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Québec solidaire promet d'interdire la vente de véhicules à essence dès 2030

Il y a 4,7 millions de voitures à essence au Québec. Photo : iStock/ssuaphoto

Québec solidaire voudrait accélérer le passage des Québécois aux véhicules électriques et hybrides, qui deviendraient les seuls autorisés à l'achat dans 12 ans. S'il formait le prochain gouvernement, le parti imposerait dès le prochain mandat des pénalités aux acheteurs de véhicules à essence.

Un texte de Thomas Gerbet

Il y a 30 000 véhicules électriques et hybrides rechargeables sur les routes du Québec, une goutte d'eau dans l'océan de 4,7 millions de véhicules à essence. Mais Québec solidaire souhaiterait accélérer la transition pour réduire la pollution.

Sans aller aussi vite que la Norvège, qui veut interdire la vente de voitures à essence dès 2025, QS s'inspire des décisions prises par la Grande-Bretagne et la France.

Calendrier fixé par Québec solidaire :

2030 : obligation de ne vendre que des véhicules hybrides ou électriques
2040 : obligation de ne vendre que des véhicules électriques
2050 : disparition des véhicules à essence des routes du Québec

L'Inde a également pris le pari ambitieux de ne commercialiser que des voitures électriques dès 2030. Quant au constructeur Volvo, il ne produira que des véhicules électriques ou hybrides rechargeables à partir de l'année prochaine.

Un système bonus-malus

En plus de l'incitatif à l'achat de 8000 $ pour un véhicule électrique, déjà en vigueur, qui serait bonifié, Québec solidaire voudrait imposer une pénalité, sous forme de taxe ou de frais additionnels pour tout achat d'un véhicule à essence dès le prochain mandat.

Ce système de bonus-malus, qui existe en Norvège et au Danemark, serait modulé selon les régions du Québec. Les automobilistes des régions mal desservies par les transports collectifs auraient droit à un bonus plus important pour l’achat d'un véhicule électrique. Les familles seraient aussi avantagées par ce système.

Dans le cadre de la transition vers le tout électrique, QS augmenterait le nombre de bornes de recharge par l'intermédiaire d'Hydro-Québec.

Moins de construction de routes

Le parti de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois promet également de freiner l'agrandissement du réseau routier dès son arrivée au pouvoir.

Les solidaires souhaitent abandonner tout nouveau projet de construction routière, sauf ceux qui visent à améliorer la sécurité ou qui désenclavent des régions isolées.

Québec solidaire présentera aujourd'hui son « plan de transition économique » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et créer des emplois. En plus des mesures contenues dans cet article, il contiendra une promesse d'investissements en transport collectif.

Une proposition « radicale », selon Lisée

Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée estime que l'idée d'imposer des pénalités aux propriétaires de véhicules à essence est trop « radicale », même si la « direction générale » proposée par QS est la bonne.

« C’est difficile par exemple d’imposer une taxe à ceux qui achètent des VUS en ce moment, alors qu’il n’y pas d’alternative aux VUS [véhicules utilitaires sport] diesel », a-t-il commenté lors d'une entrevue à l'émission Première heure, sur les ondes de Radio-Canada Première, à Québec.

« Attendons qu’il y ait sur le marché une alternative, avec des VUS électriques ou des VUS hybrides – il y en a un ou deux, de luxe, mais il n’y en a pas assez – et à ce moment-là, on pourra inciter les gens à passer à l’électricité plutôt qu’au pétrole », a-t-il laissé tomber. « Je trouve que c’est une position qui est radicale. »

Cela ne vaut pas que pour les VUS, a-t-il enchaîné. « Il n’y a pas suffisamment de voitures électriques chez les concessionnaires en ce moment pour répondre à la demande. Alors c’est comme si on punissait les gens pour ne pas acheter quelque chose qui n’est pas disponible ».

« La direction générale, c’est par là qu’il faut aller, mais il faut réussir à générer une demande », a ajouté le chef péquiste.

Le Parti québécois propose plutôt d'adopter une loi « zéro émission » [de gaz à effet de serre, NDLR] qui « obligerait les concessionnaires à avoir davantage de véhicules électriques pour se rendre là de façon plus consensuelle et sans menacer les gens de les punir pour ce qu’ils ne peuvent pas faire. »

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