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La fiabilité des tests de dépistage de la COVID-19

La COVID-19 est dépistée à l'aide d'un test d'amplification en chaîne par polymérase à transcription inverse. Photo : La Presse canadienne/Paul Chiasson
Radio-Canada avec La Presse canadienne et CBC

Selon des spécialistes, même si les tests de dépistage sont fiables dans la très grande majorité des cas, il peut parfois y avoir des résultats contradictoires, comme ce fut le cas dernièrement dans des centres de soins de longue durée nord-ontariens.

Au Golden Manor, à Timmins, un résident a été déclaré positif au virus le 5 mai, avant de subir un autre test qui s'est révélé être négatif.

Cela nous a laissés complètement perplexes, a déclaré la directrice du centre, Carol Halt.

Avec une attention et une préoccupation réelles pour le résident et le bien-être mental de sa famille et de nos autres résidents, familles et personnel, nous savions que la seule chose que nous pouvions faire était d'effectuer un troisième test sur le résident

Ce troisième test a aussi donné un résultat négatif.

Situation similaire au centre Cassellholme, à North Bay, où une personne a récemment vu son premier résultat de test être confirmé positif par deux laboratoires différents, même si deux tests subséquents ont été déclarés négatifs.

La province a promis un test de dépistage à tous les résidents des centres de soins de longue durée.   Photo : Evan Tsuyoshi Mitsui/CBC

Dans les deux centres de soins de longue durée, les mesures de contrôle de l’éclosion ont été maintenues, conformément aux consignes de la Santé publique qui exige un suivi de 14 jours dès qu’un test est confirmé comme positif en laboratoire.

Aucun test n’est fiable à 100%

Tous les tests de laboratoire ont des limites, avance d'emblée Christine Nielsen, directrice générale de la Société canadienne de science de laboratoire médical. Même si nous avons une précision de 99,99 %, ce qui est un chiffre fantastique, cela signifie que certains dépistages doivent faire l'objet d'un examen plus approfondi.

C'est une chose terrible à dire, mais il n'existe aucun test qui soit parfait.

Christine Nielsen, directrice générale de la Société canadienne de science de laboratoire médical

La précision d'un test médical se mesure de deux façons : la fréquence à laquelle il détecte correctement les personnes atteintes de la maladie, et la fréquence à laquelle il détecte correctement les personnes qui ne sont pas atteintes de la maladie.

Timothy Sly, professeur émérite à l'École de santé publique et professionnelle de l'Université Ryerson, explique qu'il s'agit de la différence entre la sensibilité d'un test et sa spécificité.

La sensibilité, c'est de dire : combien de vrais positifs avons-nous réellement obtenus ? Et donc, les autres sont faux. Et la spécificité est de dire : combien de vrais négatifs avons-nous pu trouver ? Et bien sûr, les autres sont faux, dit-il.

De nombreux facteurs peuvent influer sur ces résultats, notamment la qualité de l'échantillon lui-même, le type d'outils utilisés pour obtenir et évaluer l'échantillon, et le stade d'infection auquel l'échantillon a été obtenu.

Quel test pour la COVID-19?

Dans le cas du COVID-19, le virus qui provoque la maladie — le SRAS-CoV-2 — est détecté par un test connu sous le nom de test d'amplification en chaîne par polymérase à transcription inverse, ou RT-PCR.

Ce test fonctionne en détectant l'ARN viral à partir d'un échantillon fourni par le patient, généralement au moyen d'un prélèvement de gorge ou d'un prélèvement nasopharyngien.

L'Ontario souhaite analyse 16 000 tests par jours. Photo : La Presse canadienne/Darryl Dyck

Cela peut être inconfortable pour la personne testée, explique M. Sly, notant que l'écouvillon nasopharyngien est un long dispositif flexible qui doit se rendre profondément dans le nez pour recueillir un échantillon suffisant.

Si vous le piquez une seule fois, il n'aura pas la possibilité de capter autant de virus que si vous touchez la membrane et que vous le tordez une ou deux fois, soutient-il.

Cette petite variation par la personne qui effectue la tâche peut tout changer.

Timothy Sly, professeur émérite à l'École de santé publique et professionnelle de l'Université Ryerson

C’est également un test très délicat, dit Mme Nielsen.

Disons qu'il y a 100 étapes dans un processus. Si vous faites une erreur à la première étape, votre erreur sera amplifiée, explique-t-elle. C'est l'un des domaines où les procédures opérationnelles standard et le fonctionnement du laboratoire — en le faisant de la même manière à chaque fois — sont vraiment importants.

Quel est l’impact d’un test faux-positif?

Si aucune erreur n'est souhaitable, Mme Nielsen suggère qu'un faux positif est préférable à un faux négatif en termes de risque pour la santé publique, car il oblige la personne à prendre des précautions supplémentaires.

Vous allez au moins vous isoler.

Christine Nielsen, directrice générale de la Société canadienne de science de laboratoire médical

Néanmoins, le coût personnel peut être élevé, surtout si la quarantaine forcée empêche une personne de travailler ou de s'occuper de personnes à charge, reconnaît Mme Nielsen.

Si l'on ajoute à cela le coût émotionnel et psychologique général engendré par l'isolement et un diagnostic de la COVID-19, l'impact est considérable.

De plus, il y a toujours des risques d'infection à supposer à tort que vous êtes atteint de COVID-19, déclare Ashleigh Tuite, professeur à l'université de Toronto et membre de l'École de santé publique Dalla Lana.

Le problème avec les faux positifs est que si vous pensez que vous êtes infecté, vous vous isolez, puis vous supposez que vous êtes immunisé et vous vous comportez d'une manière qui ne vous protège pas contre une réinfection, dit-elle.

Le début de ce texte a été modifié par souci de clarté

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