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Vincent Lalande

Vincent


Jour 4 – le 18 août 2016


Jeudi matin, les participants ont l’avant midi de congé pour faire la grasse matinée au Little Fox Lodge.

Cheryl Tremblay, l’ainée qui est notre guide pour les 2 semaines de tournage, nous rejoint pour prendre un café et jaser de la vie.

Elle et moi parlons du fameux Traité numéro 9 qui, une fois signé, promettait à l’autochtone $4 par an, une couverture de laine et un sac de farine pour chaque individu sur la réserve. Elle rit en me disant qu’ils reçoivent encore cette somme ridicule. Sa vie de jeunesse était très difficile. Les finances permettaient tout ce qui était nécessaire mais rien de surplus.  Elle se souvient de sa mère qui gardait les sacs de jute pour lui faire des poupées et qu’elle apportait son diner à l’école dans un sac à pain.  Pour elle, il était normal de sécher les serviettes de papier et de les réutiliser plus qu’une fois.  Aucun gaspillage. Ces mots me semblent être un thème qui se répète régulièrement ici à Wahgoshig.

Elle me dit que le nouveau conseil veut rapporter plus d’équilibre entre les affaires et la culture amérindienne. C’est-à-dire, qu’il ne veut pas réduire l’intégration commerciale mais plutôt, augmenter les séances culturelles sur la réserve pour que les plus jeunes puissent connaitre et reprendre leur héritage dont les ainés sont fiers.

Notre après-midi consistera de faire de la bouffe pour la célébration de ce soir chez Liz Babin. Un spaghetti, avec sauce aux tomates et viande hachée d’orignal, sera sur le menu.  En plus des gens de Radio-Canada (Productions Testa), la maison est remplie de personnes qui semblent tous être en visite.  On trouve des gens du Mexique, de la Lituanie et d’autres coins du monde qui sont ici pour apprendre les sept enseignements sacrés.

 

Maison a Liz babin

 

Claudette Paul, qui visite de Bear Island dans le coin de Temagami, nous parle des lois qui régissaient le statut des Premières Nations imposées par le gouvernement à l’époque.   Claudette refusa d’accepter qu’elle possède un héritage autochtone, cependant elle se sert souvent de remèdes naturels sans réaliser ses liens aborigènes.

Les plans à long terme pour Claudette sont d’ouvrir un centre d’apprentissage pour les tout-petits jusqu’aux ainés pour la langue Algonquine. Dans les prochaines deux années, il y aura une nouvelle école sur la réserve.

 

LIZ BABIN, une dame très sérieuse, nous guide dans le rituel du ‘STAR lodge’, (une hutte de sudation) et la célébration de la pleine lune. Elle nous décrit toutes les étapes, cependant les appareils photo/vidéo de Testa sont interdits.

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Encore une fois, le rituel du feu sacré avec l’équilibre masculin/féminin (les bâtons rouge et bleu) et du tabac pour les esprits. On réchauffe 28 roches (grands-pères) pendant 45 minutes dans un feu de camp intense.  Celles-ci sont ensuite transportées dans la hutte de sudation, sept à la fois, pour créer une chaleur graduelle mais en quelques moments très humide.

Puisque je ne serai pas présent cette fin de semaine, je décide de participer au ‘SWEAT/STAR LODGE’. Une fois à l’intérieur, les autochtones chantent leurs chansons traditionnelles que je ne comprends pas. Ils me disent de prier pour la terre, toute la nature; de remercier le créateur pour tout ce qu’il nous a donné.  À tour de rôle, dans la noirceur, chaque participant fait sa prière orale ou intérieure, par choix personnel.  Ceci se déroule pendant une quinzaine de minutes et ensuite on ouvre la petite porte pour faire venir une deuxième série de sept roches chaudes.  On recommence.  Cette fois, les pensées et les prières sont pour nos ancêtres. Ceci se répète pendant quatre sessions de quinze à vingt minutes.  Le corps devient de plus en plus faible mais aussi, il me vient une sensation très paisible.

C’est tout pour cette semaine les ami(e)s……a tantôt!


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