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Quel âge a la Terre ? (2 de 2)

Lord Kelvin, fort de son calcul sur l’âge de l’univers, va s’attaquer publiquement aux nouvelles théories de Charles Darwin sur l’évolution des espèces. Il se range, comme il l’écrit lui-même, "du côté des anges" (hypothèse créationniste) : la Terre n’est tout simplement pas assez vieille pour permettre la lente évolution des espèces végétales et animales proposée par Darwin. Ses vues, publiées en 1868 vont mettre en colère les partisans de Darwin, et fournir la principale munition à ses adversaires pendant une vingtaine d’années.

C’est la découverte de la radioactivité, à la toute fin du 19e siècle, qui va résoudre cette impasse. Ce rayonnement continuel de nombreux minéraux, au coeur de la Terre ou dans son manteau, produit sans cesse de la chaleur, et ralentit considérablement le rythme du refroidissement terrestre. Il apparaît dès lors que Lord Kelvin a grossièrement sous-estimé l'âge de la Terre. Mais son mérite est d’avoir forcé les géologues de son temps à tenir compte, dans leurs modèles, des connaissances de la physique.

En 1953, des techniques de datation issues de la radioactivité nous apprennent enfin l’âge de notre Terre-Mère : 4,5 milliards d’années. Elle prend un terrible coup de vieux. Pour les sciences de la Terre, une première grande révolution s’achève : la conquête d’un long temps géologique.


 
D'après une chronique de Solange Gagnon, journaliste et Jeannita Richard, réalisatrice
Adaptation pour Internet : Jean-Charles Panneton, Karine Boucher et Isabelle Montpetit