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Le confinement fonctionne-t-il à Toronto et dans la région de Peel?

Le nombre d'infections augmente à Toronto, malgré le confinement. Photo : La Presse canadienne/Frank Gunn
Radio-Canada avec CBC News

Deux semaines après le début du confinement à Toronto et dans la région de Peel, les nombres de cas et d'hospitalisations continuent de grimper.

Le bilan des infections est si élevé que je qualifierais la situation de très sérieuse, a affirmé lundi la médecin hygiéniste en chef de Toronto, la Dre Eileen de Villa.

La COVID-19 se propage agressivement à Toronto, a-t-elle ajouté.

Les résidents de Toronto et de la région de Peel sont en zone grise depuis le 23 novembre, et ce, au moins jusqu'au 21 décembre. Ce confinement signifie entre autres que les commerces non essentiels et les restaurants sont limités aux livraisons et aux commandes à emporter et que les rassemblements sont interdits.

Le Dr Michael Warner, le directeur médical de l'unité des soins intensifs à l'Hôpital Michael Garron, à Toronto, indique que l'établissement a recensé une augmentation « importante » des hospitalisations au cours de la dernière semaine.

Pour lui, il s'agit d'une tendance « préoccupante ». Il s'attend à ce que les hospitalisations continuent d'augmenter au moins jusqu'à la fin de l'année, ce qui pourrait représenter un fardeau majeur pour le système de santé.

L'épidémiologiste et professeur à l'Université d'Ottawa Raywat Deonadan compare la situation à Toronto et dans la région de Peel à celle d'un gros camion qui ne peut s'arrêter immédiatement à cause de son élan lorsque le chauffeur appuie sur la pédale de frein.

Le nombre de cas est énorme. Ça va prendre du temps avant de freiner [la propagation].

Raywat Deonandan, épidémiologiste

Des 1925 nouveaux cas de COVID-19 recensés lundi en Ontario, 601 étaient à Toronto et 512 dans la région de Peel.

Une semaine clé?

Étant donné qu'il peut s'écouler jusqu'à 14 jours avant qu'un individu infecté n'ait des symptômes, le nombre de cas recensés cette semaine à Toronto et dans la région devrait donner une meilleure idée du niveau d'efficacité du confinement, selon la santé publique.

La Dre de Villa dit qu'elle évaluera de multiples indicateurs cette semaine, y compris l'âge des patients, l'origine des infections et le nombre d'hospitalisations, pour formuler ses recommandations pour la suite des choses.

Selon elle, il est trop tôt pour savoir si le confinement devra être prolongé au-delà de la période actuelle de 28 jours.

C'est aussi l'opinion du professeur Deonandan. Il souligne qu'il s'était écoulé quatre semaines durant la première vague avant que l'Ontario puisse aplatir la courbe.

Le Dr Warner presse, lui, la province de mettre en place un confinement régional. À l'heure actuelle, seulement deux municipalités du Grand Toronto sont en confinement et les gens continuent à se déplacer librement, note-t-il.

Le Dr Jérôme Leis, chef de la prévention et du contrôle des infections à l'Hôpital Sunnybrook, à Toronto, pense lui aussi que le confinement actuel ne marche pas. Il disait lundi en entrevue à l'émission Y a pas deux matins pareils qu'il appréhendait une période de « crise » en janvier pour le système de santé.

Si ces mesures étaient adéquates, on aurait vu un impact, surtout dans les derniers jours.

Le Dr Jérôme Leis, chef de la prévention et du contrôle des infections, Hôpital Sunnybrook

Selon lui, l'augmentation du nombre de cas continuera cette semaine, sans mesures supplémentaires.

De son côté, le premier ministre Doug Ford croit que le confinement à Toronto et dans la région de Peel fonctionne. Il fait remarquer que les projections provinciales en novembre faisaient état de 6000 cas par jour en Ontario à la mi-décembre, si rien n'était fait.

Quand j'ai vu ça, je me suis dit que si on ne faisait pas de confinement, on aurait 6000 cas, a-t-il dit lundi.

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