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Après celui de GNL Québec, le président de Gazoduq quitte son poste

Louis Bergeron Photo : Radio-Canada/Lise Millette
Un texte de Mélyssa Gagnon

Après le président de GNL Québec, Pat Fiore, c’est maintenant au tour du président de l’entreprise Gazoduq, Louis Bergeron, de quitter son poste pour devenir, lui aussi, simple consultant pour le projet.

La nouvelle du retrait de Louis Bergeron a été publiée par Le Devoir mardi après-midi.

Gazoduq est partie prenante du projet Énergie Saguenay, lequel vise l’implantation d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à La Baie par GNL Québec. Les deux entités sont détenues par les mêmes intérêts américains. Elles sont des filiales de la même société en commandite.

La semaine dernière, GNL Québec refusait de dire que Pat Fiore avait démissionné. La direction a plutôt soutenu que le départ du président, qui continuera d’œuvrer comme consultant, permettra à l’entreprise de se donner plus de souplesse. Chez GNL Québec, l’actuel vice-président, Tony Le Verger, occupera la présidence et la vice-présidence.

Les mêmes raisons ont été évoquées par la porte-parole de Gazoduq, Véronique Désilets.

Je vous confirme que M. Bergeron a récemment effectué une transition vers un rôle de consultant. Il agit dorénavant à titre de conseiller stratégique auprès de la haute direction et continue à être impliqué auprès de l’équipe en offrant un soutien pour diverses initiatives de l’entreprise, a écrit la gestionnaire des relations publiques et communications corporatives, en réponse à un courriel de Radio-Canada.

Dans la même veine que GNL Québec, elle ajoute que la structure d’un projet comme celui de Gazoduq évolue et s’adapte dans le but d’être la plus agile et efficace possible.

Cela est particulièrement vrai en cette période d’instabilité sans précédent marquée par une pandémie mondiale et une grande incertitude économique. Ce réaménagement s’inscrit dans ce contexte et dans la nécessité pour la société mère de Gazoduq de poursuivre la recherche de financement.

Véronique Désilets, gestionnaire des relations publiques et communications corporatives, Gazoduq
Le gazoduq pourrait s'étendre sur 782 km de l’Ontario jusqu'au Saguenay en passant par l'Abitibi-Témiscamingue. Photo : Radio-Canada

Le financement possiblement en cause

Le financement est ici le nerf de la guerre, puisque GNL Québec a perdu son principal bailleur de fonds, Berkshire Hathaway, qui appartient au milliardaire américain Warren Buffett, au printemps dernier. Depuis, elle est à la recherche de fonds.

La semaine dernière, l’économiste Éric Pineault affirmait que le départ de Pat Fiore et la fusion de son poste avec celui du vice-président, Tony Le Verger, en disaient long sur la fragilité des finances de GNL Québec.

Le projet de conduite de Gazoduq est, à lui seul, évalué à 5 milliards de dollars. Celui de GNL Québec pour la construction de l’usine totaliserait 9 milliards de dollars.

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement devra se prononcer sur le projet Énergie Saguenay en déposant son rapport à la mi-janvier. Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, devra le rendre public dans un délai de deux semaines, puis fournir une recommandation au gouvernement. C’est le Conseil des ministres qui statuera sur l’avenir du projet.

Le gestionnaire des communications de GNL Québec, François Saint-Gelais, a indiqué que son entreprise ne commentera pas le départ de Louis Bergeron.

Le projet de Gazoduq

Gazoduq projette de construire une conduite souterraine d’un mètre de large et de 780 kilomètres de long pour permettre à GNL Québec de s’alimenter en gaz naturel, qu’elle entend liquéfier et exporter. Ce gaz proviendrait de puits de l’Ouest canadien, traverserait le nord de l’Ontario et l’Abitibi-Témiscamingue, pour se rendre à Saguenay. Il serait extrait par fracturation hydraulique, une technique polluante maintes fois condamnée par des intervenants lors des récentes audiences du BAPE sur le projet Énergie Saguenay. Le fait qu’Énergie Saguenay n’ait pas été évalué dans son ensemble par le BAPE en incluant le gazoduc, alors que les deux sont intrinsèquement liés, a aussi été dénoncé à maintes reprises.

Les ordres de gouvernement provincial et fédéral mèneront une évaluation commune sur le projet de gazoduc.

La Coalition Fjord réagit

La Coalition Fjord, vivement opposée à Énergie Saguenay, croit que ce deuxième départ en autant de semaines est de mauvais augure pour le projet.

C’est sûr que ça regarde mal. Cependant, nous on considère que ce n’est pas fini. On considère que, tant que le projet n’est pas abandonné ou tant que le refus du gouvernement n’est pas donné, on va continuer de dire aux gens : "Attention, ils peuvent toujours revenir par en arrière". On continue de dire aux gens : "Mobilisons-nous pour bloquer ce projet-là", a commenté le co-porte-parole de l’organisme, Adrien Guibert-Barthez.

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