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- Alberta: la ruée vers l’or noir -
Une véritable frénésie de l’or noir s’est emparée de la petite ville de Fort McMurray, située à 500 kilomètres au nord d’Edmonton. Sa population a pratiquement doublé en une dizaine d’années, atteignant aujourd’hui 61 000 résidents. Séduits par la surabondance d’emplois et les salaires élevés, ils viennent de partout à travers le monde, et aussi du reste du Canada.
Au nord de Fort McMurray
La croissance ne devrait pas s’arrêter là. Selon les projections des autorités municipales, 100 000 personnes vivront à Fort McMurray en 2010.

Deux millions de barils de pétrole seront alors produits chaque jour, contre un million à l’heure actuelle. On prévoit qu’en 2020, on produira 3 millions de barils par jour. Ces millions de barils proviennent des carrières de sable bitumineux juste au nord de Fort McMurray, qui constituent les deuxièmes gisements de pétrole en importance au monde après l’Arabie saoudite.

Beaucoup de travail

Avec un salaire moyen frôlant les 91 000 $ et où un seuil de la pauvreté se situant à 60 000 $, Fort McMurray a de quoi faire rêver les Québécois. Valerie Lizotte a quitté Matane, sa ville natale, il y a 6 ans pour venir tenter sa chance en Alberta. Agente de développement à l’Association canadienne française de l’Alberta, elle aide maintenant les nouveaux arrivants francophones qui débarquent par trentaine dans son bureau tous les mois. Trop souvent, ils arrivent sans aucune préparation et leurs attentes sont élevées.

« Ils veulent 24 jours d’affilée, 12 heures par jour, temps double quand ils font du temps supplémentaire et tous frais payés. Ils ont laissé la famille au Nouveau-Brunswick ou au Québec et c’est pas ca qu’ils veulent, ce qu’ils veulent, c’est faire de l’argent. »

Daniel Hébert, comme de nombreux Acadiens, a quitté son village, car il y avait peu de travail pour lui. Depuis six ans qu’il est à Fort McMurray, il a fait venir des dizaines d’ouvriers du Nouveau Brunswick. Cela n’a jamais été difficile de les convaincre. En travaillant toute l’année, on peut gagner plus de 100 000 $. Un soudeur obtient entre 1 200 $ et 1 500 $ quotidiennement.

Avec les gros salaires, viennent les grosses dépenses. Dans cette ville qualifiée de boom-town, la demande en logement dépasse largement l’offre. Trop à l’étroit entre ses deux rivières, la ville peut difficilement s’étendre et construire. Résultat: les prix explosent à tel point que Fort McMurray est aujourd’hui la ville où il en coûte le plus cher pour se loger au Canada.

Quand on ne vit pas en ville, on choisit les camps, à proximité des chantiers où on est nourri et logé par l’employeur. Plus de 10 000 ouvriers y ont élu domicile. Comme partout ailleurs dans la région, la journée de travail commence tôt le matin et ne se termine qu’en début de soirée.

Pas d’argent pour les services et les infrastructures

Québécois d’origine, Éric Larouche est venu dans l’Ouest pour enseigner il y a 14 ans. Aujourd’hui, le directeur de l’école francophone de Fort McMurray arrive difficilement à trouver des enseignants pour son école. Avec un salaire de départ de 48 000 $ par année, un professeur à Fort McMurray se situe bien en-deçà du seuil de pauvreté. Mais ce n’est pas là son plus grand souci. Il s’inquiète surtout pour ses élèves, des enfants déracinés, parfois aux prises avec des problèmes de dépression dès la sixième année.

On pourrait penser que, dans une ville où l’argent coule à flot, l’hôpital roule sur l’or. Rien de moins vrai. L’hôpital croule sous une dette de 10 millions de dollars, manque de personnel et d’équipement. C’est qu’il ne reçoit des fonds que pour la population résidente de Fort McMurray, pas pour les gens qui habitent dans les camps. Un médecin voit entre 80 et 120 patients par 12 heures.

Ce n’est pas tout le monde qui profite de la manne de l’or noir à Fort McMurray. Comme tout autre ville, elle a son lot de laissés pour compte. Sauf qu’ici, en baignant dans l’argent, les gens sont un peu plus enclins à l’excès, aux problèmes de drogue et d’alcool.
Ce ne sont pas les prix des marchandises qu’on affiche mais bien le taux horaire offert.

Ironiquement, cette région, qui est assise sur le tiers des réserves pétrolifères mondiale et qui s’attend à des investissements privés de l’ordre de 100 milliards de dollars dans la prochaine décennie, est dans le rouge. La ville n’a pas l’argent nécessaire pour refaire une infrastructure vieille de 30 ans, qui flanche régulièrement.

On anticipe une croissance tout aussi démesurée pour les 10 années à venir, alors qu’on vise à tripler la production de pétrole dans cette région. Une croissance qui justifiera encore plus le surnom de Fort McMurray qui est Fort McMoney.

Journaliste: Hélène Courchesne
Réalisateur: Léon Laflamme




 [Alberta: la ruée vers l’or noir (1re partie)]

 [Alberta: la ruée vers l’or noir (2e partie)]

 [Alberta: la ruée vers l’or noir (3e partie)]

 [Une campagne pour déboulonner l'image de Fort McMurray]

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Association canadienne-française de l'Alberta





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