Les pistes d’espoir
(première partie)

L

e Dr Judes Poirier travaille en collaboration avec le pharmacologue Rémi Quirion, du Centre de recherche de l’hôpital Douglas. Avec leurs collègues, ils essaient de mieux comprendre la maladie. Ils travaillent aussi à mettre au point de nouveaux médicaments.

Dans une de leurs expériences, un rat devait apprendre à localiser une plate-forme cachée par le liquide opaque du bassin. Même après des semaines d’entraînement, il ne la trouvait toujours pas. Comme quelqu’un qui a la maladie d’Alzheimer, il avait de graves problèmes de mémoire et d’orientation puisqu’il souffrait d’un déficit d’acétylcholine, une substance qui permet à certains neurones de communiquer entres eux.

L’équipe du Dr Quirion a alors injecté au rat une substance qui stimulait la libération d’acétylcholine par les neurones. Après une seule dose du médicament, ses capacités d’apprentissage se sont améliorées. Il lui a suffi de quelques jours pour apprendre à trouver la plate-forme. « On essaie aussi de comprendre comment on contrôle la libération de l’acétylcholine. Dans le cerveau Alzheimer, on perd beaucoup d’acétylcholine, mais on ne tombe pas à zéro. Donc, il nous en reste encore entre 30 et 40 %, et ce qu’on essaie de faire, c’est d’optimiser le fonctionnement des neurones restants », explique-t-il.

Il reste à vérifier si ce traitement spectaculaire sera aussi efficace sur des humains. Si tout va bien, des médecins pourraient le prescrire dans quelques années. Pour le moment, un médicament, le donépézil, est disponible au Canada pour soulager les symptômes de la maladie. D’autres médicaments sont à l’étude pour ralentir la dégradation de l’acétylcholine. « Les bénéfices, on les voit cliniquement chez le tiers des gens. La famille et les voisins peuvent voir qu’il y a vraiment une amélioration dans la vie de tous les jours. [Pour un autre] tiers des gens, c’est plus subtil. C’est la famille qui peut le voir, un intérêt pour les réalités quotidiennes. Et [pour le tiers restant], les gens, malheureusement, ne montrent pas de réponse au traitement », regrette le Dr Serge Gauthier.

Mais l’amélioration provoquée par ces traitements ne dure pas. Après quelques mois, le déclin reprend, mais plus lentement. On voit alors s’émousser ses facultés intellectuelles pour la deuxième fois.

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