Préparation

Poutine durcit le ton

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Le président russe Vladimir Poutine lors d'une réunion à Moscou, le 20 juillet Le président russe Vladimir Poutine  Photo :  PC/AP/RIA-Novosti, Mikhail Klimentyev, Presidential Press Service

Vladimir Poutine a limogé le vice-président du Comité olympique russe, qu'il croit responsable des retards et des dépassements de coûts dans la construction du complexe de saut à ski.

C'est le vice-premier ministre russe, Dmitri Kozak, qui a confirmé le départ d'Akhmed Bilalov lors d'une conférence de presse à Sotchi jeudi.

« Les gens qui ne remplissent pas leurs obligations à un tel niveau ne peuvent diriger le comité olympique de notre pays », a dit M. Kozak. Ce n'est pas le seul complexe pour lequel il n'a pas rempli ses obligations, il y a aussi quelques hôtels. »

Cette annonce survient au lendemain de la visite de Vladimir Poutine au complexe de saut à ski, durant laquelle il a visé publiquement le dirigeant du mouvement olympique russe.

« Comment se fait-il que le vice-président du comité olympique freine les travaux? », a lancé M. Poutine mercredi devant des journalistes lors d'une inspection des sites olympiques à Sotchi, en l'absence de M. Bilalov. Montrant son irritation, M. Poutine était entouré de M. Kozak et des plus hauts responsables du comité d'organisation des JO qui peinaient à trouver des réponses pour expliquer ce retard.

« Y a-t-il aussi un dépassement des coûts? », a interrogé M. Poutine. « Oui », a répondu M. Kozak, en indiquant que la construction du complexe de saut à ski coûterait près de huit fois plus que prévu initialement.

« Bravo, vous travaillez bien! », a répondu M. Poutine sur un ton sarcastique.

Le responsable du comité de coordination du CIO pour Sotchi, Jean-Claude Killy, avait dit au président russe que le chantier était en retard, et qu'il devait « y concentrer ses efforts ». À un an des Jeux, le geste de Vladimir Poutine, spectaculaire, se veut un message aux autorités olympiques et au monde qu'il a la situation bien en main.

Le président russe doit poursuivre jeudi l'inspection des sites olympiques. Il retrouvera le président du CIO Jacques Rogge et Jean-Claude Killy pour faire le point sur les préparatifs et participer à une grande cérémonie, à un an jour pour jour du coup d'envoi des Jeux, qui auront lieu du 7 au 23 février 2014.

Les Jeux de Sotchi sont déjà les plus coûteux de l'histoire, été et hiver confondus, avec une facture estimée de 51 milliards de dollars. Cette facture est plus élevée que toutes les factures combinées des Jeux d'hiver depuis leur création en 1924. C'est 10 fois le budget de l'Albanie et de la Moldavie réunies.

À Nagano, en 1998, les dépenses avaient atteint 1,7 milliard de dollars, une somme jugée alors « extravagante ».

L'État russe a consacré quelque 23 milliards de dollars pour la construction de sites olympiques et pour l'aménagement d'infrastructures, a précisé M. Kozak dans son point de presse jeudi. Mais il n'a pas fourni de chiffres détaillés sur le coût de tous les aménagements liés aux Jeux.

Parmi les nouvelles infrastructures figurent notamment une nouvelle route et une nouvelle voie de chemin de fer reliant le village olympique en construction au bord de la mer Noire et la station de ski Krasnaïa Poliana à une cinquantaine de kilomètres, deux gares ferroviaires, 77 ponts, 12 tunnels et un nouvel aéroport.