Les caprices d'un troupeau (reprise)
Reporter réalisateur :
Eddy Verbeeck
4 janvier 2004

Les premiers élevages de chèvres Angora en Amérique datent de 1849.


L'élevage au Québec

La ferme des Lanteigne, située à Bécancour, compte 70 chèvres de race angora, principalement des femelles.

«La chèvre angora est un animal élevé partout dans le monde pour le mohair. Le mohair n'est pas une laine, mais un cheveu. La laine est seulement produite par les moutons. Le mohair, quant à lui, est seulement produit par la chèvre angora. » Donald Lanteigne, éleveur

Donald Lanteigne a commencé son élevage il y a 23 ans. Dans les années 1970, le retour à la terre était dans l'air du temps. Un jour, il est parti au Texas avec un autobus scolaire et y a ramené un troupeau de chèvres angoras pur sang.

D'autres se sont lancés dans l'aventure, mais peu ont persévéré. Sur la trentaine d'élevages qui existaient au milieu des années 1980, il n'en reste que six ou sept.

«Le Québec est grand. Nous n'avons pas beaucoup de contact et nous ne trouvons pas de marché puisque cette production n'est pas reconnue comme étant établie par le ministère.» Donald Lanteigne

«La chèvre est capricieuse et espiègle. Il faut avoir une sensibilité pour déceler les choses qui ne vont pas. Les femmes ont plus de flair que les hommes pour ça.»
Donald Lanteigne


Les soins...

La chèvre angora est un animal facile à élever. Elle est majoritairement élevée par des femmes parce qu'elle est docile. Donald Lanteigne se dit heureux de pouvoir compter sur sa femme et sa fille pour mieux saisir l'humeur des bêtes.

«La chèvre est capricieuse et espiègle. Il faut avoir une sensibilité pour déceler les choses qui ne vont pas. Les femmes ont plus de flair que les hommes pour ça.» Donald Lanteigne

Pour maintenir les animaux en santé, les soins sont nombreux. Sujettes aux vers, les chèvres doivent être vermifugées. Il faut les traiter une fois par mois.

Les ongles doivent être coupés régulièrement. Il faut aussi entretenir la toison jusqu'à la tonte, qui a lieu au printemps et à l'automne.

«La fibre de mohair est une fibre de luxe, de qualité et de mode. Pour récolter le mohair, il faut de bonnes installations. Il faut que la toison soit propre et il faut nettoyer l'endroit où les chèvres se couchent.» Donald Lanteigne

«Le mohair se vend 20 fois plus cher que la laine.»
Donald Lanteigne


La transformation du mohair...

Lorsque l'hiver s'installe, les chèvres sont confinées dans les bâtiments pour au moins six mois. Les femelles donnent alors naissance aux chevreaux.

À l'âge de six mois, ils seront tondus pour la première fois, ce qui donnera le kid-mohair, le plus doux des mohairs.

Pendant cette période de maternité, se sont les femmes qui occupent la chèvrerie.

À l'été, les chèvres retrouvent l'air frais. Les Lanteigne peuvent alors amorcer le long processus de transformation : nettoyage, lavage, dégraissage, cardage et peignage, puisque le mohair est une fibre longue.

Cependant, plusieurs de ces opérations sont données en sous-traitance. Le mohair revient à l'atelier sous forme de bobines. On en trouve deux à trois fils, teints de différentes couleurs.

«On s'est vite aperçu qu'il fallait faire des produits finis pour être rentable.» Marie-Josée Lanteigne


Le produit fini du mohair est une fibre très lustrée. On l'appelle parfois la soie du Nord.



HYPERLIENS

Syndicats des producteurs de chèvres du Québec (UPA)

Éleveurs de chèvres angora

La Ferme du Mohair

L'Angélaine : la passion du mohair




 


Un peu d'histoire...


Mukhayyar:"celle qui est choisie la plus belle"!

C'est de ce verbe arabo-persan que prend naissance le mot mohair, nom de la toison immaculée de la chèvre angora.

Connue 2 000 ans avant J.C. au Tibet, c'est au 11ème siècle de notre ère que cette chèvre s'installe en Turquie, dans la province d'Angora (de nos jours Ankara).

C'est là que s'est développé le premier artisanat du mohair.

Sa brillance, son élasticité, son confort et la beauté de ses couleurs séduisent les sultans et font sa renommée.

Il y a une vingtaine d'années, la chèvre à la toison somptueuse s'est installée dans les fermes de France.

Elle a fait une entrée tardive en Amérique, puisque les premiers élevages ne datent que de 1849.

Source: La chèvre angora

 

Visionnez notre reportage «Les caprices d'un troupeau».