Aller au contenu principal

Université de l'Ontario français : Ottawa répond à l'ultimatum du gouvernement Ford

Mélanie Joly, la ministre des Langues officielles et de la Francophonie. Photo : Associated Press/Fred Chartrand
Un texte de Louis Blouin

La ministre des Langues officielles a soumis ce matin un protocole d'entente au gouvernement Ford dans le but de financer l'Université de l'Ontario français (UOF). Mélanie Joly affirme « vouloir tendre la main » à la province pour accélérer le processus, après des semaines de négociations sur la place publique.

Le document, dont Radio-Canada a obtenu copie, stipule qu'Ottawa est prêt à assumer 50 % du coût total du projet qui est évalué à 126 millions de dollars.

Selon l'entente proposée par le bureau de Mélanie Joly, le gouvernement fédéral financerait entièrement les quatre premières années du projet et l'Ontario les quatre suivantes.

Ottawa exige aussi du gouvernement Ford « l'assurance qu'il lui rembourse sa part de la contribution au projet si l'Ontario n'est pas en mesure de fournir le financement dans les délais prévus ».

Cette fin de semaine, la ministre Joly avait dénoncé le manque de sérieux de la proposition faite par le gouvernement ontarien. Dans le document, elle exige qu'une requête en bonne et due forme soit soumise à Ottawa. 

La province s'engagerait à « déposer une proposition officielle sur le projet de l'Université de l'Ontario français », peut-on lire.

Le protocole d'entente prévoit aussi la mise sur pied d'un groupe de travail conjoint pour « travailler ensemble et pour convenir des dépenses admissibles, des échéanciers et des activités du projet de l'Université de l'Ontario français ».

Nous, on est de bonne foi et on compte sur la bonne foi du gouvernement de l'Ontario. On pense que la demande est tout à fait raisonnable. L'objectif c'est d'enlever toute forme de partisanerie.

Mélanie Joly, ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie.

« Il y a des élections fédérales qui s'en viennent. Le temps presse. L'objectif c'est que l'Ontario s'engage », a expliqué la ministre Joly en entrevue à Radio-Canada mercredi.

Mme Joly espère que cette nouvelle initiative permettra d'aller de l'avant : « l'objectif c'est qu'on signe, c'est qu'on travaille ». La ministre souhaite en arriver à une entente de principe et ainsi installer une certitude pour les responsables du projet d'université.

La province étudie l'entente

Le ministre de la Formation et des Collèges et Universités de l'Ontario, Ross Romano, se dit ravi d'avoir reçu une proposition de Mélanie Joly, ajoutant que celle-ci est actuellement à l’étude.

Nous sommes en train d'examiner le protocole d'entente proposé par la ministre Joly et aurons plus de choses à dire sur le sujet dans un proche avenir, affirme-t-il dans une déclaration transmise par courriel.

Les représentants du gouvernement provincial n’étaient pas disponibles pour accorder d’entrevues à Radio-Canada mardi.

Cette fin de semaine, Ross Romano avait donné 48 heures à Ottawa pour s'engager fermement à financer le démarrage de l'institution.

Depuis des semaines, Mélanie Joly et ses homologues ontariens se renvoient la balle à coup de lettres et de déclarations publiques.

Les responsables de l'UOF réclament la conclusion d'une entente le plus tôt possible entre les deux ordres de gouvernement pour pouvoir passer aux prochaines étapes : choix du site temporaire, campagne de financement, mise en oeuvre, etc.

L'université pourrait accueillir ses premiers étudiants en 2021.

Publicité
​Publicité