Radio-Canada.ca/Nouvelles
Reportage au Point
Le lundi 5 mai
Les pêcheurs de crabes refusent de prendre le large
.
 

Quelque 123 propriétaires de chalutiers réunis à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, ont décidé à l'unanimité, lundi, de ne pas entamer leur saison de pêche au crabe des neiges. Les pêcheurs des provinces atlantiques, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine protestent contre la décision du ministère des Pêches de réduire les quotas de pêche de 22 000 tonnes de crabe l'an dernier à 17 000 cette année. 15 % de ce quota devra aussi être partagé avec les autochtones et les pêcheurs côtiers.

 

Écoute du reportage et des entrevues avec Joël Gionet et Ron Cormier
Format WindowsMedia

 

 

Un calme fragile régnait, lundi, dans la Péninsule acadienne, après les émeutes du week-end à Shippagan. Des protestaires ont incendié dans le port de cette ville quatre bateaux de pêche destinés aux autochtones. Ils ont aussi mis le feu à une usine de transformation des produits de la mer, privant de travail les employés de ces usines. Les dommages sont évalués à plusieurs millions de dollars. Selon la police fédérale, 250 individus auraient participé au saccage. L'accès aux quais de Shippagan demeure interdit.

 

 


En fin de journée, lundi, le ministre des Pêches du Canada, Robert Thibault, s'est cependant dit prêt à négocier une augmentation des quotas en échange de la participation des pêcheurs à un programme de conservation du crabe. 4000 tonnes de crabe pourraient encore être allouées sans risquer d'épuiser la ressource, a ajouté le ministre, qui n'a pas précisé s'il entendait se rendre dans les Maritimes dans les prochains jours. Ces propos redonneront peut-être un peu d'espoir aux 3000 travailleurs des usines de transformation pour qui le boycott rime avec chômage.

 

 


Le crabe des neiges suscite la convoitise. Depuis le début de la pêche commerciale au crabe dans les années 1960, le marché s'est développé pour devenir un des plus lucratifs après celui du homard. En 2002, la valeur des prises au débarquement pour tout l'Atlantique s'élevait autour de 400 millions de dollars. Dans le sud du golfe St-Laurent, environ 130 pêcheurs de crabes se partagent traditionnellement la ressource. On les appelle les pêcheurs traditionnels. Depuis quelques années, leur monopole est de plus en plus contesté.

En 1992, le gouvernement fédéral impose le premier moratoire sur la pêche à la morue, soulevant ainsi la colère des pêcheurs de poissons de fond. L'effondrement de la pêche à la morue viendra mettre une pression nouvelle sur les pêcheurs de crabes. Les morutiers, qui ont perdu leur gagne-pain, réclament pour compenser leurs pertes un accès à la pêche au crabe des neiges. La convoitise vient également des pêcheurs de homard et de hareng qui veulent augmenter, eux aussi, leurs revenus. Jusqu'au début des années 2000, le partage des quotas de crabes se faisait selon les revenus des pêcheurs dits traditionnels. On donnait l'excédent des quotas aux autres pêcheurs lorsque les pêcheurs traditionnels récoltaient plus de 500 000 dollars en revenus anticipés. Or, cette année et pour les trois prochaines années, c'est le ministre des Pêches qui tranche.

 

 


HYPERLIENS

 

 

 

 



.
 
Équipe         Envoyez-nous vos commentaires         Recevez Le Point par courriel
.