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Québec ne veut pas d'atelier sur la désobéissance civile sur les terres publiques

Percé. Photo : Radio-Canada

Québec a déposé une injonction provisoire de 10 jours pour interdire la tenue d'ateliers sur la désobéissance civile prévus à partir de vendredi, au camp de la rivière, installé sur des terres publiques près de Gaspé.

Un texte de Joane Bérubé avec la collaboration de Martin Toulgoat

La demande a été entendue jeudi au palais de justice de Percé et simultanément au palais de justice de Québec. Le jugement est toujours attendu.

Le ministère des Ressources naturelles a fait valoir devant la cour qu’il était inconcevable de présenter un camp sur la désobéissance civile sur des terres publiques. La désobéissance civile, a rappelé la procureure du gouvernement, préconise de déroger aux lois.

Le porte-parole du groupe Environnement Vert Plus, Pascal Bergeron, s’est présenté seul en cour, sans avocat. Le groupe occupe, avec des sympathisants, le camp de la rivière pour protester contre l’exploitation gazière et pétrolière. Le campement a été monté sur des terres publiques près des chemins forestiers qui mènent au site Galt de la compagnie Junex.

Les occupants du camp de la rivière ont construit un abri temporaire pour offrir leur formation Photo : Radio-Canada/Bruno Lelièvre

En cour, jeudi après-midi, Pascal Bergeron a souligné qu’il n’y avait pas d’urgence à agir et qu’il s’agissait d’une manifestation pacifique. Devant le juge, le porte-parole d’Environnement vert plus a aussi invoqué la préséance de la Charte des droits et libertés sur la Loi sur les terres publiques.

Interrogé hors cour, le président d’Environnement Vert Plus, Bilbo Cyr, est allé plus loin. « Ce qu’on dit déplaît au ministre, a-t-il soutenu. Il se sert de son pouvoir pour nous faire taire, mais ça ne marchera pas. On a le droit de dire ce qu’on a à dire. L’exploitation pétrolière en Gaspésie n’a pas été suggérée, n’a pas été proposée, elle a été imposée. »

Environnement Vert Plus estime qu’il s’agit d’une poursuite-bâillon.

Pascal Bergeron, porte-parole d’Environnement Vert Plus, au palais de justice de Percé Photo : Radio-Canada/Martin Toulgoat

Dépendamment du jugement, le groupe pourrait envisager de présenter ses ateliers sur la désobéissance civile dans un autre lieu que le camp de la rivière.

La requête pour une ordonnance d’expulsion autorisant le démantèlement du camp de la rivière a été reportée au 4 juin, au palais de justice de Percé.

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