Un Québec souverain aurait une frontière ouverte et garderait le huard, dit Marois

Radio-Canada avec La Presse Canadienne

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Pauline Marois à Québec, le 12 mars Pauline Marois à Québec, le 12 mars  Photo :  PC/CLEMENT ALLARD

Un Québec souverain garderait le dollar canadien et tenterait d'obtenir un siège à la Banque du Canada. De plus, il y aurait libre circulation des biens et des personnes entre le Canada et le Québec, un peu à l'image des pays européens, selon la vision de Pauline Marois.

La chef péquiste a été amenée ces derniers jours à détailler son projet d'un Québec indépendant.

En point de presse mercredi à Québec, pour présenter ses engagements en matière de finances publiques, Mme Marois a dit être pour le maintien de la devise canadienne, une position également défendue dans les documents du PQ.

« Si vous regardez les documents publiés par le parti, les études faites dans le cadre de la commission Bélanger-Campeau sur ce sujet, c'est strictement ce qui est dit. C'est évident qu'on pourrait souhaiter avoir un siège à la Banque du Canada, mais nous acceptons que ça soit la politique monétaire canadienne qui s'applique à ce moment-là », a-t-elle dit.

Les Québécois pourront-ils conserver leur passeport canadien dans un Québec indépendant? « Pour l'instant, c'est une question hypothétique. On pourra faire beaucoup d'études sur cette question et amener un certain nombre de propositions. Nous n'en sommes pas là », dit-elle.

Une frontière ouverte

Mardi, Mme Marois a affirmé que les personnes et les biens circulant entre le Québec et le Canada n'auraient pas besoin d'être stoppés à la frontière.

La chef péquiste a évoqué à ce sujet le modèle de l'Union européenne.

« Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de citoyenneté et qu'il n'y a donc pas de passeport », a-t-elle déclaré à l'issue d'un point de presse à Bécancour.

Elle n'a toutefois pas précisé comment elle entendait négocier ces aménagements avec le Canada si le Québec accédait à son indépendance.

Lors d'un précédent point de presse, à Notre-Dame-des-Bois, Mme Marois a soutenu qu'un Québec indépendant serait plus attrayant sur le plan touristique.

« Ça ne changera pas nos paysages, ça c'est sûr. On pourra continuer à aller voir les Rocheuses du côté de l'ouest du pays et à aller à l'Île-du-Prince-Édouard, et ils pourront continuer à venir chez nous; il n'y aura pas de frontières et il n'y aura pas de péage. »

Un Québec indépendant disposerait par ailleurs de plus de latitude et de liberté, selon elle.

Le PQ s'engage à déposer un livre blanc sur l'avenir du Québec s'il est porté au pouvoir.

Couillard évoque une entente constitutionnelle d'ici 2017

De son côté, le chef libéral, Philippe Couillard, a accusé de nouveau le PQ de « diviser les Québécois » en voulant tenir un référendum.

Selon M. Couillard, la « mécanique référendaire est déjà enclenchée ». La volonté du PQ de déposer un livre blanc sur l'avenir du Québec dans les premiers jours d'un nouveau mandat est selon lui la preuve que le PQ « veut faire entrer les Québécois dans la cage aux homards », a-t-il dit.

Par ailleurs, M. Couillard a ouvert la porte à la reprise des discussions sur la Constitution canadienne « lorsqu'on sera quasi certains qu'on va arriver au succès ». Selon lui, « il faut un environnement qui va vers ça. Moi, je vois l'environnement qui peut se dessiner », a-t-il déclaré mercredi à Montréal.

Il a évoqué l'année 2017, celle du 150e anniversaire de la Confédération, comme particulièrement « symbolique » à cet égard.

« On entend des voix qui s'élèvent dans le reste du pays pour demander la réouverture de conversations constitutionnelles sur essentiellement deux grands sujets, d'une part la réforme du Sénat, qui est une institution importante pour le Québec, d'autre part la question des Premières Nations. Bien sûr, nous participerons, dans la mesure où les revendications traditionnelles du Québec sont à l'ordre du jour », a-t-il dit.