Le PQ craint que les élections soient volées par le ROC

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Léo Bureau-Blouin, Bertrand St-Arnaud et Nicole Léger, du Parti québécois. Léo Bureau-Blouin, Bertrand St-Arnaud et Nicole Léger, du Parti québécois.

« Faut pas que l'élection québécoise soit volée par des gens de l'Ontario et par des gens du reste du Canada », s'inquiète le candidat péquiste Bertrand St-Arnaud au lendemain d'allégations d'irrégularités électorales, selon lesquelles des personnes pourraient obtenir le droit de vote de façon arbitraire.

Un texte de Lili BoisvertTwitterCourriel

Selon des témoignages, il y aurait présentement un nombre anormalement élevé de personnes anglophones et allophones qui tenteraient d'obtenir le droit de vote, notamment des étudiants provenant d'autres provinces canadiennes, mais établis au Québec.

Le Directeur général des élections (DGE) a admis samedi que des questions avaient été soulevées dans certaines circonscriptions.

Ian Parenteau, le directeur de scrutin de Sainte-Marie-St-Jacques - l'une des circonscriptions concernées - estime que ceux qui révisent les inscriptions à la liste électorale sont mal outillés pour analyser les documents des personnes qui veulent obtenir le droit de vote.

Le Parti québécois demande aujourd'hui au DGE de s'assurer d'accompagner adéquatement les commissions de révision de la liste électorale.

Bertrand St-Arnaud est troublé que le DGE ait dit samedi qu'il allait fournir des documents d'information pour aider les réviseurs dans leur travail, alors qu'il ne reste plus que quelques jours au processus d'inscription, qui prend fin le 25 mars.

« On dit au DGE de prendre ses responsabilités. » — Bertrand St-Arnaud

Le PQ demande par ailleurs au DGE de produire un rapport quotidien complet des demandes d'inscriptions « afin de bien suivre le phénomène rapporté » et il lui demande de procéder à une vérification « post-inscription » dans les circonscriptions qui semblent problématiques.

Pour sa part, la candidate péquiste Nicole Léger ne s'explique toujours pas pourquoi on note une hausse de demande d'inscription sur la liste électorale. « La liste d'électeurs avec cette période électorale était déjà prête. Alors, comment se fait-il qu'il y aurait certains mouvements de masse dans certaines circonscriptions? », se demande-t-elle.

Le candidat péquiste Jean-François Lisée estime qu'il est tout à fait légitime de s'inquiéter en raison du passé électoral récent, « jalonné de comportements immoraux et/ou illégaux des fédéralistes en période électorale ». Dans un texte publié sur Internet, il rappelle notamment un cas de fraude lors du référendum de 1995.

La chef péquiste est quant à elle plus prudente. « Je demande au DGE de nous assurer de l'intégrité du vote », a-t-elle répété dimanche.

« Je ne suis pas capable d'imaginer que l'on puisse de l'Ontario ou d'ailleurs manipuler le vote au Québec. » — Pauline Marois

Le PQ responsable de la mobilisation étudiante?

Le chef libéral Philippe Couillard a également commenté les allégations d'irrégularité pour dire qu'il était « rassuré par la présence du DGE ». Il a nié toute directive de la part du Parti libéral pour inciter les anglophones et les allophones à s'inscrire massivement à la liste électorale.

M. Couillard ajoute que les déclarations de Pauline Marois dans le cadre de la campagne sont suffisantes pour provoquer un mouvement de mobilisation au sein de la population. « C'est une bonne chose que les gens veulent exercer leur droit de vote. Encore faut-il qu'ils soient éligibles », a-t-il ajouté.

Pour le chef caquiste François Legault, le PLQ et le PQ font de la « petite politique ». « M. Couillard dit que c'est une bonne affaire, Mme Marois crie au vol. [...] On est dans les vieux drames », se désole-t-il, soulignant qu'il revient au DGE de faire respecter la loi.