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2001 à juin 2004


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- La voix d’Yvonne Pierron -
Soeur Yvonne Pierron
Sœur Yvonne Pierron en a long à dire sur la dictature des années 70 en Argentine. Deux de ses compagnes des Missions étrangères françaises, Alice Domon et Léonie Duquet, ont été kidnappées par des sbires de la dictature militaire argentine. Elles ont été torturées et assassinées. Yvonne Pierron était la prochaine sur la liste. Elle a pu s’échapper.

Une équipe d’Enjeux a rencontré Yvonne Pierron et d’autres témoins de cette période noire de l’histoire argentine.

Pour avoir « collaboré avec les terroristes »

Dans les années 70, sous la dictature, tous ceux, qui comme les trois religieuses françaises, s’occupaient des pauvres dans les quartiers défavorisés étaient soupçonnés de collaborer avec la guérilla. C’était l’époque des rafles systématiques et arbitraires. De 1976 à 1983, 30 000 personnes ont été assassinées. La plupart ont disparu et n’ont jamais été retrouvées.

Les trois sœurs françaises n’en étaient pas à leur première rencontre avec les militaires. Une fois avant, Yvonne Pierron et ses compagnes ont été détenues et interrogées pendant plusieurs heures. Sœur Yvonne a même été gardée plus longtemps, pour 24 heures. Elle a pensé que c’était la fin, nous dit-elle aujourd’hui.

L'École des mécaniciens de la marine
Dans ce reportage, sœur Yvonne raconte notamment sa rencontre avec le tristement célèbre capitaine Astiz, grand tortionnaire de la dictature argentine. C’est lui qui a fait arrêter les sœurs françaises. Elles ont été détenues à l'École des mécaniciens de la marine. C'était le principal centre de torture de Buenos Aires. Aujourd'hui, on veut en faire un musée à la mémoire des disparus.

Après les enlèvements, sœur Yvonne a quitté l’Argentine en catastrophe pour Paris. De son exil, elle a mobilisé la communauté internationale contre la dictature argentine.

Encore aujourd’hui, les anciens militaires continuent de justifier les actes commis sous la dictature. En ce qui concerne les deux religieuses françaises, ils n’en démordent pas. Elles collaboraient avec des organisations terroristes, disent-ils.

Lutter pour la justice, inlassablement

Soeur Yvonne buvant son maté
À 77 ans, Yvonne Pierron continue d’aider les plus pauvres. Elle vit dans la province de Missiones, dans une région reculée de l'Argentine, où elle a fondé un foyer pour les jeunes qui habitent trop loin de l’école. Elle veut y finir ses jours, près des paysans qu'elle aime tant.

Comme elle s’inscrit dans le courant de la théologie de la libération, cela la prive de l'aide de l'Église. Elle est réputée pour sa détermination. Elle est prête à cogner à toutes les portes, à faire toutes les démarches, sans abandonner, pour aider les pauvres de sa communauté. Sœur Yvonne: « C’est mon devoir de lutter avec eux. […] Ils savent bien que je ne vais pas me taire, que je vais continuer ».

Journaliste: Jean-Michel Leprince
Réalisateur: Georges Amar




 [Regardez le reportage (1re partie)]

 [Regardez le reportage (2e partie)]

Hyperliens
« Décoration de la soeur Yvonne »
Communiqué de l'Ambassade de France en Argentine - juillet 2005

Message du président de la France pour les obsèques de soeur Léonie Duquet
Site de l'Ambassade de France en Argentine - 25 septembre 2005

« Soeur Léonie Duquet repose à l'endroit de son arrestation »
Article publié dans le Petit journal - 28 septembre 2005





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