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Fermeture des écoles : réactions partagées chez les parents et les enseignants

Les écoles resteront fermées pour une durée indéterminée après la semaine de relâche. Photo : Radio-Canada

Les parents et les enseignants ont des réactions partagées à la suite de l’annonce du gouvernement Ford de garder les écoles fermées après la semaine de relâche. Tous comprennent la décision du gouvernement, mais la frustration et la pression se font toutefois ressentir.

L’émotion dans la voix de Gemma Leggett est palpable. Cette mère célibataire de deux enfants se dit épuisée. Je comprends ce que fait le gouvernement, mais je n’en peux plus, confie-t-elle.

Après la semaine de relâche, elle devra garder ses enfants à la maison pour l’école en ligne, selon une durée indéterminée. Et peu importe la date de fin de l'apprentissage virtuel, partage cette résidente désemparée de Newmarket.

C’est l’horreur pour moi et ma famille. C’est une nouvelle atroce.

Gemma Leggett, mère de deux enfants

Avoir une date de fin de l’école en ligne, ça ne veut rien dire. Même si le gouvernement avait donné une date de fin, il aurait pu la changer n’importe quand, pressent-elle.

De son côté, Paul Baril, un père de trois enfants, se sent aussi sous pression à la suite de l’annonce du gouvernement Ford. Moi et ma famille sommes constamment dans une période de stress. Je trouve ça difficile, indique-t-il.

Dimanche les parents ont reçu une lettre du bureau du ministre qui disait que les enfants retournaient en classe, et voilà une petite bombe [lundi]. Ça joue avec nos émotions.

Paul Baril, père de trois enfants

M. Baril est également enseignant à Hearst. Il devra donc, encore une fois, enseigner à distance en plus d’avoir à gérer l’apprentissage de ses enfants. Cette tâche s’annonce difficile, anticipe-t-il. Ça va être un défi monumental pour moi, mais on va le surmonter.

Malgré tout, le père de famille essaie de rester optimiste. Je suis heureux que le gouvernement ait fait l’annonce [lundi]. Au moins nous avons plus de temps pour nous organiser!, lance-t-il avec un sourire.

Une décision bien accueillie par les syndicats

Les syndicats enseignants, pour leur part, sont d’accord avec la décision du gouvernement. Certains d'ailleurs demandaient une fermeture temporaire des écoles la semaine passée, avant le début de la semaine de relâche.

L’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglophones (OECTA) ainsi que la Fédération des enseignants-enseignantes des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) applaudissent la décision du gouvernement, nécessaire, selon eux, pour protéger la communauté scolaire.

Cependant, les deux syndicats mentionnent que le gouvernement a fait volte-face lundi après la lettre du bureau du ministre de l’Éducation adressée aux parents, qui disait que les enfants retourneraient en classe après la semaine de relâche.

Dimanche, dans une lettre aux parents, le ministre Lecce réaffirmait son désir de garder les écoles ouvertes, quels que soient les risques, pour des raisons politiques.

Harvey Bischof, président de la FEESO

Selon le président de la FEESO, Harvey Bischof, la lettre du ministre Lecce démontre qu’il n'a tout simplement pas à cœurle bien-être des enseignants et des élèves.

Du côté de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), la présidente Anne Vinet-Roy est également d’accord avec la décision, mais croit que ce sont plutôt les motivations derrière l’annonce qui sont problématiques.

Je suis d’accord avec le geste posé de fermer les écoles. Cependant, le fait de continuer à dire qu’on ferme les écoles, mais qu’il n’y a pas de problèmes dans les écoles, c’est problématique. Le gouvernement continue à nier les problèmes dans les milieux de l’éducation, lance-t-elle.

C’est la chose à faire pour protéger tout le monde, mais le retour en mode virtuel, ce ne sera pas facile pour personne.

Anne Vinet-Roy, présidente de l'AEFO

Toutes les écoles de la province resteront fermées pour une durée indéterminée après la semaine de relâche.

Selon le ministre de l’Éducation Stephen Lecce, le gouvernement suivra l’avis des experts pour assurer un retour en classe sécuritaire.

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