Les barres énergétiques

Quand nos vies sont bien remplies, il arrive qu'on s'alimente à la course, coincés entre deux activités. Il est donc tout à fait logique de se rabattre sur des solutions faciles et pratiques. Parmi celles-ci, les barres de céréales et les barres énergétiques.


«Regardez autour de vous, vous allez voir que les gens qui prennent les trois repas par jour, comme on le faisait il y a une dizaine d'années, ça s'effrite de plus en plus ce comportement-là. Donc, on a des gens qui peuvent prendre deux repas par jour ou peuvent prendre des repas fractionnés tout le long de la journée»
, fait remarquer Marie Marquis, du département de Nutrition de l'Université de Montréal.

Pour être efficace toute la journée, il nous faut de l'énergie. Santé Canada définit comme aliment énergétique tout aliment de plus de 100 calories. Or, cette définition laisse beaucoup de marge aux compagnies alimentaires pour nous vendre de l'énergie en barres.

«Ce sont des produits qui ont été promus comme pouvant se manger d'une seule main. Ils ont même été promus, à un certain moment donné, comme étant des produits qui ne faisaient pas de miettes. (…) C'est très rusé de la part de l'industrie», poursuit Mme Marquis.

Une diversité de produits

On trouve sur le marché plusieurs sortes de barres et les prix varient du simple au double pour le même poids. La barre de céréales contient surtout de l'avoine avec des sucres. Les barres de fruits, elles, sont fabriquées avec de la farine, des fruits en purée ou séchés et des sucres raffinés. Plus caloriques, ces barres se rapprochent davantage du muffin et du gâteau.

Dans certaines d'entre elles, on retrouve aussi des gras et des produits qui peuvent être nocifs pour la santé. Par ailleurs, ces produits sont riches en sucres. «Le marché de la barre de céréales et énergétique vise vraiment à faire croire aux gens que, en prenant une barre, ils vont performer à l'école, au bureau, dans le sport», explique Mélanie Olivier, nutritionniste.

Pour demeurer alertes, on serait donc tentés de choisir les barres pour sportifs, les plus caloriques de toutes. Mais ces barres conviennent-elles aux athlètes d'ordinateurs que nous sommes ?

«Si je mange des barres très riches en énergie à longueur de journée, c'est soit que je vais couper sur mes repas, donc là, je vais négliger des vitamines, des minéraux, des aliments frais que normalement je consommerais, ce qui n'est jamais bon. Et si je ne fais qu'être assis et travailler à l'ordinateur, je n'ai pas une dépense énergétique élevée, je prends des calories et, ultimement, je prends du poids», ajoute Mélanie Olivier, qui est aussi la nutritionniste du boxeur Éric Lucas.

Une dépense énergétique normale

Mélanie Olivier, qui prépare tous les repas et collations du champion du monde, rappelle que l'activité physique devrait faire partie d'une vie normale. «Le marketing fait qu'on nous vend ce produit-là alors qu'on ne fait que de l'activité physique normale. Même au niveau des enfants, les parents vont me dire : "Ha, mais mon jeune s'entraîne trois fois par semaine, il va au hockey". Mais c'est normal, ça doit faire partie de la vie, du quotidien, d'une dépense énergétique normale.»

Pour composer une collation énergétique complète, Mélanie Olivier suggère de remplacer la barre énergétique par une demi-banane ou une petite boîte de raisins. Il suffit d'y ajouter quelques amandes pour obtenir des protéines. «C'est très facile de composer des collations énergétiques, faibles en gras et pratiques», fait valoir la nutritionniste.

De son côté, Mme Marquis invite le consommateur à aiguiser sa curiosité l'égard du contenu des produits qu'il achète, mais aussi à être critique par rapport au message véhiculé par la publicité. Ultimement, c'est peut-être son propre style de vie qu'il faudra questionner. «Prendre le temps de manger, de partager un repas avec quelqu'un d'autre, cela a des bénéfices de beaucoup supérieurs à ce qu'on peut retrouver dans une barre tendre», conclut-elle.


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