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Des milliers d'étudiants en grève à Sherbrooke

Les cours sont levés ce jeudi à la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke. Les 1700 étudiants ont voté en majorité en faveur de la grève lors d'une d'une assemblée mercredi et réclament la fin des stages non-rémunérés.

Ces étudiants rejoignent ainsi les 2000 étudiants de la Faculté des lettres et sciences humaines qui sont en grève depuis lundi pour la même raison.

Au total, près de 60 000 étudiants poursuivent leur mouvement de grève amorcé lundi afin d'obtenir la rémunération de tous les stages en milieu de travail, dans l'ensemble des programmes et à tous les niveaux d'étude, soit dans les universités, les cégeps et les écoles de formation professionnelle.

Les étudiants ne réclament pas la parité salariale avec les salariés diplômés, mais ils tiennent à être payés pour toutes les heures travaillées afin d’être en mesure de subvenir à leurs besoins.

Outre une rémunération généralisée pour tous les stagiaires, les étudiants réclament un statut qui les protège contre les accidents de travail, l’intimidation et le harcèlement en milieu de travail. Ils déplorent que l’absence de rémunération les prive de tout recours devant la CNESST puisqu’ils ne sont pas reconnus comme des travailleurs.

Moi, en tant que stagiaire, je n'ai pas de statut reconnu. Si je me blesse dans l'école, si j'ai une plainte à formuler, je n'ai pas de statut qui est reconnu. Avec une rémunération, ça va être plus facile de se faire reconnaître un certain statut, croit la responsable à la direction de l'Association étudiante de la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke, Danie Poulin-Bérard.

Les étudiants de Sherbrooke ne sont pas les seuls à réclamer un salaire pour leur stage. Le Comité unitaire sur le travail étudiant (CUTE), un regroupement qui pilote ce dossier auprès du gouvernement depuis deux ans, sans succès, explique que le mouvement vise l’ensemble du territoire du Québec dans une perspective d’escalade des moyens de pression.

Selon les Comités unitaires sur le travail étudiant, plus de 55 000 étudiants et stagiaires à travers le Québec vont débrayer jeudi. Ils demandent au gouvernement de garantir le plein salaire et des conditions de travail convenables pour l’ensemble des étudiants en situation de stage, et ce, à tous les niveaux d’enseignement.

Une manifestation aura lieu au centre-ville de Sherbrooke à compter de 15 h mercredi.

Il y a environ 300 000 stages étudiants par année au Canada, dont 55 000 au Québec.

Prématuré, selon le ministre

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, assure être à l’écoute des préoccupations soulevées par les étudiants. Selon lui, il est prématuré d’entamer des moyens de pression étant donné que son gouvernement n’a pas encore fini d’étudier la question.

Les étudiants sont un peu en train de défoncer des portes ouvertes en ce moment. Nous sommes au travail pour faire un état de la situation et ensuite mettre des choses sur la table, puis on discutera avec les associations étudiantes, a déclaré M. Roberge, lundi.

Les étudiants préviennent toutefois que le ministre devra livrer la marchandise, sans quoi ils pourraient accentuer leurs moyens de pression.

Les membres des CUTE évoquent la possibilité d'une grève générale à la session d'hiver, si rien ne bouge.

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