La verità : Dali comme vous ne l'avez jamais vu

1- Dali en exil

En 1940, alors que la Deuxième Guerre mondiale fait rage en Europe, Salvador et Gala Dali sont forcés à l'exil. C'est à New York que le couple se réfugiera, jusqu'en 1948. La présence du grand artiste surréaliste jouera beaucoup dans la réputation de New York comme carrefour mondial d'art moderne à cette époque. Le Musée d'art moderne de New York lui consacre d'ailleurs une exposition rétrospective en 1941.

À New York, Dali se consacre principalement à l'écriture. En 1944, pour servir de toile de fond à l'adaptation au ballet de son livret Tristan fou (inspiré de l'histoire de Tristan et Iseut), il crée un tulle imposant de 15 mètres par 9 mètres.

2- Une œuvre qui tombe dans l'oubli

Le ballet Tristan fou, chorégraphié par Leonide Massine et dont les costumes originaux étaient signés Coco Chanel, est présenté pour la première fois à New York le 15 décembre 1944. Les critiques sont mitigées. Après une série de représentations à New York et à Londres en 1949, le tulle tombe dans l'oubli. Encore à ce jour, le mystère demeure entier quant aux aléas de l'œuvre pendant les 60 années subséquentes.

3- La compagnie Finzi Pasca ou la complicité Suisse-Québec

Bien connu dans le milieu du cirque québécois, notamment pour ses créations avec le Cirque Éloize (Nomade, Rain et Nebbia), le metteur en scène suisse Daniele Finzi Pasca fonde, en 2011, La compagnie Finza Pasca, aux côtés d'Antonio Vergamini, Hugo Gargiulo, Maria Bonzanigo et Julie Hamelin, cofondatrice du Cirque Éloize.

4- Le tulle refait surface

En décembre 2010, le metteur en scène Daniele Finzi Pasca, qui partage sa vie entre la Suisse et le Québec, reçoit l'appel d'un représentant d'un collectionneur privé. Pour faire revivre le tulle de Dali, 60 ans après son dévoilement à New York, on lui offre de l'utiliser pour la création d'un nouveau spectacle.

Un mois plus tard, convaincus du mariage entre un spectacle acrobatique et le tulle, Daniele Finzi Pasca et Julie Hamelin donnent naissance à La verità, qui deviendra la première production de la nouvelle compagnie.

5- Direction Montréal

Pour mettre la touche finale au spectacle, l'équipe Finzi Pasca met le cap sur Montréal. C'est là, au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, que la grande fresque est déroulée pour la première fois devant caméras et journalistes.

Même si la première a lieu dans moins de trois mois, le travail demeure entier. Tout ça, sous le regard des Tristan et Iseut de Dali.

1-Vision

Pour le metteur en scène et créateur Daniele Finzi Pasca, l'inspiration pour le spectacle vient des fragments trouvés ici et là dans l'œuvre de Dali, à commencer par le tulle. La couleur du manteau, le pissenlit, les taches rouges, un cheval en fuite, des phrases griffonnées sur les pages de ses calepins.

Et l'histoire de Tristan et Iseut dans tout ça?

« On ne peut pas proprement dire qu'on s'en est inspiré, mais elle est peinte sur un gigantesque rideau qui, en quelque sorte, va être le 13e acteur ».- Daniele Finzi Pasca

2-Scénographie

Pour la Compagnie Finzi Pasca, le tulle représente l'opportunité d'une vie, il aura en conséquence une place centrale dans le spectacle. Comme dans le ballet original de Dali, Tristan fou, l'oeuvre sera disposée près du public, qui pourra ainsi l'admirer dans toute sa splendeur.

Les caractéristiques du tulle, comme le bleu du manteau du personnage de droite, le rouge sang et le jaune de Naples seront repris sur scène. Tout comme Dali le faisait avec la réalité, les créateurs du spectacle ont décidé de jouer librement avec l'univers de l'artiste espagnol.

« Un jour on a trouvé des photos d'archives de Robert Descharnes [biographe et collaborateur de Dali] avec Dali déguisé en clown. On s'est dit que si lui se déguisait pour jouer dans notre monde, on pouvait aussi se prendre des libertés en jouant avec le sien. » - Hugo Gargiulo, scénographe

3-Musique

Du Moyen-Âge à aujourd'hui, l'histoire d'amour de Tristan et Iseut a été une source d'inspiration quasi inépuisable pour les artistes, toutes disciplines confondues.

La compositrice Maria Bonzanigo s’est inspiré des musiques de différentes époques et origines – baroque, celtique, contemporaine – pour créer les ambiances sonores de La verità.

« La musique est structurante du temps. Elle retient ou fait courir le temps. Une seconde peut paraître un siècle imaginé et deux heures peuvent paraître un instant. » - Maria Bonzanigo

Les musiques de Maria Bonzanigo ont été interprétées et enregistrées par l'Orchestre de la Suisse italienne, installé à Locarno, sous la direction de Philippe Bach.

4-Costumes

Après avoir assisté au premier dévoilement du tulle en Suisse, le costumier Giovanna Buzzi a senti le besoin de plonger dans l'univers de Dali, de ses collaborations au théâtre jusqu'à ses ballets en passant par son intrusion dans le dessin animé chez Walt Disney.

Et il a bien sûr étudié les rapports du grand créateur espagnol avec les designers de mode Coco Chanel et Elsa Schiaparelli.

« Toutes ces images se sont par la suite jumelées à d'autres, en partant du monde de Daniele et du mien, des numéros acrobatiques qui sont en construction, en travaillant par assonance, associations d'idées et contrastes. » - Giovanni Buzzi

5-Acrobates

Rolando Tarquini, acteur-acrobate et clown dans La verità, en est à sa deuxième expérience dans une production de la Compagnie Finzi Pasca, après avoir été de la distribution de Donka.

La relation entre l'acrobate et le metteur en scène en est une complexe. Ils doivent pouvoir se comprendre, sans tout se dire.

Nous connaîtrons le résultat de ce travail de collaboration le 17 janvier. C'est à ne pas manquer.

« Le travail avec Daniele en est un de rapprochement continu. Il est préférable de ne pas en savoir trop tout de suite, de ne pas avoir des explications sur tout. Cette façon de créer me donne plus de liberté dans le processus de création. » - Rolando Tarquini.

1-Visite de l'arrière-scène

2-Rituels d'avant-spectacle

3-Haute voltige sur fond de Dali

4-Retour sur la première

5-Ce qu'ils en ont dit

C'est très fellinien. C'est un cirque qui fait du bien et qui nous fait voyager. Quand ils chantent a cappela, on a l'impression de faire partie de la troupe. Ils ne sont pas parfaits, ce qui nous permet de nous identifier davantage à eux. L'animateur et chroniqueur Herbie Moreau

L'utilisation de la scène est impressionnante et l'intégration du cirque dans une salle de théâtre est réussie. La musique rend également le spectacle très intime. Le vice-président principal des Services français de CBC/Radio-Canada, Louis Lalande

C'est la première fois que je voyais le travail de Daniele Finzi Pasca. La maîtrise de l'image, de l'éclairage est impressionnante. Et une certaine fragilité se dégage des numéros. Le comédien et metteur en scène Daniel Brière

C'est un cirque réinventé, empreint de grâce et de sensualité. Ce cirque simplifié, purifié et sans aucune prétention, nous donne l'espace et le temps pour réfléchir au sens du spectacle. L’ex-journaliste et présentateur Bernard Derome

Sur Twitter : Me suis réveillé en pensant au salut sur scène après la première de La verità à la PDA hier : sourires, émouvante fierté et joie des artistes. Le directeur de l'École nationale de théâtre et président de Culture Montréal, Simon Brault

C'est impressionnant de voir que des artistes d'ailleurs, de Russie, de Chine, d'Italie, viennent à Montréal pour créer des spectacles de cirque. Ça montre que Montréal est une grande ville du cirque. Le comédien Réal Bossé

Photos
Viviana Cangialosi, Félix-Antoine Viens, AFP, Orchestre de la Suisse italienne

 

Vidéos
Compagnie Finzi Pasca


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CONSULTEZ LA PREMIÈRE PARTIE POUR DÉCOUVRIR LE TULLE DE DALI
À propos

Le public montréalais a pu assister en première mondiale au spectacle théâtral et acrobatique La verità, de la compagnie Finza Pasca. Un immense tulle signé Salvador Dali, oublié pendant 60 ans, sert de toile de fond au spectacle, présenté à la Place des Arts.