Aller au contenu principal

Vivre sans plastique à usage unique, c’est possible

Yara Chard, de Kingston, a fondé Boho & Hobo, une entreprise qui fait la distribution d’articles qui peuvent remplacer les plastiques à usage unique. Photo : Radio-Canada/Frédéric Pepin

Des Canadiens adoptent un mode de vie qui exclut entièrement les articles faits de plastiques à usage unique.

Depuis les dernières années, de plus en plus de Canadiens s’intéressent aux manières de remplacer les articles de plastique à usage unique. Pailles, sacs et ustensiles en plastique... le gouvernement fédéral propose de les bannir du paysage canadien d’ici 2021.

Avec de jeunes enfants, c’est fou la quantité de déchets qui sort de la maison. Les fêtes d’enfants, les cadeaux... plusieurs articles sont suremballés, et ensuite, il y a la consommation au quotidien. Ça fait énormément de déchets.

Yara Chard

Le débat fait rage pour savoir qui paiera pour remplacer les plastiques qui sont partout autour de nous. Mais pour Yara Chard, tout le monde doit faire sa part.

Ottawa veut interdire les articles en plastique à usage unique d'ici 2021. Photo : iStock/Boyloso

Maintenant, elle et ses deux enfants vivent dans un environnement où chaque article est pensé selon sa durée de vie.

Articles qui remplacent le plastique chez les Chard :

  • pailles de métal,
  • sacs en silicone pour congeler les aliments,
  • tissus de coton trempés dans la cire d’abeille pour envelopper des contenants ou des sandwichs.

Yara Chard a quelques suggestions pour ceux qui, comme elle, voudraient réduire leur utilisation de plastique au quotidien : commencer à petite échelle. Essayer de tout éliminer d’un seul coup, c’est voué à l’échec, selon elle.

Si vous utilisez des pailles au quotidien, apportez avec vous des pailles réutilisables. C’est la meilleure façon de s’intégrer lentement dans ce style de vie, et avant que vous vous en rendiez compte, ce sera quelque chose de naturel pour vous.

Yara Chard

Zéro plastique : un gagne-pain

Yara Chard a même fait de son style de vie son gagne-pain. Elle a fondé Boho & Hobo, une entreprise qui fait la distribution d’articles permettant d'éliminer les plastiques à usage unique.

Parmi les articles vendus par l'entreprise, des ustensiles en bois, des pailles en métal et des tissus de coton trempés dans la cire d’abeille pour envelopper des contenants ou des sandwichs. Photo : Radio-Canada/Frédéric Pepin

Au début, c’était un passe-temps pour elle et son partenaire d’affaires, mais maintenant, elle a de la difficulté à répondre à la demande de ses clients partout au Canada. 

Je crois qu’il y a un éveil, au sein de la population générale, à l’excès de l’emballage et de l’utilisation des plastiques partout autour de nous, et des produits qui ne sont pas nécessaires, explique Yara Chard. Nous remarquons cette tendance, ce changement de mentalité, et il y a de plus en plus de gens qui s’y intéressent.

Tendance à la mode

Cette tendance est de plus en plus à la mode au centre-ville de Kingston, où les commerces locaux ont décidé d’y prendre part. Selon l’organisme sans but lucratif Sustainable Kingston, qui milite pour des solutions écologiques, il y a présentement un mouvement contre l’utilisation de plastique non réutilisable.

Tess Wittmann oeuvre au sein de l'organisme sans but lucratif Sustainable Kingston. Photo : Radio-Canada/Frédéric Pepin

Il y a beaucoup d’entreprises locales qui ont gagné la confiance des consommateurs. Ces entreprises locales peuvent proposer des initiatives écologiques contrairement aux grandes chaînes, dans de plus grandes villes, où il y a énormément de réglementation. Les commerçants locaux connaissent leurs clients et veulent travailler avec eux.

Tess Wittmann, Sustainable Kingston

En partenariat avec la Ville de Kingston, l’OSBL a lancé ce mois-ci le défi sans plastique pour réduire et éliminer l’usage au quotidien d’articles en plastique à usage unique. Une initiative qui vise tant les résidents que les entreprises de la région.

Les épiceries, le vrai problème

Le professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie Sylvain Charlebois voit dans ces actions citoyennes une distraction, des petits gestes qui ont très peu d’impact.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie. Photo : Radio-Canada/Frédéric Pepin

Les plus grands pollueurs, selon lui, sont les entreprises agroalimentaires, avec le suremballage de leurs produits qui se retrouvent dans nos épiceries.

Un rapport, l’an dernier, sonnait déjà l’alarme en pointant l’industrie agroalimentaire comme le plus grand responsable des déchets que l’on retrouve dans les parcs, sur les berges et dans l’océan. Notre dépendance au plastique ne peut plus durer, point.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie

Selon lui, les restaurateurs font aussi face au problème de l’utilisation de matières polluantes, mais à cette échelle, il existe déjà des solutions pour les remplacer, comme les contenants compostables.

Publicité
​Publicité