Aller au contenu principal

Deux minutes de silence à Spa pour Anthoine Hubert

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Après la famille nord-américaine de l'Indycar, samedi, à Portland, c'est la famille européenne de la course automobile qui rend hommage au pilote français Anthoine Hubert.

Avec dimanche, non pas une, mais deux minutes de silence à Spa : l'une avant la course de F3, et l'autre avant la F1.

Pour la minute de silence avant la course de F3, la maman d'Anthoine Hubert était présente, casque à la main, accompagnée de son autre fils. Autour des membres de cette famille endeuillée, toute la famille de la course, F3, F2 et F1 réunie.

Une autre minute de silence sera observée avant le départ du Grand Prix de F1. Elle aura lieu à 8 h 53 (HAE) avant que ne soit joué l'hymne national belge.

Les entrées du circuit belge affichent des drapeaux français à l'effigie d'Anthoine Hubert.

Rappelons que la deuxième course de F2 prévue au programme de dimanche a été annulée.

Les dangers de la course

La mort du jeune pilote français remet au premier plan les dangers du sport automobile où les accidents mortels sont pourtant devenus rares.

Depuis la mort d'Ayrton Senna en 1994, les progrès en matière de sécurité, tant pour les bolides eux-mêmes (cellules de survie entourant le pilote et halo de sécurité protégeant sa tête) que les circuits permettent aux pilotes de sortir indemnes d'accidents parfois extrêmement violents.

Mais la voiture d'Hubert, 22 ans, a été littéralement coupée en deux. Juan Manuel Correa, lui, a les deux jambes brisées.

« C'est quelque chose que j'ai toujours dit, et même si on a énormément amélioré la sécurité des voitures et des circuits, cela reste un sport dangereux et il ne faut pas l'oublier », a souligné dimanche le quadruple champion du monde français Alain Prost lors d'une rencontre de presse.

La F1 a été endeuillée il y a quatre ans quand le Français Jules Bianchi est mort à l'hôpital plusieurs mois après son accident au Grand Prix du Japon. Il pilotait pour l'équipe Marussia.

L'Indycar a été endeuillée récemment quand les pilotes britanniques Dan Wheldon et Justin Wilson ont trouvé la mort respectivement en 2011 et 2015.

L'accident survenu samedi rappelle également celui dont a été victime le jeune Britannique Billy Monger, alors âgé de 17 ans, lors d'une course de F4 en 2017. Amputé des deux jambes, il a depuis recommencé à courir.

La moyenne d'âge des pilotes a considérablement baissé ces dernières années tant dans les formules de promotion qu'en F1.

Max Verstappen n'a que 21 ans, Charles Leclerc, qui partira en pole position dans sa Ferrari, a le même âge.

Tous se connaissent pour avoir gravi les échelons ensemble.

Anthoine Hubert était sous l'aile du constructeur français Renault dans le cadre de son programme de développement « L'Académie Renault Sport ».

« Anthoine était un esprit réfléchi, quelqu'un de mûr et d'intelligent », se souvient Prost, qui encadrait le jeune pilote de 22 ans.

« C'est certainement l'un des pilotes de l'Académie avec lequel j'ai le plus parlé sur le choix de son équipe en F2, a-t-il ajouté. Il avait une implication au-delà de ce que les jeunes pilotes peuvent avoir aujourd'hui. C'est l'un de ceux qui parlaient le plus et qui posaient le plus de questions. Il n'avait pas peur d'appeler. »

La solidité des voitures

L'ancien pilote de F1 (McLaren, Renault, Ferrari, Williams) souligne l'effet pervers du travail fait par la FIA en matière de sécurité.

« Peut-être qu'à notre période, quand on voyait un truc qui allait se passer, on freinait, on ralentissait. Aujourd'hui, le fait que les voitures soient très sûres, il y a un peu une tendance à garder le pied au plancher, affirme Alain Prost.

« À partir du moment où on augmente la sécurité partout... Mais il faut aussi faire très attention à ne pas généraliser. Cette génération voit de gros accidents où il n'arrive jamais rien, jusqu'au moment où les circonstances font que c'est plus grave. »

Publicité
​Publicité