Pas d'irrégularités électorales selon le DGE

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Le reportage de Martine Biron

Le Parti québécois a peur que les élections soient volées par le Canada anglais. Mais le directeur général des élections du Québec (DGE) affirme que rien n'est anormal.

Un texte de Marie-Ève MaheuTwitterCourriel

Depuis quelques jours, certaines circonscriptions montréalaises notent une hausse des demandes d'étudiants anglophones provenant de l'extérieur du Québec voulant s'inscrire sur la liste électorale.

« Après vérifications, ces circonscriptions se comportent comme elles se comportaient [durant la campagne électorale] en 2012 et les demandes au jour le jour sont nettement moins élevées », dit Jacques Drouin. 

Samedi, le DGE reconnaissait que cinq circonscriptions de Montréal et de l'Estrie semblaient poser problème. Selon M. Drouin, ces informations erronées lui avaient été communiquées par un parti politique qu'il refuse de nommer.

Entrevue avec Jacques Drouin

Non aux demandes du PQ

Le DGE dit qu'il ne se pliera pas aux demandes du Parti québécois. Dimanche matin, le député péquiste et ministre de la Justice Bertrand St-Arnaud lui a demandé de produire un rapport quotidien sur les demandes d'inscriptions et de réviser les listes dans les circonscriptions jugées problématiques.

« J'ai trouvé ordinaire qu'un ministre s'adresse aux médias pour parler au DGE, surtout qu'on avait déjà des informations sur le problème et qu'on était en train de le régler. » — Jacques Drouin

Le DGE a envoyé des documents aux directeurs du scrutin pour clarifier le processus d'inscription à la liste électorale, notamment la notion de « domicile » qui semblait poser problème. « On me dit que la situation est beaucoup mieux qu'elle ne l'était vendredi et samedi », dit-il.

Un président de la commission de révision de la liste électorale dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, à Montréal, a claqué la porte vendredi après avoir constaté qu'un nombre « anormal » d'anglophones et d'allophones tentaient d'obtenir le droit de vote. Il estimait ne plus pouvoir assurer l'intégrité du processus de révision. Or, le DGE comptabilise 200 inscriptions de moins dans cette circonscription à cette étape de la campagne, par rapport à celle de 2012.

Il n'y a que dans Saint-Henri-Sainte-Anne, à Montréal, où l'on note une légère hausse d'inscriptions, soit une cinquantaine entre les campagnes de 2012 et de 2014.

Ces chiffres ne tiennent toutefois pas compte du fait que quatre années s'étaient écoulées avant la dernière révision en 2012, contre 18 mois cette année. De plus, parmi les demandes d'inscriptions présentées cette année, il y a effectivement plus d'étudiants anglophones et allophones qu'à l'habitude, reconnaît le bureau du DGE. 

« Est-ce qu'il y a un enjeu particulier durant cette campagne qui fait que des étudiants sont plus enclins à aller s'inscrire? Il faut dire qu'on fait énormément de publicité dans les établissements d'enseignement pour que les jeunes votent », note M. Drouin.