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Prévention du suicide : Ottawa va surveiller les réseaux sociaux

Un adolescent utilisant un téléphone cellulaire. Photo : Shutterstock/Champion studio

Le gouvernement canadien engagera bientôt une compagnie offrant des services d'intelligence artificielle dans le cadre d'un projet pilote de surveillance des comportements suicidaires sur les réseaux sociaux.

Radio-Canada avec CBC

Une entente avec Advanced Symbolics Inc., une entreprise installée à Ottawa, doit être conclue dans les prochaines semaines, selon CBC.

De concert avec l’entreprise, le gouvernement fédéral cherchera d’abord à définir ce qui constitue une « tendance suicidaire » exprimée sur les réseaux sociaux, pour ensuite « mener une étude de marché sur la population canadienne », selon le texte de l’appel d’offres publié sur le site de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada.

Le projet doit commencer ce mois-ci. Un rapport final permettra au gouvernement fédéral de juger de la pertinence d’une « surveillance continue à l’échelle nationale ».

Advanced Symbolics étudie les comportements humains en sélectionnant des comptes sur les réseaux sociaux pour bâtir un échantillon représentatif de la population. La compagnie dit analyser les publications de plus de 160 000 comptes. À titre comparatif, la méthode plus traditionnelle du sondage téléphonique mène souvent à des échantillons composés d’environ 1500 personnes.

« Ce sont tous des messages publics »

Advanced Symbolics se défend d’être un risque pour la vie privée des Canadiens. La compagnie dit surveiller les tendances, et non les individus, sur les réseaux sociaux.

« Nous ne violons pas la vie privée de qui que ce soit, ce sont tous des messages publics », précise Erin Kelly, présidente d’Advanced Symbolics.

Kenton White, directeur des données scientifiques chez Advanced Symbolics  Photo : Advanced Symbolics

« Ce serait un peu inquiétant si nous construisions quelque chose qui surveille tout ce que les gens disent et qu’ensuite le gouvernement communiquait avec vous pour vous dire "Bonjour, notre ordinateur nous dit qu’il pense que vous allez probablement vous suicider" », dit Kenton White, directeur des données scientifiques chez Advanced Symbolics.

Grâce à l’intelligence artificielle, il serait possible de déceler des communautés ou des régions où une augmentation du nombre de suicides serait redoutée.

Par exemple, l’île du Cap-Breton a été touchée en 2017 par le suicide de trois adolescents. Selon M. White, la compagnie d’intelligence artificielle peut tirer un enseignement de ces événements malheureux et établir un scénario menant à une hausse des suicides. Des modèles comportementaux peuvent aussi, indique-t-il, être tracés à partir de la vague de suicides dans les communautés autochtones du nord de la Saskatchewan, ou d’un autre milieu de vie, par exemple le milieu étudiant.

Avec l'aide d'Advanced Symbolics, suggère l'entreprise, le gouvernement pourrait mobiliser des ressources en santé mentale avant une crise, plutôt qu'après. L'entreprise est d'avis qu'elle pourrait pressentir une hausse possible des suicides et émettre un avertissement deux à trois mois à l'avance.

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