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Le marché du carbone infecté par l'épidémie de coronavirus

Les plus grands pollueurs du Québec, dont les papetières, les raffineries et les alumineries, doivent se procurer des unités d'émissions de GES pour respecter les objectifs fixés par le gouvernement. Photo : Reuters/Peter Andrews

L’épidémie de coronavirus vient de priver le gouvernement du Québec d’environ 160 millions de dollars destinés à lutter contre les changements climatiques.

C’est ce que montrent les résultats de la dernière vente aux enchères des unités d’émissions de gaz à effet de serre (GES) du marché du carbone qui réunit le Québec et la Californie, suivant des informations d'abord rapportées ce matin dans Le Devoir.

Selon les données du ministère de l’Environnement, la vente qui s’est tenue le 20 mai a permis au Québec d’engranger 83,5 millions de dollars dans ses coffres.

Seules 3,6 millions d’unités d’émissions de GES, soit  34,5 % de toutes les unités mises en vente, ont trouvé preneur auprès des grands pollueurs au prix plancher de 23,17 $.

Lors de la précédente vente, en février, les 10,39 millions d’unités mises en vente s’étaient envolées, ce qui avait permis à Québec de récolter 246,5 millions de dollars.

Il s’agit donc d’un manque à gagner de 163 millions de dollars pour le Fonds d’électrification et de changements climatiques (anciennement connu sous le nom de Fonds vert) qui récolte ces revenus.

Cela signifie aussi que beaucoup de grands pollueurs québécois et californiens, qui doivent se procurer ces unités pour répondre aux objectifs fixés par leur gouvernement respectif, ont choisi de ne pas en acheter dans le contexte actuel.

Ils pourront toutefois se procurer les unités qu'il leur faut lors des prochaines ventes aux enchères conjointes, qui auront lieu en août et en novembre.

La vente de novembre sera la dernière qui leur permettra de montrer patte blanche pour la période de référence de trois ans allant de 2018 à 2020.

En avril dernier, le ministre de l’Environnement du Québec, Benoît Charrette, disait ignorer quel l’impact l'arrêt des activités économiques décidé en raison de l'épidémie de coronavirus aurait sur le Fonds.

Il avait toutefois admis que des scénarios anticipant des revenus en baisse étaient considérés.

Avec les informations de Thomas Gerbet

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