Bobsleigh/Skeleton

Mauvaise glace, mauvaise ambiance

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Le centre de glisse Sanki près de Sotchi

Les athlètes ont clairement exprimé leur frustration ces derniers jours face au mauvais état de la glace au centre de glisse Sanki, où se dérouleront les épreuves de bobsleigh, de luge et de skeleton aux JO de Sotchi dans un an. Américains et Canadiens disent que la piste est dans un état lamentable.

« C'est ridicule », a dit le bobeur canadien Jean-Nicolas Carrière mardi.

Son compatriote Eric Nielson a fait une descente sur son skeleton et a donné une mauvaise note.
« Moins que la note de passage, a répondu Nielson. Très secoué à la fin. Il y a encore beaucoup de travail à faire. »
Les athlètes américains et canadiens sont arrivés à Sanki tout de suite après les Championnats du monde de Saint-Moritz, et ils ont vu les entraînements pour athlètes étrangers être annulés deux fois dans la dernière semaine.

« C'est frustrant de venir tous les matins à la piste et de constater que le personnel ne sait pas ce qu'il fait, a dit l'Américain John Daly. Ils ne font rien pour améliorer la piste, et il y a des retards à chaque séance d'entraînement. »

Ce ne sont pas les installations qui sont visées, mais bien l'état de la glace. Les athlètes disent ne pas voir correctement en descendant tellement la piste est bosselée, et certains sont victimes de maux de tête.

« C'est tellement bosselé. La glace n'est pas prête. Elle est affreuse », a dit l'Américaine Noelle Pikus-Pace, spécialiste de skeleton. Ce qu'a confirmé la Briatnnique Shelley Rudman, championne du monde de skeleton.

Les entraîneurs et officiels étrangers aussi ont eu des mots durs envers les organisateurs.

« Plus ça avance, et plus on se demande ce qu'on va faire, a admis Darrin Steele, président de la fédération américaine. On a du mal à comprendre pourquoi la glace est si mal entretenue, tandis que se déroulent des entraînements officiels pour une épreuve de Coupe du monde. On ne voit jamais ce genre de problèmes ailleurs. »

L'entraîneur américain en skeleton Tuffy Latour ne comprend pas pourquoi les organisateurs n'ont pas demandé de l'aide de l'extérieur.

« Le personnel qualifié des autres pistes pourrait venir en renfort, explique-t-il. C'est frustrant, car le temps est beau, les installations aussi, et les athlètes veulent glisser. Mais nous sommes coincés dans nos chambres. »

La Fédération internationale de bobsleigh et de skeleton (FIBT) n'a pas (encore) l'intention d'annuler l'épreuve de Coupe du monde prévue ce week-end, la dernière de la saison. Mais les athlètes se demandent si ça vaut le coup de prendre des risques.

Le Canadien Pierre Lueders, qui entraîne l'équipe russe de bobsleigh, s'est réfugié dans un mutisme prudent.