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- Le prix du café -
Les épiceries nous offrent le choix entre des dizaines de sortes de cafés moulus. Valent-ils vraiment leur prix ? Un café plus cher est-il de meilleure qualité ? L’épicerie a enquêté sur le monde opaque et complexe de l’industrie du café.

Les grains de café se classent en deux grandes catégories: le robusta et l’arabica. Le robusta est plus amer mais coûte moins cher à produire. L’arabica a généralement un goût plus raffiné et sa culture est plus difficile. Il peut donc coûter jusqu’à trois fois plus cher que le robusta.

Peu d'information sur les emballages

Les emballages de café vendus en épicerie n’indiquent pourtant pas la sorte de café qu’ils contiennent. Souvent, on ne connaît même pas leur provenance. Chantale Hervieux, de la chaire de responsabilité sociale et de développement durable de l’UQAM: « C’est extrêmement difficile, pour un consommateur, de savoir exactement la qualité de ce qu’il y a dans sa tasse. »

Si on en sait si peu, c’est parce que les producteurs le veulent ainsi. Françoise Beaudet, consultante en marketing: « Les entreprises n’aiment pas que l’on puisse comparer d’une marque à une autre. […] Moins ils mettent d’information comparable, mieux c’est pour eux, mais pas pour le consommateur. La législation au Canada et au Québec n’est pas très exigeante. Elle ne nous oblige pas à dire d’où ça vient. »

Les cafés moulus que nous avons acheté en épicerie coûtaient entre 0,45 $ et 2,65 $ les 100 grammes. Comment expliquer ce grand écart de prix? Une chose est certaine, les prix payés à la Bourse ont peu d’influence sur les prix payés en épicerie.

Sur le prix final que vous payez pour le café, 34 % va au détaillant, qui le vend sur les tablettes, 60 % à ceux qui s’occupent du transport, de la torréfaction, et de la mise en marché, 3 % va à l’intermédiaire entre la compagnie et le producteur, et 3 % revient au producteur de la matière première.

Différentes sortes de café

Sur les tablettes, on trouve principalement trois types de cafés: celui des grands multinationales qui, grâce à leur immense pouvoir d’achat, peuvent acheter du café lorsque son prix est au plus bas (Proctor & Gamble, Kraft et Sara Lee), celui des torréfacteurs spécialisés, qui achètent généralement du café de meilleure qualité, beaucoup plus cher, et celui des marques maisons, pour lesquelles la qualité de même que le prix est variable (Nos compliments, Choix du Président, Sans Nom, les Irrésistibles de Sélection Mérite ou Great Value de Wal-Mart).

Le café est un produit fragile, et chaque étape ( cueillette, transformation et conservation) peut avoir un impact sur la qualité finale du produit. Mais à l’épicerie, rien ne nous indique quand le café a été torréfié ou depuis quand l’emballage est sur la tablette.

L'analyse en laboratoire

Est-ce qu’on en a toujours pour notre argent? L’épicerie a fait la vérification. On a fait analyser 15 échantillons de marques maison et de marques nationales, ainsi qu’un café équitable et quelques cafés de grands torréfacteurs. Ce sont les spécialistes du Coffee Lab international, un des rares laboratoires spécialisés dans l’analyse du café, situé à Waterbury, au Vermont, qui se sont penchés sur le taux d’humidité, la conservation, la couleur, la constance du goût et les analyses organoleptiques de nos échantillons.

Quatre marques ont obtenu des scores très bas. Folgers présentait un emballage déficient et Hills, un haut taux d’humidité. Le Maxwell House manquait de fraîcheur malgré un emballage adéquat. Le Mélange maison les Irrésistibles de Sélection Mérite était, selon nos experts, de très mauvaise qualité.

En ce qui a trait à leur goût, le président du Coffee Lab internationale, Mané Alves a trouvé qu’ils n’avaient pas une saveur douce et que l'amertume du Robusta prévalait.

Sept de nos cafés ont été classés comme moyens. Le goût du café Equita, du Moka crème Irrésistible et du café Sans nom était éventé. Le Choix du président et le Melitta Traditionnel avaient une odeur de fermentation. Le café Van Houtte 100 % colombien a fait meilleure figure, mais son goût n’était pas à la hauteur d’un café de spécialité; par contre, il était bien torréfié.

Le mélange maison de Van Houtte, le Great Value de Wal-Mart et le café Tim Horton’s ont été qualifiés de bons. Mané Alves: « Cela veut dire que ce sont des cafés uniformes, sans défaut, bon au goût mais sans avoir les caractéristiques d’un grand café en particulier puisqu’on n’ arrive pas à déterminer leurs provenance. »

Le café colombien brun 100 % arabica de marque Nos compliments a été jugé très bon. Mané Alves: « J’aime beaucoup ce café. Il a gardé toute sa saveur même si ça fait plus de deux heures qu’il est dans la tasse et qu’il est devenu froid. »

Reste à savoir si la qualité serait la même lors d’un prochain achat.

Lorsqu’on compare les prix, juste dans le groupe de nos meilleurs cafés on constate une forte variation de prix. On passe de 0,81 $ (Great Value de Wal-Mart) à 2,57 $ les 100 grammes (Mélange maison de Van Houtte). C’est trois fois plus. Et il y a de cafés encore plus chers qui se sont moins bien classés. Alors, y a-t-il un lien entre le prix et la qualité du café? À la lumière des résultats, on peut dire que non.

Idéalement, il faudrait acheter du café fraîchement torréfié, mais aucun emballage n’indique la date de torréfaction. Choisissez donc un endroit où on vend beaucoup de café, ou si possible, achetez-le en grains, qui préservent mieux la saveur. Une fois à la maison, conservez-le dans un contenant hermétique à l’abri de la chaleur.



 [Le prix du café]


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