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- Victimes de vol d'identité -

13 février 2007 - Quand un fraudeur réussit à corrompre un employé d'une institution financière pour obtenir des renseignements personnels sur des clients, les vrais problèmes commencent. Cela mène au vol d'identité. Se sortir des conséquences de ce genre de crime n'est pas une sinécure, car les commerces et les institutions financières qui sont victimes de fraude au nom d'un client ne veulent pas perdre d'argent.

Réalisateur-journaliste : Jacques Taschereau


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Annick et Eric ont vécu toute une histoire le printemps dernier. Eric a d’abord reçu un appel de la police l’informant que quelqu’un avait volé son identité et qu'il se faisait passer pour lui. Dans les jours qui ont suivi, il a reçu une lettre de la Banque TD.

Le document disait qu’il avait contracté des prêts et qu’il devait presque 12 500 $ sur des comptes qu’il n’avait jamais ouverts. En fait, Eric n’avait jamais fait affaire avec la Banque TD. Des fraudeurs avaient pris une marge de crédit à son nom et l’avaient vidée. L’institution financière exigeait qu’Eric la rembourse.

La Banque TD a même confié l’affaire à ses avocats, qui menaçaient de poursuivre Eric. Au bout de plusieurs semaines de démarches, elle a reconnu qu’Eric n’a jamais mis les pieds à la Banque TD et qu’il ne lui devait rien.

L’histoire se répète

L’histoire ne s’arrête pas là. L’automne dernier, c’est au tour d’Annick. Elle reçoit une lettre de la CitiFinancière lui disant qu’elle avait acheté pour 2800 $ de marchandises de Dumoulin Électronique

« Je me suis creusé la tête et je me suis dit: ''Nous n’avons pourtant rien acheté chez Dumoulin Électronique''’. Et là, j’ai cliqué tout de suite et je me suis dit: ''Ça y est, c’est la même affaire!'' »

Annick passe la journée au téléphone. En plus des 2800 $ dépensés chez Dumoulin Électronique, une marge de crédit de 25 000 $ a été ouverte à son nom à la Banque Royale.

Après plusieurs démarches, les entreprises ont admis que ce sont des fraudeurs qui ont contracté ces dettes. Des fraudeurs qui ont empoché 40 000 $ en se faisant passer pour le couple, simplement avec les noms, numéros d’assurance sociale et dates de naissance d’Annick et Eric.

Où les fraudeurs se sont-ils procuré ces renseignements personnels ?

« Les banques, Revenu Québec, répond Annick. Ce sont à peu près les seuls endroits où nos données sont vraiment combinées et que c’est facile de les obtenir pour nous deux. »

Une taupe, 16 000 victimes

Se peut-il que les renseignements personnels que les gens confient aux gouvernements et aux entreprises privées se retrouvent entre les mains du crime organisé?

Capitaine Michel Forget
Le 20 juin dernier, la Sûreté du Québec tenait une conférence de presse. Son Service des enquêtes sur les crimes économiques annonçait le démantèlement d’un réseau organisé de fraudeurs.

« C'est un réseau qui opérait à partir de Montréal. Il avait infiltré une taupe dans une grande institution financière, explique le capitaine Michel Forget. Cette taupe avait accès à des informations qui permettaient aux faussaires de reproduire des cartes bancaires de différentes institutions. »

Le fonctionnement du réseau reposait sur la complicité d’un seul employé de banque. Quelque 16 000 consommateurs ont été touchés.

La responsabilité des entreprises

Selon Michel Forget, les entreprises privées doivent maintenant prendre leurs responsabilités.

« Aujourd’hui, au lieu d’être dans une voûte, l’argent est dans un ordinateur. La voûte était sécuritaire, il faut maintenant sécuriser l’ordinateur et tous ceux qui l’utiliseront. »

« Elles essaient toujours de rejeter la faute sur nous. Elles nous demandent toujours si nous avons bien déchiqueté nos papiers, si nous les avons laissé traîner, si nous avons perdu notre portefeuille, et patati! Et patata! » souligne Annick en parlant des entreprises privées.

« En réalité, ce n’est pas le cas, poursuit-elle. Nous déchiquetons nos papiers, nous ne perdons pas nos portefeuilles. C’est facile de rejeter la faute sur le consommateur quand l’information sort probablement des entreprises. »

En conclusion

Un des fraudeurs impliqués dans le vol d'identité d'Annick et d’Eric a été arrêté à Hamilton en Ontario. Il tentait d'ouvrir un compte de banque sous une autre identité volée. Il a avoué aux policiers qu'une taupe à l’emploi d’Equifax Canada lui vendait les renseignements qu'il utilisait. L'employé en question ne travaille plus pour Equifax Canada. Il est en fuite et la police le recherche.

 

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