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Les Métis de l’Ontario tentent de s’entendre au sujet de la gouvernance

France Picotte, vice-présidente de la Nation Métisse de l'Ontario.  Photo : Nation métisse de l'Ontario

L’autogouvernance sera au cœur de l'assemblée générale annuelle de la Nation métisse de l’Ontario

Un texte de Miguel Lachance et Didier Pilon

La rencontre se déroule environ deux mois après une entente historique avec le gouvernement fédéral, qui confirme le droit à l’autonomie des Métis.

On est reconnu comme un ordre de gouvernement, explique la vice-présidente de la NMO, France Picotte.

Mme Picotte affirme que la l’autogouvernance sera un des principaux points à l’ordre du jour de l’AGA.

Une ébauche de constitution sera créée pendant l’AGA, qui sera suivie de consultations, précise-t-elle.

La mise en œuvre de cette nouvelle autonomie gouvernementale ne se fait toutefois pas sans critiques.

Le conseil provisoire de la Nation métisse de l’Ontario, le groupe qui administre l’organisation, fait face à une crise de confiance, selon certains membres.

Le président du Conseil des Métis de Sudbury, Maurice Sarrazin, a dénoncé un manque de transparence et l’absence de consultations communautaires avant la signature de l’entente avec le fédéral.

Il croit que l’AGA aurait dû servir à débattre et à prendre le pouls de la communauté avant de négocier avec le gouvernement fédéral.

M. Sarrazin n’a pas l’impression que la NMO est apte à représenter l’ensemble des Métis de la province.

Le président du Conseil des Métis de Sudbury espère faire entendre ses inquiétudes pendant l’AGA.

De la façon dont je le vois en ce moment, la NMO choisit ceux qui [font partie de la Nation] comme une équipe de baseball choisit ses joueurs.

Maurice Sarrazin, président du Conseil des Métis de Sudbury

M. Sarrazin fait référence à une résolution du Ralliement national des Métis (RNM), qui exige de la NMO la mise en place d'une définition plus stricte du statut de Métis pour mettre fin à une probation.

La vice-présidente de la NMO soutient que son organisation n’a pas l’intention de laisser tomber ses membres.

La probation, je m’en fous, car [le Ralliement] n’a aucune autorité sur nous, affirme Mme Picotte. On veut être certain que la NMO représente les Métis [...] qui demeurent en Ontario.

On a des communautés historiques qui sont en dehors, disons, de ce que le Ralliement des Métis [considère] être leur territoire, qui va à peu près jusqu’à Kenora.

France Picotte, vice-présidente de la Nation métisse de l'Ontario

Mais cette ligne-là a été décidée sans recherche ni preuve historique, soutient Mme Picotte.

Cette carte a été adoptée par le Ralliement national des Métis l'an dernier et représente ce qu'ils considèrent être leur territoire. Une grande majorité des communautés métisses ontariennes n'en fait pas partie.  Photo : Fédération des Métis du Manitoba

Le respect des exigences du RNM signifierait que 90 % des membres de la Nation métisse de l’Ontario perdraient leur statut.

Elle ajoute que la NMO a l’appui des regroupements de Métis de l’Alberta et de la Saskatchewan, qui jugent inacceptable la résolution du Ralliement national.

L’Ontario va avancer ses droits, surtout avec l’entente qu’on a signée avec le gouvernement fédéral, conclut-elle.

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