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Njacko Backo

Njacko


Épisode 2 – Bon cœur et bon esprit


La scène de la cueillette des bleuets : la règle de laisser une partie pour la nature, une pour les animaux et une pour nous, c’est important. Même moi, étant africain, je n’avais jamais entendu ça. Là où j’ai grandi, quand il fallait ramasser des fruits, il nous fallait tout cueillir. La cueillette des bleuets, il n’y a rien de plus naturel que ça. En faisant ce documentaire, il y avait beaucoup à apprendre, et ce n’est pas eux qui apprennent de nous et nous qui apprenons d’eux, nous apprenons tous en même temps. Ça fait très chaud au cœur de voir ces images, ça me fait encore revivre ces moments-là, avec Lloyd. Je vois ça et je me dis : « si on pouvait être là-bas encore maintenant, ce serait super ». Je prie dans mon cœur que Radio-Canada commande encore d’autres épisodes pour qu’on puisse encore retourner en filmer d’autres.

Leçon de musique : Vincent danse, tu te rends compte! Oh, mon petit Tyrone qui est là derrière. C’était un moment bien. Merci Geoff de ta vision, merci à l’équipe de montage, parce que la vision et l’esprit derrière le montage sont vraiment inexplicables – un travail de maître.

Scène de la chasse dans la forêt avec David : vraiment, ça m’impressionne. Je n’étais pas là, je suis jaloux de n’avoir pas pu assister à ça. Et l’orignal qui traverse la route! C’est incroyable que l’équipe de tournage ait eu la chance de voir un orignal. C’est une coïncidence spirituelle.

Cérémonie de la pipe : cette partie est importante, et ce que dit la porteuse de calumet est très bien, car dans la société occidentale, la majorité des gens ont perdu cette notion de croyance. Chez les Autochtones, cette liaison entre l’humain et le Créateur est très vivante. Les Occidentaux devraient entrer en contact avec la terre pour en faire l’expérience, essayer de s’assimiler pour comprendre ces traditions, car elles sont directes et simples. Où que tu sois, peu importe où tu es, ce n’est pas les grands édifices qui comptent, le Créateur ne se cache pas dans une mosquée ou une église. Chez les Autochtones, il est très présent, c’est ce message qui est véhiculé.

Comme dit Mariette, dans notre société on ne peut pas trouver un moment dans le silence. Elle dit les choses de façon très unique et réelle. Quand on parle de la spiritualité, on a perdu cette connexion entre nous-mêmes et le Créateur. C’est dans le sens de ce que dit la porteuse de calumet, le Créateur est en nous tous. Par la pipe sacrée, nous sommes branchés, et c’est à nous de demander ce dont nous avons besoin.

Dans cette scène, quand on va nous voir prier ensemble autour d’un calumet, là, on va penser que nous sommes des fous! Beaucoup de choses se sont passées. Il y a eu quelque chose de divin. Par exemple, Vincent depuis des années ne pouvait pas s’asseoir longtemps, et durant la cérémonie de la pipe quelque chose s’est passé de spirituel et il se retrouve assis pendant des minutes et des minutes. Aussi, Godelive, lorsqu’elle a eu la plume entre ses mains, c’est là qu’elle a commencé à être émotionnelle. Toutes ces choses sont arrivées, là, pendant cette cérémonie. Les esprits se sont présentés à nous pour nous aider. Donc ce n’est pas du tabou, c’est la réalité.