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Patinage artistique - Le commentaire d'Anik de Repentigny
Les dés pipés pour Salé et Pelletier?
 
Anik de Repentigny

10 février 2002 – C'est lundi soir que Jamie Salé et David Pelletier tenteront de devenir les premiers Canadiens depuis Barbara Wagner et Robert Paul en 1960 à remporter un titre olympique chez les couples en patinage artistique. La concurrence est toutefois féroce et la tâche sera difficile pour les champions du monde. Peut-être même plus difficile qu'il n'y paraît.

J'ai eu l'occasion de suivre le programme court, samedi, et je dois dire que les résultats m'ont laissée perplexe. Salé et Pelletier ont chuté en prenant la position finale de leur programme, mais il n'y a pas de déduction dans la note technique pour ce genre d'erreur. Les juges peuvent toutefois avoir pris cet accroc en considération dans la note de présentation et l'ont sûrement fait. Sinon je ne m'explique pas que les Russes Elena Berezhnaya et Anton Sikharulidze aient dominé les Canadiens... par sept juges à deux! Cinq à quatre j'aurais compris, tellement ces deux couples, qui ont chacun leurs forces, sont «égaux», mais là...

Neuf pays sont représentés sur le panel: Russie, Chine, États-Unis, France, Pologne, Canada, Ukraine, Allemagne et Japon. Samedi, les juges canadien et allemand ont placé Salé et Pelletier premiers, les autres ont préféré Berezhnaya et Sikharulidze. On peut aisément imaginer que, dans un programme libre où les deux couples de tête font un sans-faute, le vote canadien ira aux Canadiens et le vote russe aux Russes. Après tout, c'est ce qui s'est passé dans le court, où les deux couples ont réussi les 8 éléments techniques requis. Ce sont les autres pays qui m'inquiètent, particulièrement la Pologne, l'Ukraine et la France.

Les deux premiers parce qu'ils faisaient partie de l'ex-bloc de l'Est, qui a l'habitude de faire front commun en patinage artistique, comme ce fut le cas samedi. La France, parce qu'il y avait eu magouille européenne à Nagano pour que les danseurs français Marina Anissina et Gwendal Peizerat écartent les Canadiens Shae-Lynn Bourne et Victor Kraatz, pourtant troisièmes au monde à l'époque, du podium. L'«amitié» franco-russe existe en danse sur glace, pourquoi pas chez les couples? C'est ce que je crains...

Quatre juges sur neuf acquis à la cause des Russes, je trouve que ça laisse très peu de marge de manoeuvre à Salé et Pelletier.

Et puis la Russie détient le titre olympique depuis 1964. Un hasard vous croyez?

Se battre contre l'histoire et une certaine «tradition», c'est vraiment une très grosse commande...

Lundi soir, donc, surveillez bien les notes des juges russe, polonais, ukrainien et français. Si Salé et Pelletier devaient terminer deuxièmes malgré un sans-faute, vous aurez compris pourquoi.



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