Élections Saskatchewan 2016

Le meilleur et le pire de Cam Broten

Élections Saskatchewan : Sur la route des élections avec William Burr


                                                                                                      Vendredi 1 avril 2016

J'ai toujours admiré les politiciens pour leur capacité de demeurer optimistes malgré des statistiques qui doivent les frapper comme des gifles.

Un texte de William BurrTwitterCourriel

En Saskatchewan, on dirait que chaque nouveau sondage revigore Cam Broten, même s'il indique, de nouveau, le tiède niveau de soutien pour son parti.

Après un débat où il a semblé franchement coléreux, le néo-démocrate a continué de répéter cette semaine qu'il a « complètement apprécié » le concours et qu'il a démontré qu'il a « du cœur au ventre », une façon positive de voir sa performance.

Au niveau de la campagne en général, il a annoncé qu'il se sent « super » et il avait véritablement l'air de se sentir ainsi.

Je le trouve fort pour sa capacité de ne pas tomber dans le doute de lui-même, du moins, pas publiquement.

Quand quelqu'un me critique, ou quand je réalise que j'ai fait une erreur, cela déclenche tout un processus de remise en question personnelle. C'est comme si je remets en cause ma valeur comme personne en raison d'un acte que j'ai commis. Ça ne sert à rien, mais peu importe, je tombe sans faute dans ce cycle de pensées.

Cam Broten répond aux questions des journalistes Cam Broten répond aux questions des journalistes  Photo :  CBC

En tant que politicien, Cam Broten ne peut se permettre cela. Il doit continuer son travail, qui est de paraître confiant et à l'aise, peu importe la situation. La politique doit être un véritable cours d'estime de soi quotidien, même s'il pardonne peu : on coule ou on nage.

On a vu Cam Broten développer sa confiance et son aisance au cours des trois dernières années à la direction du NPD.

Le NPD a tendance, je trouve, à pousser la confiance trop loin, jusqu'à un point où ses communications semblent trop biaisées, même pour un parti d'opposition.

Une déclaration du chef Cam Broten a été répétée maintes fois au cours de la campagne, au sujet des « compressions draconiennes » du ministre des Finances sortant Kevin Doherty.

Mercredi, il disait : « Des familles et des travailleurs savent que ces compressions les attendent. Ils savent que les compressions se retrouvent, à notre avis, dans un budget dissimulé qui contient des compressions draconiennes, comme le ministre des Finances les a décrites lui-même. »

En entendant ces paroles, on croirait que le ministre des Finances a vraiment dit qu'il prévoit des « compressions draconiennes » dans un budget après les élections, mais ce n'est pas du tout le cas.

Ce que Kevin Doherty a dit le 20 janvier est plutôt :

« Quand vous faites face à une chute importante des revenus, vous avez deux ou trois choix. Un premier choix, c'est que vous pouvez augmenter les impôts, ou vous pouvez faire des compressions draconiennes, si vous voulez, dans divers ministères à travers le gouvernement en vue d'équilibrer le budget, ou vous pouvez avoir un déficit temporaire. »

Kevin Doherty n'a clairement pas dit, « On va faire des compressions draconiennes. » C'était plutôt l'une de trois options.

Comme le gouvernement a déjà annoncé que son budget aura un déficit cette année et l'année prochaine, il semblerait qu'il adopte l'option déficit, et non pas l'option compressions.

Les déclarations de Cam Broten ne passeraient jamais le test de rigueur journalistique.

Plus tôt cette semaine le chef du bureau politique au magazine L'actualité, Alec Castonguay, a rappelé à la suite de la mort du commentateur et ancien politicien Jean Lapierre, que celui-ci disait : « J'aime la politique parce qu'elle fait ressortir ce qu'il y a de meilleur et de pire en chaque être humain ».

Comme c'est le cas pour les autres politiciens, c'est le cas pour Cam Broten, dont on voit les forces et les faiblesses sur les écrans et les pages de journaux au quotidien.

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Et c'est la fin pour le blogue Sur la route des élections...


                                                                                                                Jeudi 24 mars 2016

Le ton juste 

J'avais environ 10 ans, assis à la table au souper familial, lorsque mon père m'a dit que la communication entre deux personnes est composée à 10 % de ce que l'on dit, et 90 % de la manière dont on le dit (une citation qu'il a sûrement reprise de quelque part). Cette conversation m'est revenue mercredi soir lors du débat des chefs.

Les minutes de débat libre étaient plutôt des moments de débat sauvage, sans ordre et même sans contenu. Il était très difficile de comprendre ce que disaient les chefs qui parlaient l'un par-dessus l'autre.

Mais la façon de communiquer de chacun était tout de même visible, surtout en ce qui a trait à leur ton respectif.

Ce qui semblait arriver, de façon cyclique, c'était que Cam Broten montait le ton d'un cran, parlant plus fort que Brad Wall, avec une voix qui devenait plus aiguë et plus fâchée. Brad Wall embarquait ensuite dans le jeu, continuant de parler et de riposter par-dessus le chef néo-démocrate. Toutefois, son ton posé ne changeait pas et il ne montait pas en volume

Brad Wall et Cam Broten s'affrontent dans le débat des chefs Brad Wall et Cam Broten s'affrontent dans le débat des chefs  Photo :  Debate Media Consortium

Alors que Cam Broten laissait paraître sa colère, Brad Wall demeurait calme. Si les mots de Brad Wall décrivaient la fiabilité de la gestion économique de son gouvernement, son ton disait : « Je suis à l'aise et confiant ici, je suis le premier ministre sortant. Je n'ai rien à craindre. Vous pouvez compter sur moi. »

Cam Broten, avec sa voix en colère, tentait de tout renverser, de détruire l'image de Brad Wall, « le bon gestionnaire ». Son ton criait : « Vous êtes faux, vous avez mal géré la province, on ne peut pas vous faire confiance, c'est scandaleux, comment vous avez pu oser faire ça. »

Lors des points de presse après le débat, Brad Wall a semblé vite vouloir profiter de l'image d'un Cam Broten fâché. « Il [Cam Broten] semblait dresser une liste de plaintes, avec colère », a-t-il lancé à la dizaine de reporters qui attendaient ses premières impressions.

« Je ne suis pas une personne coléreuse, je suis une personne passionnée [...] J'ai du cœur au ventre, et je veux voir des changements », a souligné Cam Broten, quelques minutes plus tard.

Personnellement, je crois que Cam Broten essaie consciemment de ne pas paraître trop fâché.

Au début des périodes de déclarations, où les leaders avaient le droit de parole sans interruption, il semblait respirer, fixer la caméra, et y aller d'un ton plus doux, plus conversationnel.

C'était dans ces moments-là qu'il a livré certaines de ses meilleures répliques, comme l'accusation contre Brad Wall, « Vous avez changé », faisant référence à une déclaration par le passé où le chef du Parti saskatchewanais a dit qu'il n'allait jamais permettre aux gens de sauter la file d'attente pour les analyses à résonance magnétique.

Dans son discours de clôture, Cam Broten s'est trompé de ton pour livrer cette même réplique. « M. Wall a changé », a-t-il dit cette fois avec une expression presque pensive, comme s'il faisait semblant de réfléchir à ce qui a véritablement changé chez le dirigeant du Parti saskatchewanais (la réponse évidente qu'il veut que nous trouvions : ses valeurs!).

Les éclats de rire ont jailli d'une salle remplie de journalistes qui regardaient le débat à la télévision.

La communication, ça se fait même lorsqu'on n'en est pas conscient, et les chefs qui parlaient l'un par-dessus l'autre envoyaient également un message au public, un message qu'ils ne souhaitaient probablement pas transmettre.

Je pense que Brad Wall l'a assez bien résumé en point de presse, expliquant qu'avec une période de temps limité pour aborder un sujet, lorsqu'il entend son adversaire dire quelque chose de faux, il faut qu'il l'interrompe.

La peur de laisser l'autre l'insulter sans pouvoir le contredire, c'est une peur justifiée, mais une peur, tout de même. Et la peur échappe rapidement à notre contrôle.

Une interaction rafraîchissante est survenue dans les 15 premières minutes du débat, lorsque Cam Broten accusait Brad Wall d'avoir coupé dans les domaines de la santé et de l'éducation. Brad Wall lui a demandé « Allez-vous me permettre de répondre? »

Cam Broten a arrêté en plein milieu d'une phrase. « Allez-y », a-t-il répondu.

Un moment de respect qui a fait du bien, pendant un débat qui m'a ramené au moment où mon père m'a inculqué l'importance de parler avec plus que juste des mots.


                                                                                                           Samedi 16 mars 2016

L'authenticité en campagne électorale

Lorsque Brad Wall a pris un bain de foule avec ses partisans au déclenchement des élections, une femme aux cheveux blancs est restée coincée contre une colonne, derrière d'autres sympathisants. Elle suivait Brad Wall des yeux, sans bouger. Peut-être qu'elle était un peu gênée. C'est Brad Wall qui s'est avancé vers elle, ce qui l'a fait sourire pleinement.

De tels petits moments authentiques sont présents chaque jour de la campagne électorale. À la fête de lancement du NPD, j'ai rencontré une enseignante à la retraite, Linda Mack, qui avait voté par le passé pour le Parti saskatchewanais. Elle m'a dit qu'elle n'avait plus besoin de se préoccuper de ses besoins matériels, mais elle s'inquiétait pour ceux qui n'ont pas cette aisance-là. Je ressentais son inquiétude.

Ces moments contrastent avec tant d'autres où les partis font la promotion de leur message. Ils donnent parfois l'impression d'avoir toutes les solutions, alors que les autres ne font que des erreurs. Les questions ne sont pas toujours attaquées de front. Interrogé mercredi à savoir si les promesses de son programme tiendront si le prix du pétrole descend, Cam Broten a dit que le NPD a utilisé les meilleures estimations économiques possible avant de changer de sujet et de fustiger le Parti saskatchewanais.

Tout ça, ça fait partie du jeu de la politique, mais j'apprécie les moments plus francs. Brad Wall qui a noté jeudi que la campagne électorale « est plus amusante que la période de questions. »

Cam Broten lors d'un événement de campagne vendredi Cam Broten lors d'un événement de campagne vendredi  Photo :  ICI Radio-Canada

Cam Broten qui a dit lors de son lancement de campagne, le sourire aux lèvres, « N'avons-nous vraiment que neuf députés à l'Assemblée? » à la suite d'une question d'une journaliste.

Je trouve intéressant le moment dans un point de presse où un journaliste pose une première question après le discours d'un politicien. L'élan de vente et de persuasion est coupé sec par une question posée franchement.

Par exemple, Victor Lau, chef du Parti vert qui a récolté 2,8 % des votes en 2011, annonce avec aplomb que son parti est « prêt à former le gouvernement », quand la première question tombe : « Pensez-vous réellement que vous avez une chance? »

Autant le parti doit faire preuve de confiance, autant le journaliste se doit de demander : est-ce réaliste?

Je trouve plus curieux le refus des politiciens de voir quelque point fort que ce soit chez un parti adverse. Cam Broten remet en question plusieurs fois par semaine l'honnêteté de Brad Wall en disant que le public ne peut lui faire confiance, prononçant « M. Wall » comme si c'était le vilain dans un film.

Brad Wall en campagne à Saskatoon le vendredi 18 mars Brad Wall en campagne à Saskatoon le vendredi 18 mars  Photo :  ICI Radio-Canada

Brad Wall, pour sa part, parle de l'époque des gouvernements néo-démocrates comme d'une période noire.

« Ne retournons jamais au temps où le NPD était au pouvoir », disait-il mercredi dans un communiqué.

Et puis il y a les déclarations de candidats du NPD dans Facebook, certaines remontant parfois à 2011, qui ont été envoyées par le Parti saskatchewanais dans les boîtes de réception des journalistes.

Je me souviens d'un débat des primaires démocrates en 2008, où le modérateur a demandé à Barack Obama et à Hillary Clinton s'ils croyaient que l'autre candidat ferait un bon président. « Oui », a commencé chacun, avant de poursuivre, « mais je pense que je serai le meilleur candidat parce que [...] ». C'est comme si de reconnaître quelque force que ce soit chez un adversaire est un signe de faiblesse.

Je ne suis pourtant pas cynique. Je crois que les politiciens ont une envie réelle de changer les choses.

Mardi, lorsqu'on a demandé à Cam Broten s'il pensait que la controverse entourant les publications sur les médias sociaux allait dissuader des gens de se lancer en politique, il a répondu que non.

« J'espère que les personnes de la province, quelle que soit leur couleur politique, si cet endroit leur tient à cœur, si leurs voisins leur tiennent à cœur, si l'avenir de leurs enfants leur tient à cœur, qu'ils présentent leur nom en politique. » - Cam Broten

Autant les élections nous permettent de réfléchir à comment on veut évoluer en tant que société, autant elles nous rappellent les aspects moins beaux de la nature humaine.


                                                                                                                             Lundi 14 mars 2016

La difficulté pour un journaliste de poser toutes ses questions

Brad Wall parlant aux journalistes à Silton, lors du premier point de presse le 10 mars Brad Wall parlant aux journalistes à Silton, lors du premier point de presse le 10 mars  Photo :  ICI Radio-Canada/William Burr

« Pourquoi aucune autre question? Pourquoi aucune autre question? » Je ne m'étais jamais imaginé en train de demander cela, la voix stressée, auprès du chef du Parti saskatchewanais, Brad Wall, mais c'est ce qui est arrivé jeudi à la fin d'un point de presse.

Un texte de William BurrTwitterCourriel

Notre équipe s'était rendue à Silton, à 40 minutes de Regina, pour un point de presse du Parti saskatchewanais sur du financement pour la réparation des autoroutes. On voulait couvrir l'annonce, mais on souhaitait surtout parler à Brad Wall d'un nouveau sondage qui indiquait une égalité dans les intentions de vote entre son parti et le NPD dans la ville de Regina. Je devais aussi poser des questions pour deux collègues sur d'autres sujets.

Deux points de presse

Dès le départ, Brad Wall donne un point de presse de 15 minutes dans le stationnement d'un restaurant sur le bord d'une autoroute qui souffre gravement de mauvais entretien. Les questions touchent uniquement les autoroutes et un agent de communication du Parti y met fin en disant qu'une deuxième occasion pour poser des questions suivra plus tard.

Caméramans, journalistes, et agents de communication embarquent dans deux fourgonnettes pour une « visite guidée » de l'autoroute. Nous rebondissons dans nos sièges en raison des trous dans la chaussée. Brad Wall nous suit dans la camionnette qu'il utilise pour parcourir la province pendant la campagne. À un certain moment, on arrête tous sur la chaussée, et les journalistes se mettent à poser d'autres questions : le deuxième point de presse est commencé.

Un journaliste lance une question sur l'entente que Justin Trudeau et Barack Obama viennent de signer sur la réduction de méthane. Je prends ça comme un signe qu'on a fini avec les autoroutes. Je pose deux questions sur le sondage.

À ce moment-là, je me dis que je devrais probablement laisser la parole à un autre journaliste.

Un agent de communication intervient alors : « Une couple d'autres questions seulement. »

Stressé, je lance tout de suite une troisième question concernant la Régie de la plaque tournante de transport mondial à Regina pour un collègue anglais.

Après la réponse de Brad Wall, l'agent de communication intervient encore : une dernière question. 

M'inquiétant pour la question finale que mes collègues voulaient que je pose, je dis : « Mes collègues de CBC m'ont demandé de poser plusieurs questions ». Au moins un autre journaliste parle en même temps que moi. Je continue : « Pour ce qui est des deux jeunes itinérants... », faisant référence à l'histoire de deux jeunes envoyés en Colombie-Britannique à partir de North Battleford avec des billets d'autobus aller simple. Brad Wall me coupe, se tournant vers un journaliste d'un poste de télévision concurrent, disant qu'il n'a pas pu poser de question encore. 

La camionnette dans laquelle Brad Wall parcourt la province La camionnette dans laquelle Brad Wall parcourt la province  Photo :  ICI Radio-Canada/William Burr

L'autre journaliste dit poliment : « Merci, et après on peut laisser William poser sa question aussi ». Lorsque Brad Wall finit de lui répondre, plusieurs tentent de poser une question de suivi. Le chef du Parti saskatchewanais se retourne pour monter dans son camion, disant : « Ok, je dois y aller ».

C'est alors que j'ai lancé à Brad Wall : « Pourquoi aucune autre question? »

L'agent de communication répond : « Parce qu'on doit se rendre à Saskatoon tout de suite ». « Eh bien, on vient tout juste de faire deux points de presse », dit pour sa part Brad Wall.

Le chef du Parti saskatchewanais a tout à fait raison. Il a fait deux points de presse, mais le premier traitait uniquement de l'annonce de campagne sur le financement d'autoroutes, un sujet dont il faisait la promotion. Le deuxième point de presse sur divers sujets a duré quatre minutes.

Un autre départ hâtif

Plus tard, j'ai appris qu'une situation similaire s'était déroulée la veille au congrès annuel de l'Association des municipalités rurales, où Brad Wall avait fait un point de presse après avoir prononcé un discours.

Après huit minutes, le premier ministre sortant a quitté le point de presse, malgré les cris des journalistes.

Marc Godbout, correspondant parlementaire à Ottawa, ne pouvait pas tolérer la déception puisqu'il s'était rendu à Regina spécifiquement pour parler à M. Wall.

Il l'a poursuivi dans le couloir, lui disant : « Monsieur Wall, une autre question. Une autre question. »

Brad Wall (deuxième à partir de la gauche), suivi de Marc Godbout (à l'extrême droite) Brad Wall (deuxième à partir de la gauche), suivi de Marc Godbout (à l'extrême droite)  Photo :  ICI Radio-Canada

À l'agent de communication qui marchait à ses côtés, il a dit : « Je pars cet après-midi. Je veux tout simplement poser une question ».

Brad Wall a dit alors à l'agent de communication : « On peut essayer de se rattraper cet après-midi ».

Comme quoi les efforts du journaliste ont valu la peine, il a obtenu une courte entrevue seul à seul avec le chef de parti, plus tard ce jour-là.

Toute cette difficulté de poser des questions m'était étrangère.

Au palais législatif, avant la campagne électorale, j'avais affaire à un Brad Wall qui répondait patiemment pendant de longs points de presse. Je ne me souviens pas de l'avoir vu partir en hâte comme ça. Je n'ai tout de même pas tant d'expérience.

Et les départs hâtifs ne veulent peut-être rien dire. Probablement que Brad Wall devait véritablement se dépêcher pour se rendre à Saskatoon jeudi, après le point de presse à Silton.

D'ailleurs, le chef du Parti saskatchewanais n'a normalement pas à s'adresser aux médias quotidiennement, comme il l'a fait cette semaine. En réalité, on a plus accès à lui que d'habitude.

Toutefois, je ne regrette pas d'avoir insisté. Et la prochaine fois, j'interviendrai plus tôt.


                                                                                                           Le lundi 7 mars 2016

Après la pseudo-campagne, la vraie

Cam Broten s'adresse aux médias devant plusieurs candidats du NPD Cam Broten s'adresse aux médias devant plusieurs candidats du NPD  Photo :  William Burr/ICI Radio-Canada

La campagne électorale ne sera lancée officiellement que dans les prochaines heures, mais en réalité, elle semble être en marche depuis presque deux semaines. Et les néo-démocrates, qui  ont beaucoup de rattrapage à faire dans les intentions de vote, se sont lancés avec une ferveur particulière. 

Tout au long de la campagne électorale, je vous présenterai mes observations et ferai part des à-côtés de la campagne, les détails qui ne sortent pas nécessairement dans la couverture d'une campagne électorale traditionnelle. 

Surtout, ce que je remarque depuis les deux dernières semaines, c'est l'arrivée quotidienne d'un courriel du NPD annonçant encore une fois un point de presse. Depuis le 22 février, il y en a un chaque jour. « La campagne pourrait être déclenchée n'importe quand, et nous sommes impatients de commencer », a écrit aux journalistes Erin Morrison, la chef des communications du NPD. Trois jours plus tard, dans ses courriels, son titre est même devenu « directrice des communications de campagne du NPD ».

Une journaliste a d'ailleurs demandé à Cam Broten, le 2 mars, pourquoi toute son équipe était en mode électorale aussi tôt.

« Nous sommes prêts », a-t-il répondu, souriant, en tendant sa main vers les candidats qu'il avait rassemblés derrière lui à Regina pour lancer sa promesse de ramener le crédit d'impôt pour l'industrie du cinéma. Ces derniers temps, Cam Broten a l'air d'un coureur qui attend le coup de sifflet.

Brad Wall et le Parti saskatchewanais ne se sont pas faits discrets non plus ces dernières semaines. 

Le premier ministre sortant s'est rendu, par exemple, à Weyburn, Yorkton et Lloydminster, alors que le Parti saskatchewanais s'attire près du double des intentions de vote du NPD à l'extérieur de Regina et de Saskatoon, selon un sondage de Mainstreet/Postmedia datant du 3 mars. (Les sondeurs ont interviewé 1498 résidents et le sondage a une marge d'erreur de 2,53 %, 19 fois sur 20.)

Les efforts de Brad Wall ont toutefois semblé moins axés sur les élections que son adversaire néo-démocrate, puisqu'il a surtout attiré l'attention pour ses prises de position sur des enjeux nationaux. Le pipeline Énergie Est l'a préoccupé beaucoup plus que les conférences de presse du NPD, comme si le maintient de son emploi après le 4 avril lui était assuré.

Le chef du Parti saskatchewanais demeure le premier ministre le plus populaire au Canada, selon un sondage en ligne Angus Reid réalisé en février 2016. En public, Cam Broten, avec neuf députés à l'Assemblée législative, tente de ne pas se laisser ébranler par cette différence. Quand on lui a demandé, lors du même point de presse du 2 mars, si « ça ne semble pas désespéré de commencer la campagne si tôt? » le chef néo-démocrate a laissé très peu de temps avant de répondre. Sa voix est montée en volume légèrement et il a rétorqué : « Eh bien, pour moi, cela démontre une équipe qui est prête ».

C'est ce que l'on verra au cours des prochains jours : la campagne est commencée pour de vraie.