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Adaptation pour Internet :Danielle Beaudoin

Émission du 12 septembre 2003


LE COMBAT D'UNE MÈRE

Production : Sunset Presse, France

Depuis deux ans, elle se bat pour que son fils, accusé aux États-Unis d'avoir participé à l'organisation des attentats du 11 septembre, soit jugé de façon équitable. C'est le combat d'une mère, Aïcha Al-Wafi, pour renouer le dialogue avec son fils, Zacarias Moussaoui. Une équipe de Sunset Presse a suivi le voyage de cette femme, de sa banlieue de Narbonne, en France, jusqu'à Washington et Londres. Elle y a découvert les origines de la haine que nourrit son fils envers les États-Unis.

 

Mon fils, l'ennemi public numéro un

Narbonne, France, 28 mars 2002. Aïcha Al-Wafi apprend brutalement que son fils est accusé d'avoir conspiré des actes de terrorisme relatifs aux attentats du 11 septembre.« Je ne suis pas préparée à tout ça, je ne suis qu'une simple maman », dit-elle en pleurant, encore sous le choc, aux journalistes qui l'assaillent. Pour Aïcha, c'est l'incompréhension. Son fils, arrêté un mois avant les attentats du 11 septembre pour un visa expiré, est aujourd'hui l'ennemi public numéro un des États-Unis.

Divorcée à 22 ans, Aïcha a élevé seule ses quatre enfants dans le sud de la France. Elle leur a donné une éducation laïque. Pour Aïcha, ce furent des années de bonheur. Mais à l'âge de 25 ans, ses deux fils plongeaient dans l'intégrisme islamique.

« J'aurais aimé que mes enfants apportent quelque chose à la France, quelque chose de noble, de grand, de magnifique. Ils avaient fait des études pour ça. Non, il a fallu qu'ils aillent dans l'extrémisme, la haine, la peur, la guerre. Ils m'ont détruite » - Aïcha.

La lutte d'Aïcha

Zacarias Moussaoui est détenu dans la prison d'Alexandria, au sud de Washington. Conspiration d'actes de terrorisme, de piratage, de destruction d'avions, d'assassinat de personnel américain et d'utilisation d'armes de destruction massive : la liste des chefs d'accusation est longue. Lors des audiences préliminaires, en avril 2002, l'accusé nie avoir participé aux attentats, mais reconnaît être un guerrier de l'islam.

En juin 2002, Aïcha tente de rencontrer son fils en prison. Elle ne l'a pas vu depuis 5 ans. Pour Aïcha, le combat remplace l'abattement. Elle va tenter de défendre son fils de 34 ans contre lui-même. Elle est appuyée par Randall B. Hamud, avocat musulman de San Diego. Zacarias Moussaoui ne veut voir personne depuis de longues semaines. Elle veut le convaincre de coopérer avec les avocats.

« Ce foulard, il me l'a offert en 1997 quand il est venu me voir. Mais le foulard, on le porte si on a envie de le porter. Moi j'en ai pas envie. Moi mon islam, c'est à l'intérieur. » - Aïcha.

Son fils a refusé de la rencontrer cette fois-là; il se prépare à l'audience prévue sous peu. À cette audience, il récusera ses avocats. Aïcha finit par revoir son fils en présence de gardiens. Ils sont séparés par une vitre, filmés et enregistrés. Il refuse toujours l'aide des avocats et demande à sa mère d'abandonner la lutte, de ne plus parler ni aux avocats ni à personne.

Franck Dunhanm, avocat

Zacarias Moussaoui s'isole de plus en plus. Le ministère américain de la Justice a pourtant un budget de départ de 5 millions de dollars pour permettre à Zacarias Moussaoui de se défendre en cour. Franck Dunham est, paraît-il, le meilleur avocat commis d'office qu'aurait pu avoir l'accusé. Un homme réputé et respecté, un grand défenseur des droits de l'homme. Franck Dunham : « On lui a offert une bonne défense. Il l'a refusée, mais ce refus n'est peut-être pas le produit d'un esprit sain ».

Aïcha poursuit inlassablement ses efforts. Elle rencontre des avocats. Elle rencontre aussi la presse.

Réunions de famille

Nadia est la fille aînée d'Aïcha. À son avis, Aïcha a besoin de faire tout ça pour ne pas sombrer elle-même et ne pas se ronger de culpabilité. De son frère, elle dit : « Je crois qu'il n'a que ce qu'il mérite. Vivre sous la haine et la rancune. Ces gens-là sont dangereux et on ne les laisse pas dans la nature. En même temps ça me tue. Les souvenirs me reviennent et je me sens comme lui, enfermée comme lui, et je l'aime ».

Aïcha se réunit avec ses deux filles. Les deux sœurs ne s'étaient pas vues depuis cinq ans. L'aîné des frères a coupé tout contact avec ses proches. Cette famille déchirée cherche à comprendre les causes de ce plongeon des garçons dans l'intégrisme islamique. Le père des enfants, Omar Moussaoui, est montré du doigt. Un père absent. Un homme violent, qui battait femme et enfants. Après huit ans de vie commune, Aïcha l'a quitté, et les petits ont grandi sans le modèle d'un père. Selon Aïcha, les enfants ont essayé de trouver le père qui leur manque; ils ont plutôt trouvé des extrémistes.

Le 18 juillet 2002, nouveau coup d'éclat de Zacarias. Il plaide coupable. Mais il a droit à une semaine de réflexion. Le 22 juillet, il finit par plaider non-coupable.

Un pèlerinage à Londres et New York

Aïcha se rend à Londres, là où la vie de son fils a basculé dans l'intégrisme. Son fils s'est installé dans le quartier cosmopolite de Brixton, il y a une dizaine d'années. Il étudiait dans une école de commerce international. Il envoyait de temps en temps des photos à sa mère. Aïcha se rend à l'appartement où a vécu son fils. Elle va aussi à la rencontre de ceux qui, selon elle, ont causé la perte de Zacarias Moussaoui : les musulmans intégristes. Elle parle avec des jeunes, embrasés par la haine. Elle parle aussi avec Abou Amza, qui fut pendant plusieurs années le dirigeant religieux de la mosquée de Finsbury Park. Pour Aïcha, cet homme est celui qui a recruté son fils. Après la rencontre avec l'ancien moudjahidin, elle comprend pourquoi Zacarias a basculé dans l'intégrisme.

Aïcha se rend aussi à New York. Elle y rencontre des proches des victimes des attentats du 11 septembre 2001.

Le procès de son fils, qui devait avoir lieu en juin 2003, est repoussé à une date indéterminée. Aïcha n'abandonne pas la partie.

Un film de Thomas Johnson et Emmanuel François

En raison des droits d'auteur, ce reportage ne sera pas disponible sur Internet.


POUR EN SAVOIR PLUS

« 11 septembre: 2 ans de bouleversements »
Dossier de Radio-Canada.ca. Présente de nombreuses archives radio et télé sur le sujet.

« Les Recruteurs » Reportage de CBC diffusé à Zone libre le 13 septembre 2002, sur le réseau d'islamistes qui ont mené aux attaques du 11 septembre.

Fiche d'information sur Zacarias Moussaoui
Dossier de CBC News sur le terrorisme - « Target : Terrorism » - En anglais

« Le monde musulman face à la pression islamiste »
Dossier du magazine français L'Express

« Musulmans et citoyens du monde »
Une analyse des conséquences des attentats du 11 septembre sur les pays arabo-musulmans et le monde - Le Monde diplomatique - Octobre 2001

Les chefs d'accusation contre Zacarias Moussaoui
Document du FBI (en anglais) - Format PDF

 

 

L'émission Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche à 4 h et à 20h, ainsi que le lundi à 3 h.

 

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