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Des espèces ont disparu


Au début, quand les naturalistes exhument des ossements de taille spectaculaire, ils sont convaincus qu’ils appartiennent à une espèce connue, car pour eux, le monde est tel que Dieu l’a créé. Ces os de mammouth sont donc, à leur avis, les restes d’éléphants victimes du Grand Déluge.

Mais, en 1796, le fondateur de la paléontologie, Georges Cuvier, le plus grand spécialiste de l’anatomie comparée de l’époque, vient semer le doute. On lui a apporté des ossements qui, selon lui, doivent être ceux d’un éléphant. Mais après un examen plus approfondi, il constate qu’il s’agit plutôt d’une espèce inconnue, qu’il décide d’appeler mammouth. Selon lui, la disparition de cette espèce est due à une catastrophe naturelle, un déluge ou une glaciation. Il n’a pas d’autre choix que de conclure que le monde qui l’entoure n’est pas forcément celui que Dieu a créé.

Pour l’historien des sciences Camille Limoges, la vision fixiste de la Création connaît alors sa première lézarde. « Cuvier va être l’un des premiers à démontrer que certaines espèces qui ont existé sont bel et bien éteintes maintenant. »

Par la suite, de nouvelles découvertes de fossiles viendront allonger la liste des espèces disparues.

 

 
D'après une chronique de Solange Gagnon, journaliste et Jeannita Richard, réalisatrice
Adaptation pour Internet :
Caroline Paulhus, Isabelle Montpetit et Karine Boucher