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LES MÉGATSUNAMIS

Le 9 juillet 1958, dans la baie de Lituya, en Alaska, trois bateaux de pêche guettent le saumon. Soudainement, un violent tremblement de terre d'une magnitude de 8 se fait sentir. Au fond de la baie, la falaise Gilbert ne tient pas le coup. Un grand mur de pierres d'une hauteur de 1000 mètres s'effondre dans l'eau. La vague ainsi créée dépasse les 500 mètres de hauteur! Elle s'abat d'abord sur le versant nord de la baie, détruisant toute la végétation sur une distance de plus d'un demi-kilomètre. Le mouvement de l'eau s'élance ensuite dans la baie. Les trois équipes de pêcheurs, terrorisées devant ce mur d'eau, tentent désespérément de gagner la rive. Un seul bateau y parvient. Le deuxième bateau est projeté hors de la baie, dans l'océan Pacifique. Miraculeusement, les pêcheurs de ce bateau en sortent vivants! Mais les pêcheurs du troisième bateau n'auront pas cette chance. Ils disparaîtront au fond de la baie.


On peut classer les vagues en trois catégories. D'abord, les vagues formées par les vents, si prisées par les surfeurs. Même si elles peuvent atteindre une hauteur impressionnante, elles ne sont pas aussi dangereuses que les tsunamis parce qu'elles ne sont qu'un mouvement de surface. Viennent ensuite les tsunamis, formés par des tremblements de terre. L'énergie de ces vagues est très grande parce qu'elles proviennent du plancher océanique. Puis, à l'extrême, il y a les mégatsunamis, causés par une combinaison de tremblements de terre et de mouvements rocheux, soit l'effondrement d'une falaise ou même d'un volcan. Les scientifiques avancent l'idée que la chute d'un météorite pourrait aussi causer un mégatsunami.


Lorsque les scientifiques ont compris que des chutes rocheuses importantes pouvaient provoquer des mégatsunamis, ils ont commencé à chercher à quel endroit, sur la planète, un affaissement rocheux pourrait se produire. Les géologues ont conclu qu'il fallait surveiller les îles volcaniques. Ces îles sont formées par une accumulation de lave qui se refroidit et se solidifie. Comme elles sont aussi constamment érodées par le mouvement océanique, elles sont de nature plutôt instable et peuvent s'affaisser.

Des indices géologiques démontrent qu'il y a plusieurs siècles, des pans complets de volcans sont tombés, provoquant de terribles raz-de-marée. Ce fut le cas pour l'île d'Oahu, près d'Hawaï. Une partie de la falaise Tuscaloosa est venue s'écraser dans l'océan. Et on ne parle pas ici d'un simple éboulement de pierres. Les marques géologiques confirment que la partie qui s'est détachée de la falaise devait représenter 10 fois le volume de l'Everest ! Le mégatsunami que cela a provoqué a frappé toute la côte ouest des États-Unis.


En 2000, des scientifiques suisses se sont rendus dans les îles Canaries pour y étudier l'activité volcanique. L'île de La Palma possède deux volcans. Un des deux volcans est maintenant éteint, mais le deuxième, le Cumbre Vieja, est toujours en activité et particulièrement instable. Lors de la dernière éruption, en 1949, les géologues ont noté qu'il s'y était formé une fissure de quatre mètres de largeur, sur une distance de deux kilomètres. Ceci signifie qu'une partie du Cumbre Vieja, un demi-milliard de tonnes de roches, menace de s'écraser dans l'océan.

Si cette partie s'effondrait en un seul morceau, les scientifiques prévoient que cela créerait un mégatsunami dont la première vague, la moindre, aurait une hauteur de 650 mètres. Le mégatsunami serait ensuite poussé par sa propre énergie à une vitesse de 720 km/h jusqu'à la côte est des États-Unis. En huit heures, le mégatsunami aurait traversé l'océan Atlantique et inonderait toute la côte américaine, engloutissant la ville de Miami, une partie de Boston et de New York. Une catastrophe tellement démesurée qu'elle est difficile à imaginer. Les scientifiques, eux, y croient. Ils prédisent même que cela pourrait arriver dans une centaine d'années.

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