Tout le monde en parlait, mardi 19 heures 30

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L'animatrice Anne-Marie Dussault
Anne-Marie Dussault

UN RETOUR SUR DES DÉBATS QUI ONT PASSIONNÉ L’OPINION PUBLIQUE EN COMPAGNIE DES PERSONNALITÉS QUI LES ONT INCARNÉS
[ Archives - juillet 2007 ]

Au temps des ciseaux

(31 juillet 2007) - Il fut un temps, au Québec, où tout film devait passer par la censure avant d’être projeté en public. Le Bureau de censure des vues animées décidait de ce que le bon peuple pouvait voir et coupait allègrement toute scène jugée contraire à la morale publique.

Le crime et la violence, mais surtout la nudité et toute allusion à l’amour hors des liens du mariage, étaient proscrits. Aucune moquerie au sujet du clergé n’était tolérée. En 50 ans, plus de 6000 films ont ainsi été refusés ou charcutés pour garder intacte la morale des Québécois.

En l967, le Bureau de censure est devenu le Bureau de surveillance, et son rôle s’est limité à classer les films par catégories d’âge. Mais les vieux réflexes ne sont pas disparus pour autant. L’escouade de la moralité n’a pas tardé à prendre la relève, partant à la chasse des films immoraux.

En 1960, le psychanalyste André Lussier publie dans Cité Libre un texte percutant qui sonne le glas de la censure. Il explique ce qui l’a poussé à dénoncer les règles établies. Pierre Juneau, fondateur du Festival international du film de Montréal, évoque les préjugés de l’époque. Maurice Leroux, membre du comité d’étude sur la censure mis sur pied par le gouvernement Lesage, décrit les obstacles pour en arriver à l’abolition des ciseaux. Le censeur Gilles Desruisseaux raconte comment la crise d’Octobre a provoqué des remous même dans les salles de cinéma. Enfin, Roger Cardinal, réalisateur d’Après-ski, raconte ses déboires avec les autorités politiques et religieuses.

Un reportage du réalisateur Robert Verge et de la journaliste Louise Beaudoin.
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La révolte des étudiants

(24 juillet 2007) - 1968 est une année de grande effervescence dans le milieu de l’enseignement. Les étudiants du Québec déclenchent la grève. Les trois-quarts des cégeps sont paralysés, certains sont occupés. Bientôt, le mouvement s’étend à l’ensemble des universités.

Les préoccupations des étudiants vont de la guerre du Vietnam au manque de place dans les universités québécoises, de l’absence de débouchés sur le marché du travail à la contestation de l’autorité dans l’enseignement. On proteste, on réfléchit et… on fait la fête.

Claude Charron, Louise Harel, Gilles Duceppe et Louise Vandelac, alors leaders étudiants, ont mené ce vaste mouvement de protestation. Bernard Landry, alors fonctionnaire au ministère de l’Éducation, négociait avec eux pour le gouvernement. Tous ont accepté de revenir sur cette année tumultueuse.

Un reportage de la réalisatrice Johanne Ménard et du journaliste Yvan Lamontagne.



La rivière Jacques-Cartier

(17 juillet 2007) - En 1972, Hydro-Québec projetait d’aménager l’une des plus belles rivières de la province, la Jacques-Cartier, située non loin de Québec. Mais un mouvement populaire sans précédent a forcé la société d’État à renoncer à son projet. De plus, il a entraîné la création du parc provincial de la Jacques-Cartier.

Le réputé biologiste Jean Bédard, l’un des principaux artisans de cette lutte, Paul Laurent, relationniste d’Hydro-Québec à l’époque, et Claude Simard, ministre du Tourisme dans le cabinet Bourassa, nous rappellent ce combat environnemental qui a créé un précédent.

Un reportage du réalisateur Alain Abel et du journaliste André Bernard.



La lutte des femmes (1964-1975)

(10 juillet 2007) - Les Québécoises reviennent de loin! En 1961, alors que Claire Kirkland devient la première élue à l’Assemblée nationale, elle doit demander à son mari de contresigner son bail à Québec. À cette époque, une femme ne peut même pas faire admettre son enfant à l’hôpital sans le consentement de son mari.

Jusqu’en 1971, les femmes du Québec ne pouvaient être jurées. Nicole Thérien, une militante, nous explique comment elle a profité du procès de Paul Rose pour manifester en cour contre cette pratique discriminatoire. Avec ses complices, elle a payé le gros prix pour ce geste d’éclat : un mois de prison.

Monique Bégin, qui sera plus tard ministre fédérale de la Santé, a participé, en 1966, à la création de la Fédération des femmes du Québec.

Toutes rappellent le combat des femmes pour sortir de la « grande noirceur » malgré la résistance d’une part substantielle de la population masculine attachée à ses valeurs conservatrices, comme en fait état Guy Fournier, alors auteur à la télévision.

Invités:
  • Claire Kirkland
  • Nicole Thérien
  • Monique Bégin
  • Guy Fournier

    Un reportage du réalisateur Bernard Laroche et du journaliste André Bernard.



    L’expropriation du parc Forillon

    (3 juillet 2007) - En 1969, le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec s’entendent pour la création d’un parc national en Gaspésie, le parc Forillon, qu’on décrit comme le fer de lance du développement de la région.

    Dès 1970, le gouvernement entreprend une vaste opération d’expropriation. Quelque 1800 propriétaires sont touchés, 1200 bâtiments sont démolis ou brûlés.

    Obligés de quitter le territoire qu’ils occupent depuis des générations et outrés du montant dérisoire qu’on leur offre pour leurs biens, certains propriétaires résistent. Un jeune avocat de Gaspé prend leur défense devant les tribunaux. La cause se rend jusqu’en Cour d’appel, où une centaine de familles viennent témoigner du harcèlement et du traitement injuste dont ils ont été victimes durant ce qu’ils appelleront une « deuxième déportation ».

    Cinq ans plus tard, les tribunaux leur donneront finalement raison et exigeront des dédommagements bien supérieurs à ce qu’on leur avait offert initialement. La bataille de Forillon entraînera des changements majeurs à la Loi sur les parcs nationaux qui permettra dès lors la présence d’occupants sur le territoire des nouveaux parcs, sous certaines conditions.

    Invités:
  • Lionel Bernier, avocat des expropriés
  • Robert Marois, premier directeur du parc Forillon
  • Robert Fournier, responsable des expropriations pour le ministère des Travaux publics du Québec
  • des expropriés

    Un reportage du réalisateur Alain Abel et du journaliste André Bernard.




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