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TRAQUER LES TSUNAMIS

Les pays du Pacifique sont de plus en plus conscients du danger que représentent ces vagues tueuses. À la fin de 2004, elles ont encore fait quelque 150 000 morts en Indonésie, au Sri Lanka, en Inde et en Thaïlande. On tente donc par tous les moyens de perfectionner les méthodes de détection de ce phénomène imprévisible.


Pour traquer les tsunamis avant qu'ils ne frappent, les scientifiques étudient les tremblements de terre, qui sont la source de ces vagues meurtrières. Au Pacific Tsunami Warning Center, des sismographes servent d'oreilles aux géologues. Lorsqu'un tremblement de terre se produit, le mouvement de la secousse est amplifié et enregistré par les sismographes pour déterminer la position du séisme et sa magnitude. Dès que l'alerte est donnée, on tente de déterminer si le tremblement de terre a généré un tsunami. En fonction de l'épicentre du séisme, on calcule le trajet et l'heure possible d'arrivée des vagues en différents endroits.


Ensuite, on se fie aux données des milliers de détecteurs de marée, installés un peu partout le long des côtes du Pacifique, pour suivre le parcours éventuel du tsunami. Une fois par seconde, ces détecteurs mesurent le niveau de la mer. Dix minutes avant l'arrivée probable des vagues, les géophysiciens prennent contact avec la station de mesure de l'endroit et surveillent le niveau de la mer, guettant un possible changement. Si le niveau de l'eau s'élève ou chute rapidement, on peut alors supposer qu'un tsunami important vient d'atteindre le détecteur de marée.


Dès que ce constat est fait, l'information circule rapidement, car certains tsunamis locaux peuvent frapper en moins de 30 minutes ! Un système de communication indépendant relaie l'information dans tout le Pacifique. Au total, 25 pays, dont le Canada, sont branchés sur le Pacific Tsunami Warning Center.


Une fois qu'il est raisonnablement certain qu'un tsunami va se produire, on avertit immédiatement les autorités. À Hawaï, un message se met alors à défiler sur les écrans de télévision. Quand les sirènes se mettent à hurler, c'est le temps de procéder à l'évacuation du littoral. C'est ce qui est arrivé lors des alertes au tsunami de 1986 et de 1994. La facture s'est élevée à 60 millions de dollars américains en pertes de revenus et en mouvements de population. Toutefois, dans les deux cas, les tsunamis étaient tout petits et l'évacuation, superflue.


La force d'un tremblement de terre ne génère pas toujours un gros tsunami. On ne sait pas encore vraiment pourquoi. Les chercheurs admettent qu'ils sont loin de tout connaître sur les tsunamis, ce qui complique la tâche du directeur du Pacific Tsunami Warning Center. Il doit prendre sans se tromper des décisions importantes, car des vies sont en jeu.

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