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La flûte enchantée de Robert Lepage, une flûte vraiment magique

Un texte d'Anne-Josée Cameron

Plus de deux siècles après sa création, La flûte enchantée de Mozart est plus magique que jamais.

Les rideaux s’ouvrent sur une magnifique voûte étoilée où les constellations prennent vie et annoncent, comme au cinéma, l’œuvre et son auteur.

Le Prince Tamino est chargé, par la Reine de la nuit, d’aller délivrer Pamina, sa fille, des griffes du mage Sarastro. Il est accompagné de Papageno, un oiseleur au sens de la loyauté, très flexible. Ils se verront attribuer un objet magique afin de réaliser leur quête. Papageno recevra un carillon et Tamino, une flûte enchantée.

Si l’histoire est la même depuis 1791, elle n’est certainement pas racontée de la même façon.

Audrey Luna et Simone Osborne incarnent respectivement la Reine de la nuit et Pamina.  Photo : Festival d'opéra de Québec

Sous le signe de la magie et de l’illusion

Cette mise en scène de Robert Lepage mise beaucoup sur le caractère magique de la flûte. Pour ce faire, le créateur s’est associé à l’ex-magicien, scénographe et concepteur, le Britannique Jamie Harrison.

Cette version de La flûte enchantée de Mozart joue allègrement avec les illusions et s’inspire du « black art », une pratique qui remonte à l’époque glorieuse des cabarets.

Exécutés sur fond noir, les jeux d’ombres et de lumières concourent à l’aspect résolument magique de la mise en scène.

C’est ainsi que Tamino affronte un serpent de neuf mètres, que Papageno lévite et que les trois esprits volent sur des tapis magiques.

La mise en scène, tout comme les décors et costumes, semble au carrefour des époques. La Reine de la nuit est vêtue de façon quasi futuriste alors que sa fille Tamina a l'air sortie tout droit de Madame Butterfly.

Il y a également beaucoup d’humour dans cette version de La flûte enchantée que nous propose Robert Lepage.

Une distribution de grande qualité

Choisie par le directeur général et artistique du Festival d’opéra de Québec, Grégoire Legendre, la distribution est impressionnante.

La basse John Relyea, qu’on a pu voir dans le rôle de Méphisto dans La damnation de Faust, incarne ici Sarastro, sage et puissant.

La soprano canadienne, Simon Osborne, excellente dans le rôle de Pamina.

Frédéric Antoun, pour sa part, est très juste et touchant dans le rôle de Tamino. Sa voix est magnifique.

Et enfin, Gordon Bintner est très bon dans le rôle du facétieux et paresseux Papageno.

Dans la fosse, l’Orchestre symphonique de Québec est dirigé par le chef Thomas Rösner.

Robert Lepage signe ici une très belle mise en scène de l'oeuvre de Mozart, pleine de magie, de mystère.

Tout comme La tempête de Thomas Adès et L’amour de loin de Kaija Saariaho, mis en scène par Robert Lepage précédemment, La flûte enchantée sera éventuellement présentée au Metropolitan Opera de New York.

La production est à l’affiche du Grand Théâtre de Québec jusqu’au 6 août.

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