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Adaptation pour Internet : DANIELLE BEAUDOIN

Émission du 26 septembre 2003

PARC-EXTENSION

Le portrait du quartier le plus multiethnique de Montréal, Parc-Extension. Chaque année, 40 000 nouveaux immigrants arrivent au Québec. Des milliers d'entre eux se retrouvent à Parc-Extension, un quartier de 2 kilomètres carrés où se côtoient plus de 75 communautés ethniques. Autrefois, c'était un quartier grec. Aujourd'hui, ils viennent surtout de l'Asie du Sud. Des sikhs originaires de l'Inde, des Pakistanais, des Sri-Lankais. Un quartier où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de la pauvreté, mais aussi une mosaïque culturelle devenue un attrait touristique.

Journaliste : Solveig Miller
Réalisateur : Roger Archambault

 

Dans les années 60, on appelait le quartier « la Petite Grèce ». Mais au fil des ans, les Grecs ont déménagé en banlieue et ils ne représentent plus que 23 % de la population de Parc-Extension. Le quartier abrite aujourd'hui des gens du monde entier. Le cinquième de la population vient de l'Asie du Sud. Un résident sur cinq est musulman.

Les rêves d'une vie meilleure

Parc-Extension est un lieu de passage. Tous les cinq ans, la moitié des résidents s'en vont. Ils sont remplacés tous les jours par les nouveaux arrivants. Ce quartier n'est donc que la case départ d'un trajet migratoire.

Samira vient tout juste d'immigrer au pays. Cette chirurgienne-dentiste d'origine marocaine espère refaire sa vie ici. Elle est arrivée avec sa fille et son mari et de maigres bagages. Elle et sa famille ont vécu à l'hôtel les premiers jours, puis un organisme communautaire leur a trouvé un logement à Parc-Extension. Un quartier qu'elle trouve calme, et où cohabitent les gens de différentes nations et religions.

« L'avenir, vraiment, c'est imprévisible. Je ne sais pas vraiment, je ne sais pas. Si on arrive à travailler, on n'aura aucun problème dans ce pays, mais sinon, il vaut mieux qu'on retourne chez nous. On se donne trois ou quatre ans. » - Samira

Les Usmani sont, quant à eux, désillusionnés. Ils sont à Montréal depuis deux ans et demi et leur rêve d'une vie meilleure s'est évanoui. Le diplôme d'ingénieur de Mohammed n'a pas été reconnu. Ils ont dépensé leurs économies. Ces Pakistanais viennent d'un milieu éduqué. Ils vivaient dans une grande maison qu'ils partageaient avec leur famille. Cette autre vie manque terriblement à Sayyada Huma, la femme de Mohammed.

Mohammed, lui, est amer. Il se sent pris au piège : « Le quartier est malsain. La ville n'est pas bonne et les gens... ils ont la même mentalité que dans notre pays. Plusieurs personnes de notre communauté vivent comme là-bas. Je ne trouve pas ce que je croyais trouver au Canada. Je ne vois pas la mentalité canadienne. »


Être dépaysé à Parc-Extension

Des jeunes du programme international du collège L'Assomption viennent passer la journée à Parc-Extension. Ils ont été invités par la communauté indienne du quartier. Les Sud-Asiatiques — les Indiens, les Pakistanais et les Sri-Lankais — représentent maintenant le cinquième de la population du quartier. Au cours de la journée, les élèves auront pris contact avec des réalités culturelles, sociales et économiques bien différentes de celles qu'ils connaissent. En visitant un temple hindouiste, ils ont découvert avec étonnement l'importance des lieux de culte dans la vie des Sud-Asiatiques. Ce temple accueille bon nombre de fidèles, les bénévoles y sont nombreux et les repas gratuits. C'est le point d'ancrage de la communauté.


Des visages du quartier

Dans Parc-Extension, les mariages organisés sont fréquents et les rapports policiers indiquent que le nombre de fugues de jeunes filles promises est en hausse. Les trois filles de la famille pakistanaise Sana sont arrivées au Québec il y a moins de deux ans. Elles étudient et aident leurs parents, qui tiennent un restaurant. L'aînée, Sadhia, accepte celui qu'on a choisi pour elle. Par contre, Sahima, 18 ans, ose remettre en question ouvertement la tradition et l'autorité paternelle. Elle ne veut pas d'un mari qui soit membre de la famille.
Nitty vient d'ouvrir un salon de coiffure. Elle est arrivée de l'Inde il y a un peu plus d'un an. Elle a fui une société qui l'étouffait : « Je suis monoparentale. Ici je peux mener ma vie comme je l'entends. Là-bas, c'était mon père ou, quand j'étais mariée, mon mari, ma belle-famille, qui prenaient les décisions pour moi. […] Ici, si vous êtes autonome, vous n'avez de comptes à rendre à personne. »

Mohan est sikh. Il a quitté l'Inde à 17 ans pour des motifs religieux et politiques. Il est arrivé à Toronto avec 150 $ en poche. Il est ensuite venu à Montréal. On lui a dit que la communauté sikh de Montréal l'aiderait beaucoup et qu'il y avait plus de célibataires ici qu'à Toronto. Le jeune sikh, aujourd'hui majeur, travaille à l'usine. On lui a refusé le statut de réfugié, mais il en appelle de cette décision. Son histoire est celle de milliers d'autres dans le quartier. Il souhaite s'intégrer à la société canadienne, tout en gardant sa culture indienne.


 

 

POUR VISIONNER
LE REPORTAGE

Première partie

Deuxième partie


POUR EN SAVOIR PLUS

Comité d'action de Parc-Extension

Profil socioéconomique de Parc-Extension
Un document de la Ville de Montréal - Novembre 2001 - Format PDF

Arrondissement Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension

Ville de Montréal



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