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Déconfinement : un plan salué par le milieu des affaires

Le gouvernement Legault permet la réouverture des terrasses de restaurants et de bars en zone rouge à compter du 28 mai. Photo : La Presse canadienne/Ryan Remiorz
Radio-Canada avec La Presse canadienne

Le plan de déconfinement graduelannoncé mardi par le premier ministre François Legault a suscité diverses réactions au sein du milieu des affaires, notamment les restaurateurs et tenanciers de bars particulièrement éprouvés par le confinement. La nouvelle est bien reçue en général, mais plusieurs questions subsistent.

Les restaurateurs n'ont pas caché leur joie de pouvoir accueillir à nouveau des clients. On ne peut qu’être satisfait, a lancé le vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'Association Restauration Québec (ARQ), François Meunier, dans une entrevue accordée à l’émission Le 15-18surICI Première.

Il a cependant souligné que les restaurateurs pourraient faire face à certaines difficultés. Quand le Québec est complètement confiné et qu’on dit à 20 000 restaurants de rouvrir tous en même temps, ça crée quelques problèmes. On a même manqué de bière en fût dans certaines régions, a-t-il expliqué.

M. Meunier a par ailleurs évoqué la difficulté de constituer des équipes pour les restaurants en raison de la perte d’expertise. Il a expliqué que cet enjeu existait déjà avant la pandémie.

Il a rappelé qu’à Montréal les restaurateurs sont fermés depuis le 1er octobre. Il faut aussi faire des commandes auprès des fournisseurs, a-t-il souligné.

Pour la coprésidente de l’Association des gens d’affaires du centre-ville de Sherbrooke, Anik Beaudoin, le plan de déconfinement manque beaucoup de détails.

On a une bataille à maintenir au niveau de la restauration. On aimerait envisager ce qui va se passer après l’été. On ne veut plus que les restaurateurs payent les frais de la zone rouge. Donc, fermer les salles à manger pour nous, ce n’est plus une option, a-t-elle déclaré.

Par ailleurs, Mme Beaudoin a indiqué qu’il y a un nombre élevé de restaurants qui n’ont pas terrasses ou de très petites terrasses.

Manque d'employés

On s’en va dans la bonne direction, dit de son côté Peter Sergakis, président de l’Union des tenanciers de bars du Québec.

Il a cependant nuancé son affirmation en faisant remarquer que les ennuis des tenanciers ne sont pas disparus parce qu’on n’a pas d’employés.

Selon M. Sergakis, il ne serait pas payant pour les employés de travailler maintenant parce qu’ils vont travailler à temps partiel en raison du manque d’achalandage.

À l’émission Zone économie diffusée sur ICI RDI, M. Sergakis a soutenu que les restaurateurs et les tenanciers de bars ont besoin d’une aide financière additionnelle, parce que ça va prendre des mois, voire des années, avant de revenir à la situation avant la COVID.

M. Sergakis croit que les clients ne vont pas se présenter rapidement, parce que ce n’est pas tout le monde qui est vacciné. Beaucoup de gens qui vont avoir peur.

Finalement, il a souligné qu’il n’y a pas de touristes à Montréal en ce moment, ce qui réduit le nombre de clients potentiels à servir.

De la prévisibilité

Par ailleurs, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) considère l'assouplissement des mesures à venir comme une bonne nouvelle pour les entrepreneurs du Québec.

Avec l'annonce de ce plan, que 9 PME sur 10 demandaient, le gouvernement fait confiance aux commerçants et leur permet de se préparer à accueillir leur clientèle, avec tout ce que cela implique en termes d'approvisionnement et de pratiques à mettre en place, a dit, dans un communiqué, le vice-président Québec à la FCEI, François Vincent.

Pour sa part, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) a souligné l'importance d'avoir un tel plan offrant de la prévisibilité pour permettre aux entreprises présentement sur pause de tout mettre en place à temps pour la réouverture.

Le président et chef de la direction de la CCMM, Michel Leblanc, se dit toutefois surpris de l'absence d'un éventuel système permettant d'attester que les citoyens ont été vaccinés.

Une telle attestation électronique permettrait d'aller de l'avant dès cet été en assouplissant encore davantage les règles tout en contrôlant les risques, a-t-il soutenu dans un communiqué.

Québec a mis en place la semaine dernière une preuve vaccinale numérique. Un code QR est envoyé par courriel ou texto à tous ceux qui reçoivent une dose de vaccin. Toutefois, l'application et l'utilisation de cette preuve restent à définir.

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