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Reportages au Point
25, 26 et 29 juillet
La Journée mondiale de la jeunesse
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- Historique de la JMJ -

Dans sa vision du monde et de l'Église, le pape a toujours réservé aux jeunes une place de premier choix. Pour Jean-Paul II, et il l'a dit dès la première journée de son pontificat, c'est sur la jeunesse que reposent l'avenir du monde et l'espérance de l'Église.

Comment expliquer un phénomène comme les JMJ ?

L'émission Second Regard a demandé à la firme de sondage CROP de sonder la foi de 500 jeunes Canadiens, des jeunes âgés entre 16 et 35 ans, l'âge des jeunes qui participent aux JMJ.

  • Est-ce que les jeunes croient en Dieu ?

77 % des jeunes au Canada croient en Dieu. Mais s'il y a un bémol, il vient du Québec, où 27 % des jeunes affirment ne pas croire en Dieu.

  • Dieu est-il présent dans la vie des jeunes ?

Les deux tiers des jeunes au pays vous diront que Dieu est présent ou même très présent dans leur vie. Mais au Québec, c'est un jeune sur deux pour qui Dieu est peu ou pas du tout présent dans sa vie.

  • Est-ce que les jeunes d'aujourd'hui sont présents au rendez-vous hebdomadaire à l'église ?

Notre sondage nous apprend qu'à l'extérieur du Québec, il y a encore un jeune sur cinq qui est toujours présent au rendez-vous à l'église. Mais là où la désertion se fait le plus sentir, c'est au Québec : il ne reste plus que 4 % des jeunes qui vont à la messe tous les dimanches.

  • Quelle importance a la religion dans leur vie ?

Quatre jeunes Canadiens sur dix disent que ces dernières années, leur pratique et leur croyance sont devenues de plus en plus importantes dans leur vie. Et les jeunes Canadiens prient : 54 % d'entre eux le font régulièrement.

  • Quel leader spirituel inspire le plus d'admiration aux jeunes Canadiens : Jean-Paul II ou le dalaï-lama ?

On aurait pu s'attendre à ce que ce soit le dalaï-lama, parce que 60 % des jeunes Canadiens, 80 % des jeunes Québécois, nous disent que Jean-Paul II n'a à peu près pas d'impact dans leur vie. Néanmoins, Jean-Paul II est deux fois plus populaire que le dalaï-lama aux yeux des jeunes Canadiens.

source : Second regard

Très rapidement, il s'est adressé aux jeunes en leur disant : « Vous êtes mon espérance, vous êtes l'espérance de l'Église ». Et il est certain que le pape, qui avait de grands désirs d'évangélisation, de nouvelle évangélisation pour l'Europe, pour le monde, et de renouveau, a voulu s'appuyer sur le dynamisme et le radicalisme des jeunes, qui ont toujours une soif d'absolu très grande. Le monde a besoin de témoignages de la lumière. Le monde a besoin de ces grands rassemblements de jeunes, parce que qu'est-ce qu'on voit dans ces grands rassemblements, c'est une école de prière, c'est une école d'espoir, c'est une école de paix, c'est une école de dialogue pour la justice. Et sans la justice, sans la paix, sans le dialogue, à quoi ça sert d'être dans le monde aujourd'hui?

Les Journées mondiales de la jeunesse sont nées sous le frémissement des rameaux. En 1984, l'idée naît d'organiser un rassemblement mondial des jeunes. L'année suivante, Jean-Paul II les invite à revenir à Rome pour le dimanche des rameaux. Puis le pape prend lui-même le bâton du pèlerin. Tous les deux ans, durant l'été, il a rendez-vous avec une marée humaine dans les plus grandes villes du monde.

En 1985, ils étaient 250 000 à répondre au premier appel du pape. En 1987, il prêche l'amour et la liberté en Argentine. En 1989, il a rendez-vous avec 800 000 jeunes en Espagne. En 1991, il les reçoit dans son pays natal, la Pologne. En 1993, il réunit 600 000 jeunes à Denver, au Colorado. En 1995, aux Philippines, il est au centre de l'un des plus gros rassemblement humain de l'histoire : 4 millions de personnes. En 1997, c'est la surprise à Paris : 1,5 million de jeunes. Et enfin, pour l'année jubilaire, en l'an 2000, ils seront 2 millions à faire le pèlerinage à Rome, la ville éternelle. Pour marquer cette fête de la jeunesse, Jean-Paul II a remis aux jeunes une croix, symbole de mort et de résurrection. Pour le pape, Jésus est la vraie star des JMJ.

Tous ces rassemblements nécessitent une organisation imposante. Ce sera la troisième présence de Jean-Paul II au Canada et probablement sa dernière participation aux JMJ. Le grand maître d'œuvre de la rencontre internationale des jeunes en terre canadienne est le père Thomas Rosica.

Comme thème de cette semaine de rassemblements et de prières, le pape a choisi une phrase clé du sermon de Jésus sur la montagne : « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. » Déjà, le pape a développé en avance le message et toutes les significations profondes, comment les jeunes, par leur baptême, sont invités à prendre conscience profondément de leur identité chrétienne dans une société de plus en plus sécularisée; comment la vie chrétienne est une vocation, au sens plein du terme, une vocation à la sainteté, et comment cette vocation les invite à une mission particulière dans le monde.

Même s'il n'a plus l'allure d'une superstar des premières JMJ, la grande vedette de ces événements demeure Jean-Paul II. Encore aujourd'hui, malgré des messages qui sont souvent controversés, sinon ridiculisés, le pape peut attirer des foules considérables de jeunes. Depuis un an, les médias ont beaucoup spéculé sur la santé du pape et la possibilité de l'annulation de son voyage. Mais les organisateurs ont toujours cru que Jean-Paul II sera à Toronto pour communiquer sa foi et sa ferveur à la jeunesse du monde.

Écoute du reportage
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JMJ-Toronto 2002 : calendrier des activités
Le jeudi 25 juillet

Catéchèses en avant-midi

Cérémonie d'accueil du pape à Exhibition Place, à 17 h

Sacrement de la réconciliation

Festival de la jeunesse en soirée

Sacrement de la réconciliation

Le vendredi 26 juillet

Catéchèses en avant-midi

20 jeunes rendent visite au pape à Strawberry Island à partir de 11 h

Activités à caractère social en après-midi

Festival de la jeunesse

Sacrement de la réconciliation

Chemin de croix sur l'avenue University, au centre-ville de Toronto, à 19 h 30 (14 stations)

Sacrement de la réconciliation

Le samedi 27 juillet

Messe pour les pèlerins dans les églises de Toronto en avant-midi

Départ du pape pour le parc Morrow, dans le centre-ville de Toronto

Audiences privées de la gouverneure générale du Canada Adrienne Clarkson, du premier ministre canadien Jean Chrétien, du premier ministre de l'Ontario Ernie Eves, et du maire de Toronto Mel Lastman avec Jean-Paul II

Pèlerinage à pied vers Downsview Lands en après-midi

Sacrement de la réconciliation à Downsview Lands

Vigile avec le pape de 19 h 30 à 21 h 30

Le dimanche 28 juillet Messe présidée par le pape de 9 h 30 à 12 h à Downsview Lands (événement ouvert au grand public)
Le lundi 29 juillet Départ du pape entre 12 h et 12 h 30

source : dossier de radio-canada.ca

 

- Père Thomas Rosica : maître d'oeuvre de la JMJ -

Si tout fonctionne à merveille à la Journée mondiale de la jeunesse ces jours-ci, c'est en grande partie grâce au travail systématique et minutieux du père Thomas Rosica et de son équipe, qui préparent depuis quelques années le voyage du Saint-Père à Toronto. Stéphan Bureau a rencontré cet homme très sollicité chez lui, vendredi matin, quelques heures avant qu'il retrouve le pape et que débutent les activités clés de la fin de semaine. Le père Rosica s'est dit très enthousiaste : « C'est un long week-end qui a commencé il y a trois ans, je crois, pour moi, mais de voir l'aboutissement des JMJ ces jours-ci, c'est absolument magnifique ».

C'est à la demande des évêques du Canada qu'il a plongé dans l'aventure, lui qui avait déjà de l'expérience de travail auprès des jeunes en tant qu'enseignant à l'université.

À propos du pape :

« Je crois que c'est le père que plusieurs d'entre eux n'ont jamais connu. C'est le grand-père qui est tellement absent de leur vie aujourd'hui. C'est l'homme, l'ami fidèle, qui est très exigeant aussi. C'est un roc, c'est un pilier. Et c'est pour ça que les jeunes viennent autour de lui. »

- Le père Thomas Rosica, directeur national de la JMJ

Thomas Rosica s'est dit appuyé moralement et spirituellement par de nombreux croyants : « C'est une œuvre de prière, ces JMJ. C'est tellement grand qu'on ne peut pas dépendre que sur les forces humaines. Et souvent, je me sentais emporté par une vague de prière et par le soutien de tellement de personnes. »

Le père Rosica est en contact étroit avec le pape, et a préparé avec lui la plupart des interventions importantes qui ponctuent le cycle de la JMJ. À son avis, le pape se soucie beaucoup de l'Église au Québec, voyant les heures difficiles pour le christianisme dans cette province. « Les JMJ étaient très nécessaires pour le Canada, mais spécialement pour le Québec », estime M. Rosica.

Lorsqu'on lui demande si l'Église peut changer au contact des jeunes, le maître d'œuvre de la JMJ se dit conscient que l'Église ne sait pas comment leur parler, et que l'événement participe à un meilleur dialogue : « Les JMJ sont un instrument privilégié pour nous enseigner un autre langage : comment rejoindre les jeunes. Et je crois que les JMJ, même si ça existe pour les jeunes, c'est aussi pour la conversion des évêques. Je suis d'accord avec un cardinal qui disait que "les JMJ, c'est une école pour les évêques". »

Écoute de l'entrevue avec Thomas Rosica
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- Une expérience extraordinaire pour Marianne et Soraya -

Quatorze jeunes pèlerins qui participent à la JMJ ont vécu un moment unique vendredi : ils se sont rendus à Strawberry Island, où ils ont partagé le repas du midi avec le pape Jean-Paul II. Parmi eux, une jeune Québécoise et une Polynésienne que Stéphan Bureau a rencontrées.

Les jeunes filles, Soraya Tsing et Marianne Desgagnés, rayonnent à la suite de leur expérience. Elles ont tenté d'exprimer en mots un moment aussi intense, bouleversant : « C'est une journée unique, exceptionnelle pour nous », « ça change une vie intérieure ».

Écoute de l'entrevue avec Marianne et Soraya
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- Les commentaires de notre invité spécial, le curé Alain Mongeau -

Stéphan Bureau s'entretient ensuite avec notre invité spécial pour la semaine, Alain Mongeau, curé à la paroisse Saint-Louis-de-France, à Montréal. Tous deux discutent entre autres de l'évolution de la JMJ, qui existe depuis près de 20 ans maintenant.

Écoute de l'entrevue avec Alain Mongeau :
1re partie / 2e partie
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Le chemin de croix
De quoi s'agit-il ?

Les jeunes pèlerins ont pu assister et participer vendredi à un chemin de croix organisé pour la JMJ. Le chemin de croix fait revivre les événements de la Passion et de la mort du Christ. Les événements des 14 stations permettent aux fidèles de faire, en esprit, un pèlerinage vers les principales scènes de la souffrance et de la mort du Christ. Le chemin de croix passe de station en station, les prières et lectures de texte biblique variant d'une station à l'autre lors du triste cheminement de Jésus vers le calvaire et sa crucifixion.

Une ancienne tradition chrétienne

Il s'agit d'une tradition qui remonte au début du christianisme où les chrétiens se rendaient à Jésusalem pour suivre les traces de Jésus et prier sur les lieux mêmes où il a souffert, en suivant l'exemple de sa mère Marie, qui aurait visité régulièrement ces sites. Au cours du 15e siècle, les franciscains, qui avaient la garde de ces sites, amenèrent en Europe cette pratique consistant à reproduire les événements de la Passion du Christ. Alors, les chrétiens qui ne pouvaient se rendre à Jérusalem entreprirent de revivre ces événements en esprit. Vers la fin du 16e siècle, le chemin de croix fut officiellement établi en 14 stations. Cet événement demeure une forme de dévotion très répandue.

Chemin de croix de la JMJ

Le chemin de croix a eu lieu le vendredi 26 juillet puisque c'est le jour de la semaine où Jésus est mort. Le chemin de croix a servi à rappeler le souvenir de sa mort. Le samedi, les pèlerins prieront avec le pape lors de la vigile, rappelant le temps que Jésus a passé au tombeau. Le dimanche, ils célèbreront la joie de la résurrection à la messe.

Le texte de réflexion utilisé a été rédigé par le pape Jean-Paul II pour un chemin de croix présenté le Vendredi saint 2000. La croix de la JMJ, qui a fait le tour du Canada en préparation de la JMJ, a été le point de mire du chemin de croix. Quelque 50 jeunes bénévoles ont participé à la présentation. Un choeur de pure tradition classique grecque composé de 30 personnes animait chaque station. Vêtus de costume contemporain noir, ils représentaient la rencontre de l'homme moderne avec le Christ. Par ailleurs, 15 acteurs jouaient les différents rôles : Jésus, Marie, Ponce Pilate et autres personnages.

Les 14 stations

1. Jésus est condamné à mort
2. Jésus est chargé de sa croix
3. Jésus tombe pour la première fois
4. Jésus rencontre sa bienheureuse mère, Marie
5. Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix
6. Véronique essuie le visage de Jésus
7. Jésus tombe pour la deuxième fois
8. Jésus rencontre les femmes de Jérusalem
9. Jésus tombe pour la troisième fois
10. Jésus est dépouillé de ses vêtements
11. Jésus est mis en croix
12. Jésus meurt en croix
13. Jésus est détaché de la croix
14. Jésus est mis au tombeau

source : site de l'événement

 

- Que reste-t-il de la JMJ cinq ans plus tard à Paris ? -


Quand on dit que le succès des Journées mondiales de la jeunesse surprend, la surprise a été Paris, en 1997. Ce fut un choc. On ne voyait plus en France les jeunes parler ouvertement, sur la place publique, de leur foi et de leurs croyances religieuses. Et puis, tout à coup, à l'invitation de Jean-Paul II, on retrouve 1 million / 1,5 million de jeunes dans les rues de Paris. Encore aujourd'hui, cinq ans plus tard, bien des observateurs se demandent ce qui a bien pu se passer.

Surprise, fierté retrouvée, succès populaire : les JMJ de Paris ont été l'événement de tous les superlatifs. Dans ce mélange d'étonnement et de soulagement, l'Église de France a savouré son triomphe avec modestie.

Villes hôtes de la JMJ

1986 : Rome (Italie)
1987 : Buenos Aires (Argentine)
1988 : Rome (Italie) et autres villes
1989 : Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne)
1990 : Rome (Italie) et autres villes
1991 : Czestochowa (Pologne)
1992 : Rome (Italie) et autres villes
1993 : Denver (États-Unis)
1994 : Rome (Italie) et autres villes
1995 : Manille (Philippines)
1996 : Rome (Italie) et autres villes
1997 : Paris (France)
1998 : Rome (Italie) et autres villes
1999 : Rome (Italie) et autres villes
2000 : Rome (Italie)
2001 : Rome (Italie) et autres villes
2002 : Toronto (Canada)

source : dossier de radio-canada.ca

Cinq ans après, Mgr Dubost, qui fut l'un des principaux promoteurs et organisateurs de la manifestation, est de retour dans son modeste bureau de l'évêché d'Evry, où il oeuvre désormais auprès des fidèles de cette banlieue parisienne. Pour lui, cela ne fait aucun doute que ces quatre jours ont durablement marqué les catholiques de France. Un exemple de ce renouveau est la messe du dimanche soir à l'église Saint-Germain-des-Prés, en plein coeur du quartier latin. Chaque semaine, un peu plus d'un millier de jeunes s'y donnent rendez-vous pour manifester leur foi, sans complexe, dans un style BCBG.

« Il faut être clair : après 1997, nos églises n'ont pas tout d'un coup été bondées de jeunes. Nos séminaires n'ont pas été remplis par les jeunes. Il n'y aurait rien de plus faux que de croire que les JMJ vont pouvoir nous mettre en phase, nous faire retrouver la chrétienté d'hier. C'est fini. Nous ne sommes plus dans le même monde et c'est définitif. Par contre, je crois que les JMJ nous donnent des pistes pour travailler vers le futur. » (Guillaume de Menthière, prêtre de l'église Saint-Etienne-du-Mont)

Si les Journées mondiales de la jeunesse de Paris ont pu faire rêver certains, on le voit, les catholiques de France demeurent réalistes. Les statistiques sont claires : seulement de 1 à 2 % des jeunes Français avouent être chrétiens. C'est très peu dans un pays que l'on appelait il n'y a pas si longtemps « la fille aînée de l'Église ». JMJ ou pas, le catholicisme en France deviendra donc, d'ici quelques années, une religion parmi tant d'autres.

 

Écoute du reportage
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