DescriptionDepuis les Jeux de Calgary en 1988, le ski alpin, tant masculin que féminin, est divisé en cinq épreuves. Les mêmes règles s'appliquent, sauf pour les parcours féminins qui ont un moins grand nombre de portes et une dénivellation moindre.
L'accent est mis sur la vitesse dans les épreuves de descente et de super géant (super-G), tandis que la technique est de rigueur en slalom et en slalom géant. Comme son nom l'indique, l'épreuve de combiné alpin (descente et slalom) requiert à la fois vitesse et technique.
En descente, le but est d'arriver au bas de la pente le plus rapidement possible tout en maîtrisant les difficultés naturelles du parcours: bosses, faux plats et courbes. C'est la seule épreuve pour laquelle les skieurs ont droit à deux entraînements chronométrés sur le même parcours que celui de la course. Le super-G est le dernier-né des épreuves olympiques. Ses débuts ont eu lieu à Calgary en 1988. Un parcours de super-G comprend un minimum de 35 portes pour les hommes, soit cinq de plus que pour les femmes.
Les épreuves de slalom et de slalom géant comprennent deux manches chronométrées qui sont disputées au cours d'une même journée, mais sur des tracés différents. Le total de temps des deux manches détermine le classement final. La maîtrise technique est particulièrement requise en slalom. Un parcours masculin comporte entre 55 et 75 portes contre 45 à 65 pour un parcours féminin. Un parcours de slalom géant est plus long et l'espacement des portes plus grand qu'en slalom. Leur nombre varie aussi en fonction de la dénivellation totale de la pente. De plus, les virages sont moins abrupts.
Le combiné est l'épreuve originale du ski alpin, la seule à figurer au programme des Jeux olympiques de 1936. Absent du menu olympique de 1952 à 1984 inclusivement, le combiné alpin a été réintroduit à Calgary en 1988. Cette épreuve combine une manche de descente et deux manches de slalom. À Salt Lake City, pour la première fois de l'histoire olympique, les trois manches du combiné étaient disputées le même jour.
À Turin:
Pour chaque épreuve, le vainqueur est le concurrent qui signe le meilleur temps en passant toutes les portes du parcours. Les temps sont exprimés en minutes, secondes et centièmes de seconde.
Pour participer à la descente, les athlètes doivent absolument prendre part aux descentes d’entraînement. Les temps enregistrés lors du dernier entraînement déterminent l’ordre de départ. Le premier s’élance du 30e rang et le 30e part du premier. Les autres suivent selon leur classement.
Pour les autres épreuves, le classement de la Coupe du monde établit l’ordre de départ.
En slalom et en slalom géant, les 15 premiers à l’issue de la première manche voient leur ordre de départ inversé pour la seconde, les autres suivent selon leur classement. Contrairement aux coupes du monde, où seuls les 30 premiers participent à la deuxième manche, tous les participants aux Jeux olympiques complètent les deux étapes. Le skieur avec le temps le plus bas au total des deux manches gagne l'or.
Au combiné, le chrono cumulatif de la descente et des deux manches de slalom détermine le champion. HistoriqueEn moins d'un demi-siècle, le ski alpin est passé d'illustre inconnu et de mouton noir à la plus médiatisée de toutes les disciplines olympiques d'hiver.
Trente ans séparent le triplé d'or du Français Jean-Claude Killy, à Grenoble, et le spectaculaire vol plané de l'Autrichien Hermann Maier, à Nagano. Au cours de cette période, aucune autre discipline n'a su créer autant de héros venant d'autant de pays. On n'a qu'à penser à la Canadienne Nancy Greene, au Suédois Ingemar Stenmark, à l'Allemand Markus Wasmeier, aux Norvégiens Lasse Kjus et Kjetil Andre Aamodt ou à l'Italien Alberto «La Bomba» Tomba.
Dès sa première présence aux Jeux olympiques de Garmisch-Partenkirchen en 1936, le ski alpin a été au centre de nombreuses controverses. L'ambiguïté quant au statut de professionnel ou d'amateur des instructeurs de ski dérangeait les dirigeants du mouvement olympique. Ils tenaient au principe d'amateurisme des jeux.
La tolérance du très rigide président du CIO qu'a été l'Américain Avery Brundage a atteint ses limites en 1972 lorsqu'il a exclu le skieur d'élite autrichien Franz Klammer des Jeux de Sapporo. Son péché: avoir permis que son image soit utilisée dans des messages publicitaires. Le mépris de Brundage pour le «professionnalisme» du ski alpin était tel qu'il aurait totalement exclu cette discipline du programme olympique s'il avait pu.
Le règne de Brundage s'est terminé peu après. Ses successeurs ont mis en branle l'incontournable ouverture du mouvement olympique vers le sport professionnel. Installations1. Sestrières (slalom et épreuves techniques)
Sestrières est la localité olympique la plus élevée, à 2035 mètres d’altitude. Ce site, qui a hébergé les Championnats du monde de ski alpin en 1997, accueillera les épreuves de slalom et les épreuves techniques.
La famille Agnelli, fondatrice de Fiat, a ouvert la station de ski de Sestrières au cours des années 1930. Le site est immédiatement devenu une attraction touristique populaire. Souvent qualifiées de paradis du ski alpin, les montagnes de Sestrières ont aussi accueilli de courses cyclistes prestigieuses, dont le Giro d’Italie et le Tour de France.
Sestrières se trouve à 100 km de Turin, entre Val Chisone et Val di Susa. Le site compte pas moins de 120 kilomètres de pistes.
Éléments techniques et description des installations:
Sestrières Borgata:
Les épreuves masculines de super-G, de descente et du combiné auront lieu sur la piste Kandahar Banchetta. La piste commence avec de brèves portions droites et des virages très techniques. Puis, ça accélère: la piste entre dans un bois où elle devient plus raide avec une alternance de virages et de schuss jusqu’à l’arrivée.
Les dénivellations des circuits sont spectaculaires. La descente commence à 2686 m d’altitude et chute de 800 m. Le super-G n’est pas généreux non plus: de 2536 m d’altitude, on passe à 1886 m en l’espace d’une seule épreuve!
Sestrières Colle:
Cette installation peut accueillir presque 8000 spectateurs.
La piste Sises de slalom géant est l’une des plus techniques au monde. Pour le slalom géant, le départ des hommes sera donné sur les pentes du mont Sises, tandis que le départ des femmes se fera à la moitié de la première portion.
Cette piste de 1,434 km (1,337 km pour les femmes) se veut aussi très spectaculaire grâce à une première partie très abrupte. Puis, la piste devient techniquement difficile et varie sans cesse jusqu’à la ligne d’arrivée.
La piste Giovanni A. Agnelli, qui accueillera le slalom, est parallèle à la piste du slalom géant. La première partie, très abrupte et difficile, est suivie par un léger faux plat.
2. San Sicario Fraiteve (descente, super-G, combiné femmes)
San Sicario Fraiteve, site secondaire de ski alpin, est aussi une localité touristique estivale et hivernale depuis presque 35 ans! Située au centre du vaste domaine skiable de la Via Lattea, elle est reliée à Sestrières et à Sauze d’Oulx par des remonte-pentes rapides. Ce site pour les épreuves de descente, de super-G et du combiné des dames peut accueillir 6160 spectateurs.
Description de l’installation:
La piste pour les épreuves de descente féminine commence au point culminant du mont Fraiteve, traverse la moitié du versant du Soleil Bœuf, et se termine à San Sicario. Le tout après une légère dénivellation de … 320 mètres (de 2050 m d’altitude à 1730 m)!
La piste, longue de 3,135 km, s’amorce avec une section moyennement raide où les skieurs prennent rapidement de la vitesse. Puis, le parcours traverse une zone boisée où la pente se fait plus douce avant d’entrer dans la partie rapide et pentue. Enfin, le parcours se termine par des faux plats et une portion très raide couronnée d’un saut.
Compétitions:
Du 12 au 19 février (descente, super-G, combiné dames)
Du 12 au 25 février (slalom et épreuves techniques)
ChampionsChampions en titre:
Combiné: Kjetil Andre Aamodt, Norvège (H) / Janica Kostelic, Croatie (F)
Descente: Fritz Strobl, Autriche (H) / Carole Montillet, France (F)
Slalom géant: Stephan Eberharter, Autriche (H) / Janica Kostelic, Croatie (F)
Slalom: Jean-Pierre Vidal, France (H) / Janica Kostelic, Croatie (F)
Super-G: Kjetil Andre Aamodt, Norvège (H) / Daniela Ceccarelli (F)
Ils ont marqué leur sport:
L’Autrichien Toni Sailer est devenu en 1956 le premier triple champion aux mêmes Jeux olympiques. Le Suédois Ingemar Stenmark, plus prolifique skieur de l’histoire, a pour sa part gagné un record de 86 courses de Coupe du monde. Il a aussi été double champion olympique et triple médaillé de la Coupe du monde de 1976 à 1982.
Puis, il y a eu l’ère Alberto Tomba. Le skieur italien a obtenu cinq médailles olympiques, dont trois d’or, de 1988 à 1998. Est arrivé ensuite l’Autrichien Hermann Maier, double champion olympique à Nagano. Depuis, il a mis la main sur deux titres de champion du monde et trois titres de champion de la Coupe du monde. D’ailleurs, il a reçu ces deux distinctions en 2004.
C’était avant l’arrivée de l’Américain Bode Miller. Il a décroché l’argent deux fois à Salt Lake City, avant de mettre la main sur le titre de la Coupe du monde en 2005! Turin est certainement son prochain objectif, mais son compatriote Daron Rahlves et l’Autrichien Benjamin Raich pourraient lui mettre des bâtons dans les roues.
Chez les femmes, la Croate Janic Kostelic a remporté trois médailles d’or et une d’argent à Salt Lake City. Elle a également été championne de la Coupe du monde en 2001 et en 2003, mais pas en 2004. La Suédoise Anja Pärson, deux fois médaillée olympique en 2002, avait vu les choses autrement. Les deux se livrent maintenant une chaude lutte.
Du côté canadien, à un mois de Turin, les skieurs ont déjà gagné sept médailles en Coupe du monde, une de plus qu’au cours de toute la saison dernière! Érik Guay sera à surveiller: il a remporté trois médailles en super-G et en descente. Thomas Grandi (2), François Bourque (1) et Emily Brydon (1) sont aussi montés sur le podium.
Ils seront bien sûr tous à surveiller à Turin… et ils y seront plus dangereux que jamais!
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