwépemc, mais aussi de communautés voisines et d'aussi loin au nord que Fort Nelson.

L'ancien pensionnat autochtone à Kamloops, en Colombie-Britannique Photo : The Canadian Press/Andrew Snucins

La cheffe Rosanne Casimir de la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc, rapporte que la présence des 215 corps a été confirmée la semaine dernière à l'aide d'un radar. Certains des enfants avaient à peine trois ans.

Il s'agit d'une perte impensable dont on parlait, mais qui n'avait jamais été documentée, a-t-elle relevé.

Rosanne Casimir a noté vendredi que davantage de corps pourraient être découverts, car d'autres zones restent à fouiller sur le terrain du pensionnat.

La macabre découverte confirme les nombreux témoignages de survivants sur la disparition d'enfants fréquentant ce pensionnat, selon le chef Teegee.

Réaction et consternation à Ottawa

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, et son collègue Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones, ont réagi conjointement dans un communiqué diffusé tard vendredi soir.

Les mauvais traitements infligés aux enfants autochtones constituent une partie tragique et honteuse de l'histoire du Canada, ont-ils indiqué.

La perte des enfants qui ont fréquenté les pensionnats est impensable et le Canada reste déterminé à soutenir les familles, les survivants et les communautés, et à commémorer ces âmes innocentes perdues, ajoutent-ils.

Le communiqué précise que le gouvernement fédéral travaille avec la communauté et ses partenaires, tels que la BC First Nations Health Authority, pour fournir les ressources et le soutien nécessaires à la communauté.

Héritage génocidaire

L'équipe du Musée royal de la Colombie-Britannique épaule la communauté en effectuant des recherches dans les archives de la province à propos de décès ou d'enterrements dans ce pensionnat, indique le président du conseil d'administration de l'institution muséale, Dan Muzyka.

Les documents les plus importants et les plus pertinents des archives de la Colombie-Britannique sont ceux des Oblats de Marie Immaculée, l'ordre religieux qui dirigeait l'école, précise M. Muzyka dans un communiqué.

Ressources d'aide psychologique

  • Une ligne téléphonique d'aide aux anciens résidents des pensionnats autochtones et aux personnes qui sont touchées par les pensionnats a été mise en place à l'échelle du pays pour offrir un soutien émotionnel et fournir des références dans l'obtention de services d'aide. Elle est accessible 24 heures sur 24, au 1 866 925-4419.
  • La Ligne d'écoute d'espoir pour le mieux-être apporte une aide immédiate à tous les peuples autochtones, avec des conseillers sensibilisés aux réalités culturelles. L'aide peut être disponible en cri, ojibwa et inuktitut, au téléphone (1 855 242-3310) ou par clavardage.
  • La Colombie-Britannique propose également une ligne d'aide, la ligne téléphonique KUU-US, qui est offerte à tous les membres des Premières Nations, en tout temps, par téléphone, au 1 800 588-8717, ou en ligne, au www.kuu-uscrisisline.com (en anglais seulement).

La professeure Nicole Schabus de la faculté de droit de l'Université Thompson Rivers, située à Kamloops, affirme que ses étudiants de première année passent tous au moins une journée dans l'ancien pensionnat à s'entretenir avec des survivants.

L'école de Kamloops était en activité entre 1890 et 1969. Le gouvernement fédéral a repris l'établissement de l'Église catholique, et il a été utilisé comme école de jour jusqu'à sa fermeture, en 1978. Photo : The Canadian Press/Andrew Snucins

Ces survivants ont commencé à l'appeler lorsque la découverte a d'abord été rendue publique jeudi, incapables de dormir du fait que cette nouvelle avait éveillé d'horribles souvenirs d'enfance, rapporte-t-elle.

Selon le chef Teegee, les blessures de l'héritage génocidaire envers les peuples autochtones ont ainsi refait surface.

Le pensionnat de Kamloops a accueilli des enfants entre 1890 et 1969. Le gouvernement fédéral a ensuite pris les rênes de l'établissement et l'a géré comme une école de jour jusqu'à sa fermeture en 1978.

La Commission de vérité et réconciliation a recensé au moins 51 morts dans ce pensionnat entre 1915 et 1963.

Publicité
​Publicité