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Rétrospective : 6 événements scientifiques insolites ou intrigants en 2017

L'année 2017 a été riche en histoires insolites, et le monde scientifique n'a pas été épargné. Voici quelques-unes des histoires les plus surprenantes de la dernière année concernant la science de près ou de loin.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné


1. OURS OU YÉTI? QUI SE CACHE DANS L'HIMALAYA?

L’une des créatures les plus célébrées pour son côté mystérieux est le yéti, aussi connu sous le nom d’« abominable homme des neiges ». Cet être mi-humain mi-grand singe vivrait dans les montagnes de l’Himalaya, au Népal.

Si cette légende existe depuis longtemps dans cette partie de l’Asie, elle n'a atteint l'Occident qu’au 19e siècle. La créature s’est même retrouvée dans l’une des aventures de Tintin.

Beaucoup de personnes croient que cette histoire est bien plus qu’une légende. De nombreuses reliques de la créature sont conservées un peu partout en Asie, mais à la grande déception des plus mordus, des études ont déjà montré qu’elles n’appartiennent pas vraiment au yéti, mais bien à d’autres animaux.

Cette année, des chercheurs ont voulu vérifier quels animaux étaient à l’origine de ces reliques. Ils ont donc analysé des poils, de la peau, des os et des matières fécales qui auraient appartenu au yéti.

Leurs résultats, publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society, montrent que, sur les neuf échantillons collectés, huit appartenaient à différentes espèces d’ours de la région. Le dernier, encore moins mystérieux, provenait d’un chien, donc rien de très abominable…

Toutefois, le but de ces chercheurs n’était pas de vérifier l’existence de l’abominable homme des neiges, mais bien d’étudier les vrais animaux des montagnes du Népal. Cette région du monde abrite d’ailleurs deux espèces d’ours très rares, l’ours noir himalayen et l’ours Isabelle de l’Himalaya.

Ces deux espèces en voie de disparition sont assez difficiles à observer à l’état naturel, étant donné la grande étendue du territoire, et certains des échantillons ont été identifiés comme provenant de ces animaux.

Cette étude a permis de réaliser le premier séquençage de l’ADN mitochondrial de ces deux espèces, qui amène à constater qu’ils sont très différents des autres ours d’Asie, et de mieux comprendre leur origine évolutive.


2. LES TALENTS SOCIAUX DES MOUTONS

Les moutons ont été entraînés à reconnaître les visages de quatre célébrités.  Photo : Université de Cambridge

Quand on pense aux créatures intelligentes, les moutons n’arrivent pas souvent en tête du palmarès, mais des chercheurs ont changé cette perception en montrant que ces animaux pouvaient être très branchés sur le vedettariat.

En fait, ils seraient capables de reconnaître des visages humains presque aussi bien que les humains. C’est ce que conclut une étude parue cette année dans le Royal Society Open Journal.

Dans le cadre de l’étude, qui a eu lieu à l’Université de Cambridge en Grande-Bretagne, les chercheurs ont entraîné les moutons à reconnaître les visages de quatre célébrités : Emma Watson, Jake Gyllenhaal, Barack Obama et une journaliste britannique nommée Fiona Bruce.

Les chercheurs ont d’abord entraîné les moutons à associer ces visages à une récompense. Les bêtes devaient placer leur museau sous la bonne image lorsqu’on leur offrait le choix entre une case noire et une photo de la personne célèbre.

Les chercheurs ont ensuite augmenté la difficulté en remplaçant la case noire par le visage d’une personne inconnue. Puis, finalement, ils ont commencé à utiliser des photos différentes de la célébrité, allant parfois jusqu’à la présenter de profil.

Malgré tout, les moutons reconnaissaient leur idole à 79 % du temps.

Ce ne sont pas les seuls animaux capables de distinguer les visages humains. Les chimpanzés et même certains oiseaux, tels que les pigeons ou les corneilles, en sont aussi capables. Toutefois, le but n’était pas uniquement de créer des moutons très « people ».

Dans le monde de la recherche, le mouton sert notamment à étudier la maladie de Huntington ou le parkinson. Ces sujets d'expérience sont pratiques pour observer la progression de la maladie au niveau cellulaire, mais on ne savait pas si l’impact sur la mémoire était semblable à ce qui s'observe chez l’humain.

En entraînant des moutons à reconnaître des visages, les chercheurs pourront voir l’impact de la détérioration de cette habileté et tester des traitements plus rapidement que dans d’autres modèles.


3. UN NUAGE RADIOACTIF EN EUROPE

L’automne dernier, l’Europe s’est retrouvée aux prises avec un mystérieux nuage radioactif, qui s’est attardé pendant quelques semaines dans le ciel du continent.

Selon les agences de l’énergie atomique en France et en Allemagne, les particules ont été détectées du 27 septembre au 13 octobre et ont, depuis, totalement disparu. Rapidement, les autorités ont tenté de découvrir l’origine de ce nuage et les risques qu’il posait pour la santé et l’environnement.

La particule en cause a été identifiée comme étant du ruthénium 106, un isotope radioactif couramment utilisé dans les traitements contre le cancer et comme source d’énergie dans des satellites.

Le seul élément présent étant le ruthénium 106, il a rapidement été possible d’éliminer l’hypothèse d’un accident nucléaire, une catastrophe qui aurait relâché une très grande diversité de particules radioactives dans l’atmosphère. Le nuage aurait toutefois pu être causé par une fuite, soit à une usine de traitements de déchets nucléaires, soit dans un centre produisant cet isotope.

Même si la quantité de ruthénium dans l’air était anormalement élevée, elle est restée trop petite pour avoir des conséquences sur la santé humaine.

De plus, la demi-vie de cette particule, c’est-à-dire le temps nécessaire pour en dégrader la moitié, est d’un an. Il n’y a donc aucune crainte de se retrouver avec une contamination à long terme comme à Tchernobyl ou à Fukushima.

La situation aurait toutefois été différente pour quiconque se serait trouvé à l’endroit de la fuite. Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire de France, si un tel incident était arrivé en territoire français, la situation aurait été assez dangereuse pour nécessiter l’évacuation immédiate de toutes les personnes dans un rayon de plusieurs kilomètres du lieu de la fuite.

Selon les estimations, l’épicentre de cette fuite se retrouverait entre la Russie et le Kazakhstan. Les deux pays n’ont pas nié la présence de radiations, mais affirment qu’aucun accident n’est arrivé sur leur territoire.


4. DES ATTAQUES SONIQUES À CUBA

Un mal mystérieux est apparu à Cuba vers la fin de 2016 et s’est amplifié au cours de 2017. Jusqu’à maintenant, 24 diplomates américains et canadiens se sont dits victimes de divers symptômes comportant des maux de tête, des étourdissements, des nausées, des vertiges et des pertes d’audition et même de mémoire.

Bien que tous s’en soient remis, les États-Unis ont réagi en rapatriant une partie de leur personnel à Cuba, en expulsant des officiels Cubains et en lançant une enquête du FBI. Pour le gouvernement américain, ces personnes ont été victimes d’une attaque délibérée d’origine inconnue.

La plupart des personnes atteintes ayant affirmé avoir entendu des bruits étranges avant l’apparition des symptômes, l’hypothèse initialement avancée était celle d’une attaque à l’arme sonique.

Les ondes sonores peuvent avoir un certain potentiel destructeur. N’importe quel son au-dessus de 150 décibels causera de la douleur, et il existe, par exemple, des canons à son capables de focaliser les ondes sonores, comme une lumière de projecteur. Toutefois, ce type d’effet nécessite de gros appareils et sera nécessairement entendu par beaucoup de gens.

Si l’on veut être plus discret, certaines hautes fréquences, inaudibles pour l’oreille humaine, peuvent endommager des structures délicates du corps, mais uniquement si la victime se trouve très près de la source.

Et aucun type d’ondes sonores, qu’il s’agisse d’ultrasons, d’infrasons ou de sons audibles, ne peut expliquer la diversité des symptômes.

Toutefois, une autre hypothèse a été suggérée par des rapports médicaux provenant de Cuba, et même de certains chercheurs américains, pour expliquer ce mal : une hystérie de masse.

Il s’agit d’un problème psychosomatique qui se produit lorsqu’on vit une situation difficile, ou stressante, qui peut amplifier de façon exagérée des symptômes légers. Il est en effet possible qu’une deuxième personne ait eu l’impression de vivre des symptômes semblables après avoir été témoin de la réaction de la première victime, et ainsi de suite dans un groupe.

Les premières attaques sont arrivées dans les jours précédant l’élection du président Donald Trump, qui a rapidement mis fin au rapprochement entre les gouvernements américain et cubain. Des spécialistes estiment que la délégation américaine, qui avait travaillé à ce rapprochement au cours des dernières années, aurait donc pu vivre un stress plus marqué.

Le mystère se poursuivra sûrement en 2018.


5. NUAGEUX AVEC UNE PROBABILITÉ DE... MÉTHANE, DIAMANTS OU CRÈME SOLAIRE!

L'environnement et la pression de la surface de la Terre permettent à l'eau de circuler sous forme solide, liquide et gazeuse, mais sur d’autres planètes, les conditions peuvent être favorables à une pluie de matériaux plus invraisemblables, allant des diamants jusqu’aux ingrédients de la crème solaire!

Les « pluies » les plus surprenantes ont surtout été observées sur ce que l’on appelle des géantes gazeuses.

Si on pouvait plonger au cœur de ces astres, on y traverserait une atmosphère de gaz, épaisse de dizaines de milliers de kilomètres. À cette profondeur, la pression peut atteindre un niveau cent mille fois plus élevé que celle à la surface de la Terre. Dans ces conditions, les gaz sont écrasés et commencent à changer de propriétés.

Dans notre système solaire, les planètes Uranus ou Neptune renferment des gaz compactés sous forme liquide contenant de l’eau, de l’ammoniac et, surtout, d’autres hydrocarbures, tels que le méthane.

Ces derniers sont essentiels à la formation de diamants, car ils sont riches en carbone, le seul élément menant à la formation de ces gemmes. On suppose que la chaleur et la pression qui règnent dans cet océan vont séparer le carbone du reste des molécules et le comprimer sous la forme de diamants, qui vont alors couler en pluie jusqu’au centre de la planète.

Toutefois, d’autres planètes plus massives peuvent engendrer des réactions encore plus extrêmes. Bien loin de notre étoile, à 1730 années-lumière de la Terre, se trouve Kepler-13Ab, une géante gazeuse six fois plus massive que Jupiter. Cette planète est aussi en orbite synchrone avec son étoile, ce qui veut dire qu’un côté fait perpétuellement face à l’étoile, alors que l’autre est dans l'obscurité permanente.

La température du côté éclairé peut atteindre jusqu’à 2700 degrés Celsius, assez pour vaporiser l’oxyde de titane qui y est présent et qui est aussi le principal ingrédient actif de la crème solaire.

De puissants vents transportent ensuite ce composé vers la face obscure, beaucoup plus froide, où l’oxyde de titane retombe alors sous forme de neige.

Il est à noter que les géantes gazeuses ne sont pas les seules planètes recevant une pluie particulière. Titan, la plus grande lune de Saturne, aurait des pluies de méthane. C’est aussi le seul endroit hors de la Terre qui possède un océan liquide à sa surface. Cette lune a été l’un des principaux sujets d’étude de la sonde Cassini, dont la mission a pris fin cette année.


6. UN PROGRAMME SECRET D'ÉTUDES EXTRATERRESTRES

Illustration stylisée d'un objet volant non identifié (OVNI) Photo : Shutterstock

Il existe des centaines de rumeurs de conspirations gouvernementales impliquant des ovnis, des extraterrestres et autres recherches secrètes à la CIA. Jamais ces rumeurs n’avaient été prises au sérieux, sauf par des scénaristes de science-fiction.

C’est pourquoi un grand nombre d’observateurs ont été renversés par les révélations faites par le New York Times et le Pentagone au mois de décembre. Entre 2007 et 2012, le Département de la Défense a étudié plusieurs vidéos et informations provenant de rencontres entre des militaires américains et des objets volants non identifiés.

Le programme en charge de cette étude, nommé l’Advanced Aerospace Threat Identification, recevait un financement de 22 millions de dollars sur 5 ans, une somme minuscule comparativement aux 600 milliards de dollars annuels que représente le budget total de la défense américaine.

Pour plusieurs acteurs de la communauté scientifique, l’existence de ces études est quelque chose de tout à fait légitime. Leur message a toutefois été unanime : l’explication ultime de ces phénomènes inexpliqués n’implique pas nécessairement des extraterrestres.

Selon l’astrophysicien Robert Lamontagne, intervenu sur le sujet à Midi Info et à 24/60, « il y a des tonnes de phénomènes qui sont d’origine atmosphérique ou météorologique et pour lesquels on n’a pas d’explication ».

Une possibilité mise de l’avant serait qu’il s’agit de l’essai de technologies inconnues par d’autres puissances autour du globe. Une situation similaire s’est produite en Europe au cours des années 80-90, alors qu’une vague de témoignages d’observations d’ovnis coïncida avec le moment où les États-Unis y testaient leurs avions furtifs.

Rappelons qu’il ne s’agit pas de la première étude du gouvernement américain sur le sujet. De 1947 à 1969, l’armée de l’air américaine a investigué sur plus de 12 000 observations de phénomènes inexpliqués. L’étude a conclu que la majorité des événements n’étaient produits que par des étoiles, des nuages ou des avions civils ou militaires. Malgré tout, 701 phénomènes demeurent, à ce jour, inexpliqués…

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