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Discours du Trône : l'Alberta craint d'être oubliée

Le premier ministre albertain demande au gouvernement Trudeau d'aider l'économie de la province à se remettre sur pied. Photo : La Presse canadienne/Jason Franson
Un texte de Daniel Thibeault

À trois jours du discours du Trône, le premier ministre de l’Alberta exhorte Ottawa à répondre aux besoins de sa province. « Nous avons une crise en Alberta et nous demandons à la fédération d'être là pour nous », a lancé Jason Kenney en entrevue à l’émission Les Coulisses du pouvoir.

La crise causée par la chute des revenus du pétrole, et exacerbée par la COVID-19, frappe durement l’Alberta. La province estime que ses revenus liés à l’exploitation d’énergies fossiles seront de 1,22 milliard de dollars cette année. Cela représenterait 3 % des recettes provinciales, 7 points de pourcentage de moins que ce qui avait été prévu dans le budget déposé en février dernier.

Le taux de chômage en Alberta demeure l’un des plus élevés au pays. Il était de 11,8 % en août dernier, tout juste après Terre-Neuve-et-Labrador, qui a le pire bilan, à 13,1 %.

On a versé plus de 600 milliards au reste de la fédération depuis 50 ans, et maintenant, nous avons une crise en Alberta, explique Jason Kenney.

L’intégrale de l’entrevue avec Jason Kenney sera présentée à l’émission Les Coulisses du pouvoir à 11 h HE, dimanche, sur ICI RDI et ICI TÉLÉ.

La relance verte

Le premier ministre albertain est surtout inquiet que le discours du Trône, qui sera prononcé mercredi, mette l'accent sur un plan de relance verte, comme certains l'évoquent depuis quelques semaines.

La protection environnementale est importante, mais aujourd'hui, nous faisons face ensemble à la plus grande crise économique en un siècle, explique Jason Kenney. Nous demandons maintenant [...] au fédéral : s'il vous plaît, arrêtez avec les politiques qui nuisent à cette industrie au moment d'une crise. [...] On peut travailler sur les politiques environnementales, mais donnez- nous un peu de temps pour se remettre, sur le plan économique.

Il maintient que les politiques vertes du gouvernement Trudeau ont miné le projet Trans Mountain, ce qui a forcé le fédéral à racheter l’oléoduc.

À la recherche d’amis

Jason Kenney et ses homologues du Manitoba, de l’Ontario et du Québec sont venus porter leur message directement à Ottawa vendredi, lors d’un point de presse à un jet de pierre du parlement. M. Kenney ne voit aucune contradiction à venir défendre les revendications de sa province aux côtés de François Legault, qui a déjà qualifié le pétrole albertain d’énergie sale.

Deux ans plus tard, son homologue québécois est devenu un partenaire. J'ai besoin d’alliés, j'ai besoin d’amis dans la fédération. Et j'apprécie que M. Legault, en tant que président du Conseil de la Fédération, ait appuyé notre appel pour s’attaquer au déséquilibre fiscal.

Les provinces et les territoires réclament aussi une augmentation d’au moins 28 milliards de dollars des transferts fédéraux annuels en santé, des ajustements au programme de stabilisation fiscale, destiné à soutenir les provinces aux prises avec d’importants défis financiers, et une enveloppe de 100 milliards de dollars sur 10 ans pour les infrastructures, le tout sans conditions.

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