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REPORTAGE  —  21 mars 2004

 
Historique des inondations à Montréal

Crédit: Archives nationales du Canada

Les premiers colons français se sont installés dans ce qu'on appelle aujourd'hui le Vieux-Montréal en 1642. Dès le printemps suivant, la crue printanière faillit emporter la colonie! Le fondateur de Montréal, sieur de Maisonneuve fit la promesse d'ériger une croix sur la montagne si Dieu les sauvait de l'inondation. Maisonneuve fut exaucé, il planta donc sa croix. Mais ce ne fut pas la fin des inondations. La colonie s'était installée dans une zone inondable.

Journaliste: Claude d'Astous
Réalisatrice: Louise Paquet

Les trois cents îles de l'archipel de Montréal se trouvent à la rencontre de deux grandes rivières : le Saint-Laurent et l'Outaouais. Le bassin de l'Outaouais couvre 143 000 km². Il remonte très loin au nord, jusqu'en Abitibi. Celui du fleuve Saint-Laurent et des grands lacs est cinq fois plus grand et toute l'eau qui tombe sur cet immense territoire a un passage obligé : l'archipel de Montréal. Au printemps, lors de la fonte des neiges, toute cette eau s'y trouve à l'étroit.

Ajoutez à cela, la descente des glaces, le risque d'embâcle et la table est mise pour des inondations à répétition. Une ligne sur la pierre de l'édifice des Douanes rappelle la grande inondation de 1886. Dans le Vieux-Port, chaque printemps, on risquait de se retrouver les pieds à l'eau. Année après année, l'histoire se répète. Les Montréalais finissent par en avoir marre. Ils décident de prendre les grands moyens et de dompter la nature.

Une digue de protection contre les glaces fut érigée dès 1891. Construite parallèlement au rivage, elle permet de garder les glaces dans le plus fort du courant et les empêche ainsi d'envahir le port. Cette jetée doit garder les glaces dans le plus fort du courant et éviter qu'elles n'envahissent le port. Cette digue protectrice existe toujours. Aujourd'hui, c'est la cité du Havre. EIle existe une solution; un puissant logiciel 3D. À partir d'images extrêmement précises de la colonne vertébrale d'un patient, cet outil informatique permet au chirurgien d'insérer virtuellement des implants dans toutes les vertèbres et sur toutes les faces de la colonne. Puis l'ordinateur évalue l'impact des interventions et indique le résultat sur la posture du patient.

Le dragage du Saint-Laurent

Au même moment, les marchands de Montréal draguent le fleuve. Ils veulent creuser une voie pour permettre aux gros bateaux de se rendre à Montréal. Cette voie jouera un autre rôle : permettre une meilleure évacuation des glaces et des crues. Alors que certains creusaient le fleuve, d'autres relevaient les quais et comblaient les terres humides de Montréal. La physionomie des rives s'est peu à peu transformée pour faire obstacle aux inondations.

Les grands travaux qui allaient contrer les inondations, ce sont ceux de la voie maritime du Saint-Laurent. Commencés en 1954, ils permettront de dompter les eaux du Saint-Laurent. Des barrages comme ceux situés à Corwall en Ontario et à Beauharnois au Québec contrôlent le débit du fleuve et en limitent les excès. Grâce à eux, il est maintenant possible de réduire les crues du printemps et d'augmenter les eaux basses de l'été. Pour réussir l'exploit, les gestionnaires de la voie maritime peuvent compter sur un énorme réservoir naturel : les Grands Lacs, surtout le plus près de nous, le lac Ontario qui amortit l'effet des crues.

À partir des années 60, les brise-glaces ouvrent à l'année le fleuve entre Québec et Montréal. Ce chenal artificiel sert de chemin d'évacuation aux glaces le printemps venu.

L'Outaouais présente un tout autre défi

Le bassin inférieur de l'Outaouais, environ 60 % de l'eau de la rivière, n'est pas contrôlé. Il n'y a aucun réservoir. Par contre, son bassin supérieur profite d'une trentaine de réservoirs qui peuvent recevoir les crues printanières. Mais leur capacité de rétention est limitée. En plus, quatre organismes différents les exploitent : Hydro-Québec, Ontario Power Generation, Travaux publics Canada et Environnement Québec.

Crédit: Archives nationales du Canada

Suite aux importantes inondations de 1974 et 1976 sur les rivières des Prairies et des Mille-îles, ces différents organismes ont décidé de gérer de concert leurs réservoirs pour éviter que pareilles inondations ne se reproduisent. Le principe est simple : les réservoirs doivent être vidangés l'hiver pour recevoir l'eau de la fonte printanière. Ils sont les seuls outils qui permettent de jouer sur le débit de l'Outaouais.

Environnement Québec possède de nombreux sites pour mesurer la hauteur des neiges et prévoir les crues. Une fois par mois durant l'hiver, et tous les 15 jours à partir de mars, on mesure la neige au sol et on vérifie son équivalence en eau. On peut ainsi savoir l'importance que pourrait prendre la crue. On suit les conditions météo. a vidange des réservoirs tient compte de toutes ces données. Les gestionnaires des eaux possèdent aussi une autre arme en réserve. Ils peuvent désynchroniser artificiellement les crues du Saint-Laurent et de l'Outaouais.

Pour en savoir plus :

 


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